‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 149 sur 153 · II · texte numérisé non relu

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de ce grand syndrome. C'est on définitive à la clinique, comme nous le conseille souvent le Professeur Pierre Marie, qu'il faut vous reporter pour essayer de faire le pronostic de l'état de mal.

Rien n'est curieux à cet égard comme l'évolution tout à fait différente de l'état de mal suivant les cas. On pourrait dire qu'il n'y a pas en clinique deux états de mal qui se ressemblent, et décrire par conséquent autant de formes cliniques qu'il y a de malades : ce serait faire œuvre stérile.

Nous dirons seulement qu'il y a des formes à début foudroyant, telles (pie le malade est terrassé en quelques minutes par des crises subintrantes ; des formes abortives telles que, peut-être sous l'influence du traitement ou de toute autre cause que nous ignorons, la maladie tourne court au bout de quelques heures, des formes hyperthermiques dans lesquelles la température s'élève d'emblée à 41°, et qui ne comportent pas toujours un pronostic grave; des formes à hyperthermie progressive et terminale : ce sont de beaucoup les plus sévères : il s'agit alors de malades chez qui la température monte au bout de quelques jours à 39°-39°5 et chez lesquels, en dépit du traitement, on ne peut obtenir aucune rémission, même si le nombre des crises s'atténue.

Au contraire, l'évolution peut se faire vers la guérison : d'ordinaire c'est au bout de 3 ou 4 jours que les crises s'atténuent, que la conscience revient progressivement et que la malade, très asthénique d'ailleurs, entre en convalescence.

Elle peut, nous l'avons vu, rester pendant plusieurs semaines, plusieurs mois ou même plusieurs années sans présenter à nouveau de manifestations aussi graves.

Mais nous voulons insister surtout sur une forme vraiment très spéciale : c'est lu forme prolongée de l'état de mal épileptique. Veuillez jeter les yeux sur le tableau des crises et des vertiges qui se sont succède d'une façon ininterrompue pendant 5 mois chez une de nos malades (fig. 9). C'est vraiment un des phénomènes les plus curieux que l'état de ces malades plongés pendant plusieurs mois dans une inconscience absolue ou relative, incapables de subvenir à leurs besoins ou de prendre part aux manifestations élémentaires de la vie extérieure, secoues plusieurs lois dans la journée par des crises convulsives d'intensité variée et chez lesquels néanmoins les fonctions de la vie organique se font d'une façon sensiblement normale.

Pas d'élévation thermique au-dessus de 38°; les investigations biologiques sont, nous l'avons vu, dans l'état actuel de nos connaissances, pratiquement négatives, et cependant les malades restent dans le même état

et soumises pendant plusieurs mois aux mêmes excitations convulsives et aux vertiges.

Puis elles reviennent progressivement à elles, fatiguées, anémiées, voient disparaître peu à peu les crises et les vertiges, mais la convalescence dans ces cas est particulièrement longue et difficile.

C'est là une des modalités cliniques de l'état de mal qu'il importe, vous le voyez, de bien connaître.

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