DOUZIEME OBJECTION
(c La raison, Thonnèteté, la pudeur parlent en iiTear di mariage; la France n'a jamais été sourde à leur yoiz. EUera bien montré dans ces derniers temps, lorsque certaines seetei novatrices qui font entrer Tabolition, ou. si Ton veut, la trsBiformation du mariage dans leurs plans de régénération, ont osé toucher à ce point délicat... Le bon sens public s'est tsas en garde, les bonnes mœurs se sont révoltées; le ridicule et k mépris ont fait le reste. » (i)
RÉPONSE
Quelle que soit l'autorité qu*cmpruntent les paroles qoi pi^ cèdent au caractère de l'auteur du Contrat de marimfÊ^ premier président de la cour supn>me de France, cette antorilé ne peut rien contre les faits; elle expire devant les chiflkct. Il existe, en France, on ne saurait le répéter trop souTeot, 2,800,000 enfants nés hors mariage, sans y comprendre lei
(1) TKOPLONO. Du Contrat de mariage.
OBJECTIONS m
laBuits, en nombre peut-être égal, I sur IS, attriboés, penluit le mariage, à des maris qui en sont réputés légalement m pères, lorsque réellement ils ne le sont pas, sans tenir ompte des enfants mort-nés, 1 sur 10, soit sur 925,133 nais- BDces, 31,396 morts annuelles ayant pour causes principales les grossesses cachées et des couches clandestines.
Que pèsent des paroles vides et légères, dans la balance ik du côté opposé sont jetés des chiffres si précis et si lecablants ?
Ces chiffres, d'une exactitude incontestable et incontestée, ittestent et démontrent l'impérieuse nécessité de sonder la irofondeur de la plaie purulente où menace de se mettre la [angrène.
Bander une plaie est moins pénible que la sonder; contester s mal est plus facile que le guérir. Je le sais.
Partout, le nombre des enbnts nés hors mariage tend i 'accroître, et déjà, dans les plus grandes villes, il est sur le MHnt de marcher de pair avec les enfants nés pendant le maiage. Publiciste, jurisconsulte, magistrat, auteur du livre initolé : Du Contrat de mariage^ que proposes-vous de faire pour ^réserver de cet envahissement les États d*où reselavageet le enrage ont disparu, mais où l'inégalité civile subsiste sous ine autre forme ou sous d'autres noms ?
Est-ce que Tégalité civile, dont ces États se vantent d'être !n pleine possession, existe entre l'enfant né pendant le maiage et l*enfant né hors le mariage ?
Est-ce que l'égalité civile existe entre deux frères issus de a même mère, Tun dont la naissance a été impudemment et rauduleusement imputée au mari, l'autre dont la naissance ui a été timidement et scrupuleusement dissimulée ; le prenier, fils de la fraude, passant pour légitime ; le second, flb lu scrupule, étant qualifié d'adultérin; celui-ci admis h suoéder, et celui-là exclu de l'héritage?
Est-ce que l'égalité civile existe entre deux frirea, tous leux fils du même père, mais l'un mis au monde par l'épouse, t l'autre mis au monde par la maîtresse?
Est-ce que cette flagrante inégalité civile peut longtemps ubeister où l'égalité politique a triomphé?
L'esclave a acquis la liberté : est»ce que le bâtard ne finira las par conquérir l'égalité ?
42e LA UBERTâ DANS LK MARUGE
Est-ce qoe l'enfant innocent a moins de droite à la ji de la société que le père coupable?
Est-ce que le mari doit être compté pour tout et 1*1 pour rien?
Estrce qne l'enfant de la nature est d'essenoe inftriaBik l'enfant de la loi?
On peut ajourner ces questions , on ne peut pas les i% primer.
Tôt ou tard, elles se poseront.
Yaut-il mieux que ce soit tardivement? Se hflter de b résoudre, au lieu de les laisser s'aggrarer, n'est-il pas phi sage?
Lorsque existait le droit d'aînesse, le sort des bfltards diK* rait de si peu du sort des cadets, qu'il ne valait pas la peine de s'en occuper; mais depuis que la loi est intervenue dans le8i■^ cessions pour proclamer l'égalité des partages, un droit doiveao s'est ouvert. C'est ce droit qu'invoquent haotement par ma voix tous les bâtards de France, et que ne saurait losg^ temps méconnaître le magistrat aussi haut placé qne le pie> mier président de la cour de cassation, qui a condamné en ces termes le$ artifices employée pour fauaer Is nature :
« On n'a qu'à lire la TolUiquê d'Aristote, et l'on vena le des dérèglements et des mauvaises influences des femmes. Cail le mécompte le plus triste infligé par rinrincible néoessilé aux artifkm employés pour fauMser la nature. »
11 faut choisir entre ces deux régimes :
Entre le régime de la paternité présumée, qui est le r^îne de la loi, et le régime de la maternité portant avec elle^néiof sa preuve, qui est le régime de la nature ; eelui-ei conforme à la vérité incontestable, celui-là condamné par la statistique incontestée.
Le régime de la paternité, c'est l'inégalité des enfluts devant la mère et devant la loi ; c'est la femme possédée et ne se possédant pas ; c'est la femme souvent vonée eonin
(1) TROPLONG. Du droit naturel à Sparte,
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Iptore à la stérilité par rimpuissance, rahaence, rindiffé-
mce, l'inconduite de rhomme; ce n'est plus resclavage
Jlgal de la femme, mais c'en est encore le servage con-
Le régime de la maternité, c'est l'égalité des enfants devant Ift mère et devant la loi; c'est la fln du vieux monde et la ■aiasance du monde nouveau ; c'est l'homme ne valant plus par ses ancêtres, mais valant exclusivement par ses œuvres ; wfeat la titulation héréditaire faisant place à l'illustration yenonnelle, le privilège de la naissance à l'épreuve de l'électfon, le travail au désœuvrement; c'est enfin la paix, l'échange, la démocratie succédant à la guerre, à la conquête, à l'aristocratie 1
(1) « La Mnritude dei femmei eit trèt-oonfonn« aa s«iirt de gonverlat despotique, qui arrife à abuser de tout Auni a-tron tu dana toni Us tempiy en Aiie, marcher d'un paa ^gal la aerriiude domestique tt It fauve mement despotique. •
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