LES CAUSES DU SYNDROME BASEDOWIEN
Sous quelles influences se produit l'altération de la sécrétion thj'roïdienne ?
On eût répliqué, autrefois sans hésiter : sous l'influence d'une émotion brusque ou d'émotions répétées. N'a-t-on point cité des cas, où un individu tombé subitement à l'eau était retiré avec tous les symptômes d'un goitre exophtalmique, qu'il n'avait pas auparavant? Ces faits demandent revision ; d'ailleurs Roussy n'a-t-il point montré la rareté du goitre exophtalmique après une guerre qui n'a point été sans soumettre à des émotions multiples un grand nombre de sujets? L'émotivité est un effet, sans doute, au lieu d'être la cause.
Certains individus d'ailleurs ont une prédisposition congénitale à l'hyperactivité thyroïdienne, ce sont ceux qui sont atteints de basedowisme congénital et chez lesquels une émotion minime crée temporairement, pour quelques minutes, parfois pour quelques secondes, un état basedowien (saillie des globes oculaires, tachycardie, tremblement) ; l'autre variété de prédisposition tient à une épine, l'altération antérieure du corps thyroïde, universellement connue dans les régions go i tri gènes
Enfin l'état du système génital a une grosse influence sur le développement du goitre exophtalmique : d'après une série de recherches faites avec Gastaud et Delestre, l'aplasie génitale a été à tort considérée comme la conséquence de la maladie, alors qu'elle lui préexiste. Chez les basedowiennes il y a deux variétés bien nettes de lésions ovariennes : 1" chez les jeunes les signes d'hypoovarie sont manifestes à l'époque
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pubérale et continuent au delà, le corps thyroïde est et demeure volumineux ; 2° chez les femmes plus âgées, les lésions utéro-annexielles sont acquises et retentissent sur le corps thyroïde, surtout si la malade avait antérieurement un petit goitre. Survient une cause provocatrice quelconque : le goitre exophtalmique éclate.
Parmi les agents basedowigènes, le plus puissant est l'infection : toutes les maladies infectieuses peuvent être à l'origine d'un goitre exophtalmique en provoquant une réaction thyroïdienne : la fièvre typhoïde, la grippe, le rhumatisme, etc., ont été incriminés. Garnier, sous l'inspiration de Roger, a montré les réactions qu'elles amènent dans la glande. Mais parmi les grandes infections, deux passent au premier plan, la tuberculose et la syphilis. De même que la tuberculose produit sur la glande surrénale des réactions d'hypo-épinéphrie, d'addisonisme, de même elle provoque des réactions dans un sens contraire dans la glande thyroïde en produisant l'hyperthyroïdisme, si fréquent chez les sujets porteurs de lésions bacillaires plus ou moins torpides, adénopathies multiples, tumeurs blanches, lésions pleuro-pulmonaires. C'est au goitre exophtalmique tuberculeux qu'il faut rapporter les formes fébriles ; c'est à l'infection tuberculeuse qu'il faut attribuer les pleurésies hémorrhagiques qui constituent parfois un épisode de l'évolution de la maladie.
Quant à la syphilis, comme nous l'avons signalé après Abrahams, Penzoldt, elle joue un rôle insoupçonné. Schullmann a réuni dans sa thèse la plupart des observations: il suffit de jeter un regard sur le tableau suivant qui lui est emprunté, pour voir comment voisinent dans une même famille les accidents basedowiens et nerveux d'origine spécifique.