LIVRE PREIUKR
Graver dans la mémoire el la raison de renCanl que le meurtrier, s'il pouvait tuer impunément, serait exposé à être impunément tué ; que le voleur, s*il pouvait voler impunément, serait exposé à être impunément volé; que, s*il y a une probabilité sur mille pour que le voleur et le meurtrier ne soient pas découverts, il y a neuf cent quatre-vingt-dix^n^uf probabilités contre une pour qu'ils soient reconnus : serait-ee donc plus difiicile que de lui apprendre, sans que jamais il Ronge à le contester, que S multipliés par 2 égalent 4, et que la ligne la plus droite est toujours la plus courte?
Il eai poaaible de démontrer mathématiquement que celui qui tue, frappe, vole, trompe ou diffame agit contre lui*mème, comme s'il se tuait, se frappait, se volait, se trompait on se diffamait.
L'enfant auquel il aura été incontestablement démontré, iOQS toutes les formes, qu'enfreindre le précepte qui enseigne qu*on ne doit faire à qui que ce soit ce qu'on ne voudrait pas que qui que ce soit vous Ht, c'est se nuire à soi-même autant qu*à autrui, agira comme l'enfant qui sait qu'il se brûlerait la main en la plongeant dans l'eau bouillante ou en touchant à un tison enflammé ; il ne s'y expose pas ou ne s'y expose
plas.
Relativement aux risques sociaux, toute la question se réduit donc à donner au précepte évangélique la rigueur incontestée d'un axiome géométrique.
Aynnt pris pour point de départ de mes travaux les suppositions que je viens d'énoncer sommairement, je me suis demandé s'il était possible de concevoir et de fonder une lodéié qui, réduisant tout mathématiquement à des risques indicieusement prévus et à des probabilités exactement calou- Ket, aurait pour unique pivot l'assurance universelle?
Je me suis demandé si une société tournant sur ce pivot, comme la terre tourne sur son axe, vaudrait moins que la sociéU* qui repose sur une distinction arbitraire entre le bien H le mal, distinction arbitraire, puis<ju'elle a varié et qu'elle tarie encore selon la diversité des temps et des pays, des religions et de^ lois ? •
On peut contester que la guerre et la conquête soient un •s/, mais peut-on contester que la guerre et la conquête soient un rùquel
/» I.ASSrHANCE UNIVERSELLE
Un (vmHrqupra que, respectant toutes les croyances, qi i|u't>llri> ff roiitrcdiseot, je n'attaque aucune des religions w )irNtii|uriit.
i;hai'uni> il'HIcs affirmant que les autres sont des ini| turi*!*, nu pour le moins des erreurs, dans l'impuissanci \nn iiirltro d'accord, j'ai entrepris de me passer d'elles, rtludt* iiluni In difllculti^, quo je ne savais comment vaincre
Ji< ii4> (lin paH que ce soient les relifirions qui aient tort.
Jii ni> prétends pas que ce soit moi qui aie raison.
Deux mille quatre cents ans avant moi, Bias avait pos( pnncipt* qu'on doit s'abstenir de toute recherche sur l'esse ilr lu Dïviiiitf''.
S'il y II un Créateur,
St ro divin Orateur est le souTcrnin juge ;
Si l'immnli'riiilit* de l'Ame peut se démontrer ;
S) luiiinli-mi'iit le bien cl le mal ne isont pas relatifs d'il vtdii II iritlrvidii, do nation à nation, de siècle à siècle;
S) riMi'iili'ini'nl le bien et le mal sont absolus, c'est-à-i ind<'|>eiitlnntn de l'i^liicatinn, du temps et de l'espace ,
H'iln <Hil iniK Hiinction éternellr ;
Si rrti'' Hnni'tion est le lien d'une vie se rattachant à iiutri' vil', l'finiine 1rs anneaux d'une chaîne sans fin :
Mnn siiiiliait le plus ardent et ma prii'-ro de chaque j winl quf lii rc'ligiim qui est la vérité annintisso, par l'i^cla {'■'V idi'uvi', touti'M It-K religions qui sont l'erreur; que c nliftioii ""il la loi l'tcrnelle et universelle, rendant im Imite nu trt- loi; que l:i science suc «'-de à l'ignorance ei <timî|iniil riiinnii' la rlart*^ du jour dissipe l'obscurité d nuit; qu'enllu le n-giu- de la jiistire sur la terre arrivt rfn'il «oit li< ri'jinr de Iii pnix entre tous les hommes et ei -nns les peupIeH, iiurun n'essayant de faire à un autre ce < -M voudrait pua qu'un autre lui fît.