‹ Questions philosophiqueChapitre 9 sur 193 · LIVRE PHËMIEH · texte numérisé non relu

LIVRE PHËMIEH

ivemer, c'est courir à sa perte. Qu'est-ce qu'un souverain lé? Qu'est-ce qu'un despote déchu? Qu'est-ce qu'un con- ^nnt détr<yné? Le jour où Napoléon écrivait : a Je dépends événements , ;> n'ai pas de volonté; /attends tout de leur «9, ce jour-là, Tempereur n'était pas l'empereur; il n'y lit plus en lui que l'homme pesant moins dans les balances naines, le 22 juin 1815, que M. Crochon, membre de lu imhre des représentants.

I J*ai toujours été gouverné par les circonstances » : dans cet m de Napoléon est l'explication de sa chute.

I ne faut pas confondre les événements avec les incidents : incidents sont des faits isolés, les événements ont un lien re eux qui les rend solidaires; les incidents surgissent, éTénemcnts se déroulent. Les événements ne s'improvisent , ils n'éclatent jamais sans être précédés de loin par des iges dont il soit possible à l'œil exercé de calculer la rcbc. La politique qui prévoit les événements écarte les idents ; la politique, au contraire, qui s'attache aux inciits néglige les événements.

«es hommes qui passent pour gouverner les peuples nncnt trop rarement le temps de se recueillir, de jeter un ard en arrière, en avant et autour d'eux, de se demander ils vont? Le succès et l'adulation les enivre, le revers et gratitude les abattent ; dispositions également mauvaises I Taliattement et Tcnivrement pour méditer avec fruit, \T juger les hommes avec discernement, pour apprécier événements avec tact. Méditer, ce nVst pas hésiter quand e reste plus qu'à choisir & peu près au hasard entre deux dations extiêmes ; méditer, c'est étudier les probabilités 1 de s'y préparer de loin ; c'est, au nom du passé et du iient, interrogfT l'avenir. Ainsi consulté, l'avenir découle moins souvent qu'on no croit les desseins qu'il a inspirés. Dprévoyancc des hommes fait la part de l'imprévu dans le ide beaucoup plus grande qu'elle ne devrait être.

es risques sont de deux natures : premièrement, il y a X qui existent i»ar eux-mêmes; de ce nombre sont le frage, la fondre, l'incendie, la gn*le, la gelée, l'inondais etc.; deuxièmement, il y a ceux qui n'existent que par ût de la société telle que l'homme l'a instituée ; de ce

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nombre sont la guerre, la piraterie, le meurtre, le rapt, le viol, le vol, les fraudes, les voies de fait, etc.

Tous CCS risques tendent manifestement à devenir les mis plus rares, les autres plus faibles.

Déjà les premiers de ces risques, ceux qui existent par eux-mêmes, ont été considérablement diminués par les effoiti opiniâtres de la science, victoires de Thomme remportées sur la matière.

Les perfectionnements introduits dans la construction des navires, la découverte de la boussole, la précision des instmmeuts, Texactitude des cartes marines et enfin rapplicatioD de la vapeur à la navigation ont rendu les risques de naufrage de moins en moins probables. Le voyageur qui va du Havre à New-York en dix jours est infiniment moins exposé aux risques de naufrage que dans le passé, où la même traversée exigeait, pour s'opérer , six fois, dix fois, cent fois plus de temps.

L'invention du paratonnerre a écarté, dans beaucoup de cas, le risque ayant pour cause la chute de la foudre.

La maison construite en pierres et couverte en tuiles est moins exposée au risque d'incendie que la maison construite en bois et couverte en chaume. Partout, les maisons construites en bois et couvertes en chaume tendent à disparaître; partout les maisons construites en pierres et couvertes en tuiles, ardoises ou zinc, tendent à se multiplier.

L'importation de la pomme de terre et certaines combinaisons d'assolements ont écarté le risque de famine, et rendu plus rare le risque de disette par suite de grêle et de gelée. L'agronome, en divisant les risques, les a affaiblis ; l'assurance fera Iq reste.

Quant aux seconds de ces risques dont il a été parlé, ceux-ci n'existant que par le fait de la société telle que l'honmie l'a instituée, il suffirait, pour qu'ils se dissipassent, de Tobservation universelle de cet incontestable précepte, qui devrait être écrit sur tous les murs des cités, sur toutes les portes des tribunaux, au i*evers de toutes les monnaies, en tète de tous les contrats et dans la mémoire de tous les enfants, afin de devenir la règle, sans exception, de tous les honunes :

NB PAS FAISB A AUTRUI CE QUB l'ON NE VOUDEATT PAS Q^S'ïL VOUS FÎT.

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