‹ Questions philosophiqueChapitre 171 sur 193 · ONZIÈME OBJECTION · texte numérisé non relu

ONZIÈME OBJECTION

Pourquoi une réforme si radicalOi si absolue? pas se borner à proposer le rétablissement du divorce et b droit de recherche de la paternité? Au plus, pourquoi ne pu s'arrêter à la conjonction du nom du père avec celui de li mère ? Demander trop, c'est s'exposer à n'obtenir rien.

RÉPONSE

Il y a longlomps que j\ii appris à quoi m'en tenir sur kci^ formes partielles ; elles sont pour le moins aussi difficiles à obtenir que les réformes intégrales, et le plus souvent les demander ne sert qu'à se faire taxer d'inconséquence et battreà plate couture. Qu'on ne me parle donc plus de réformes partielles et de palliatifs. L'erreur est relative et la vérité est absolue. Quiconque cherche et poursuit la vérité doit donc êln absolu.

I^ rétablissement du divorce et le droit de reoherdM de la paternité sont des complications, et ne sont pat dss solutions.

La loi civile n'a pas le droit de proclamer légitime ea qoe la foi religieuse proclame criminel. Dans ce cas, la loi déiiaB la foi.

Si le divorce est un acte coupable et condamnable derafll Dieu et aux yeux du pape, comment peut-il être un aete innocent et légitime devant la loi et aux yeux du magistrat?

Le divorce est une excKption, il n'est pas nner^^, c'est pourquoi j(> Técarte; il tient plus de compte de la tranimiasion des biens qm* du bonheur des personnes, des héritien que des conjoints; il implique une société fondée par Tii

OBJKIWNB 4îl

Mbibilité da mariage ; or, étaUir oatte indÎMOlabilUé pour la détruire, c'est faire œuvre d'imprévoyance et d'inconaéquence. Le divorce ne dénoue pas, il brise ; il ne simplifie pas, il complique. Si les deux conjoints divorcés n'ont qu'un enfant, comment le partageront-ils? S'ils ont trois enfants, qui aura le troisième ?

Le droit de recherche de la paternité, qti^ soH exereé par la mère exclusivement ou par la mère et les en&nts inoluaiyement, est un droit dont l'exercice n'aboutit et ne saurait aboutir jamais qu'an scandale et qu'au doute. Il est aussi destrtieteur du prestige de l'autorité paternelle qu'incompatible avec la réalité de la piété filiale. La paternité qui est imposée n'est plus la paternité, et le fils qui s'adresse aux tribunaux pour réclamer d'eux un père vise sa fortune et non sa tendresse.

Où le droit de recherche de la paternité existe, le nombre des enfants réputés illégitimes, loin d'être plus faible, est plus considérable.

L'expérience est donc d'accord arec moi pour le condamner et le repousser.

Si elle était permise par la loi ou consacrée par l'usage, la conjonction du nom du père avec celui delà mère aurait pour effet de perpétuer, par une autre voie, ce qui existe et ce qu'on ne saurait trop anéantir, l'inégalité des enfants arbitrairement partagés en deux catégories ! les enféntt iebm h tcé et les enfants selon la nature.

Ceux qui porteraient deux noms, le nom de leur père conjointement avec le nom de leur mère, seraient réputés légitimes.

Ceux qui porteraient uniquement le nom de leur mère seraient réputés illégitimes.

Ce serait vouloir détruire ce qu'on aurait entrepris de fonder.

Toute règle qui n'est pas absolue n'est pas une règle.

Toute règle qui admet une exception, une seule, si petite qu'elle soit, ent une amphore f&lée au fond, qui, parce qu'elle est plus lento à se vider par le fond qu'à s*emplir par le haut, ne s'en vide pas moins.

Aucune exception, sous aucune forme, sooa aooiui nom»

sous aucun prétexte, sous aucun motif, ne doitfiuiaBerUit^ |( ainsi posée :

LES ENFANTS SONT fGAUX DBTANT LA

Faussée et détruite serait cette règle, si tontes les remplissant pieusement les devoirs de la matemité, n\ pas égales entre elles.

Devant la société, ce nom signifiant conscience pnblMpifl,! ne doit plus y avoir que deux classes de femmes : lesbona mères et les mauvaises mères.

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