LIVRE DEUXIEME
toi donc, maintenant, entre nations cmlisées, se la guerre? Qu'y gagnerait-on? La France s'emparAt-
Belgique, les Français en seraient- ils plus riches? raient-ils et consommeraient-ils plus ? De même que
d*incendie tend à devenir de plus en plus rare 16 la tuile, le zinc, le fer ont remplacé dans la condes maisons et des usines le chaume, le bardeau, le même le risque de guerre tend à devenir de plus en depuis que les échanges de produits et les moyens le transport jouent un rôle plus important que les lements de territoire et que les obstacles naturels le frontières. Que sont maintenant les montagnes^ par les tunnels des chemins de fer? Que sont main- I fleuves, traversés par la multitude des bateaux à
une, ce que seize princes ont pu faire le i2 juilleti806 ma d'iTATS confédérés du brin, ce que le 8 juin 4815 it États ont pu faire sous le nom de confédéiution m, pourquoi quelques princes et quelques États de oarraient-ils pas le faire? L'Europe aurait-elle marrière au lieu de marcher en avant, et serait-elle donc ancëe en i852 qu'en i8i5?Ce que je propose, après •t-ce autre chose que ce qu'ont exécuté les vingttons de la Suisse le 7 août i8l5, et que ce qu'ont s princes de la diplomatie se nommant Mettemicb, irg, Humboldt. Gagem?Les appellera-t-on des esprits les, des esprits absolus? L*acte de Constitution fédé- TAllemagne a prévu le cas d'infraction aux engageitractés ; je pourrais donc m'en tenir aux termes de
I de ce traité ; mais considérer la guerre comme un appliquer à ce risque le principe de l'assurance est
II simple etsi juste, qu'elle rend inutile la constitution Kbunal commençant par employer la médiation et par rendre un jugement austrégal. Liberté : telle est t je ne m'en dé|>an» pas. Si un des États, après avoir la convention ayant pour objet l'institution d'une \ spéciale contre le risque de guerre, pouvait ne plus mtinuer de concourir à cette assurance, qu'à toute toit libre d'y renoncer, car il n'y a jamais rien à gaaiotanir daos l'indivision celui qui n'y veut poini
rester. Mais le cas d'une teUe séparation serait contraire à toutes les probabilités, à toutes les vraisemblances, car TÉtat qui s'isolerait ne'pourrait jamais avoir qu'à y perdre. Si forte qu'on suppose une fraction, elle sera toujours moindre qu'on entier.
De toutes parts, les esprits tendent plus que jamais à repousser l'idée de guerre; maintenant, les nations ne cherchent plus leur grandeur dans l'extension de leur territoire ; elles la cherchent dans l'accroissement de leur richesse, dans l'affermissement de leur crédit, dans le perfectionnement de leurs voies de communication et de transport, dans le progrès de leur agriculture et de leur industrie, dans la supériorité relative des objets d'échange. Les questions de frontières ont fait place aux questions de tarifs, lesquelles tendent elles-mêmes à faire place uniquement aux questions de débouchés. Que signifieraient à présent toutes ces anciennes questions de frm- Hères naturelles tant controversées, pour lesqueUes il s'cî^t ouvert tant de négociations, livré tant de batailles, versé tant de sang, exposé tant de nationalités? Fleuves, océans, montagnes ont cessé d'être des frontières inaccessibles, depuis que la navigation à vapeur permet de débarquer des armées sur toutes les rives, sur toutes les côtes ; depuis qu'on a vu les chemins de fer perforer les montagnes et les convertir en souterrains. Telle est l'impulsion des idées et des intérêts qui pousse peuples et gouvernements dans cette voie nouvelle, que l'on pourait appeler V uni té du rail; telle est la force de cette impulsion, que les hommes qu'on eût fait servir, À une autre époque, à se disputer les rives du Rhin, on les emploiera un de ces jours à creuser sous le lit de ce fleuve un tunnel pareil à celui que Brunel a creusé sous le lit de la Tamise ! Il faut aux grands peuples de grandes tâches, ils ont besoin de s'illustrer; durant des siècles, ce besoin n'a pu se satisfaire que par la guerre, les victoires et les conquêtes ; mais les peuples commencent à voir ailleurs la grandeur et la gloire. A l'aide de la vapeur et de l'électricité, changer les lois de l'espace et du temps : ici, en passant sous les fleuves ou traversant les montagnes pour mettre en communication deux embarcadères ; là, en perçant des isthmes pour unir par uu canal deux mers séparées, l'Atlantique au Pacifique, ou la mer Rouge à la Méditerranée, et abréger ainsi la navigation