‹ Questions philosophiqueChapitre 12 sur 193 · LITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LITRE DEUXIEME

La guerre est on risque.

Ce risqae n'existe pas par lui-raSme, comme le risque de naufrage ou d'incendie ; il n'existe que parce que Thomme l'a créé.

II équivaut, en moyenne, à trois dixièmes de la dépense ordinaire des États.

Ou*y a-i-il à faire pour l'écarter ou l'anéantir?

(le qu'il y a de plus simple : s'assurer contre lui.

("comment?

En proposant à toutes les nations qui fléchissent sous le poids de la paix armée de contracter entre elles une assurmoce spéciale contre le risque de guerre territoriale et maritime.

I^ France prend cette initiative et donne l'exemple.

Elle appelle à s'unir successivement à elle contre le risque tl^ puerre tous les État^ qui aspirent h pouvoir réduin» et à finir par éteindre Tcxorbitante dépense de leurs armées periii.in«*ntes.

Plus le nombre des États qui seront parties contractantes t'^dra à grossir, plus le risque tendra à s'affaiblir ; par suite, plu« fa prime à payer sera faible.

De faible qu'elle serait relativement, elle deviendrait absolamcnt nulle, si l'assurance contractée parvenait à comprendre et à unir ainsi tous les États qui composent Tancien continent.

Rien de plus facile à démontrer.

De toutes les puissances de Tancien continent, une seule depuis la chute de Tempereur Napoléon, une seule empêche la paix de s'affermir et de se transformer en régime définitif, au lieu de n'être qu'une trêve dispendieuse; une seule inquiète tous les autres peuples dans la conservation de leur indépendance, c'est la Russie, (i)

Tous ont [devant les yeux les membres palpitants de la Pologne.

Ce risque, qui impose à l'ancien monde une dépense annuelle égale au tiers de la totalité de ses autres dépenses, peut être exactement calculé et traduit en chiffres : — La Russie entretenant une armée de 000,000 hommes et une flotte à voiles et à vapeur de 00,000 canons, entretenir proportionnellement, à frais communs, une armée et une flotte au moins égales en forces ;

Si la France est seule sur l'ancien continent pour tenir la Russie en équilibre et en respect, la France sera seule pour subvenir à la dépense et pour en porter l'énorme poids ; mais si l'Angleterre s'unit à la France dans la même pensée de pacification, déjà cette dépense, étant partagée entre les deux nations, pèsera moitié moins ; elle pèsera moins encore et toujours de moins en moins si la Belgique, la Hollande, la Suisse, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Autriche, la Prusse, la Saxe, le Danemark, le Wurtemberg, la Bavière, la Turquie, etc., signent successivement au contrat d'assurance contre le risque de guerre, contrat dont l'initiative aura été prise par la France.

Enfin, cette dépense disparaîtra entièrement, si la Russie

(1) A peine un an s'éUii-il écoulé depuis la publication de ce livre, imprimé à BnixoUes en mars 1852, que les événements venaient confirmer la justesse des idées qui y sont exposées et montrer l'impuissance de l'ancieone politique de la paix année au lieu de la paix assurée»

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