‹ Questions philosophiqueChapitre 22 sur 193 · LIVRE QUATRIÈME 5i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME 5i

Pourquoi no pas laisser à l'électeur la liberté de voter partout où il se trouve au jour de Télection ?

Pourquoi, en tout et toujours, s'appliquer à susciter des dîfficnttée, au lieu de s'appliquer k les aplanir?

Simplifier^ on le sait, est ma constante devise.

Donc je me suis posé les questions suivantes :

Est-il possible de faii'o que le vote universel cesse d'être la guerre civile et devienne la liberté électorale ?

Est-il possible de supprimer toutes les luttes locales par un mode de la simplicité duquel il résulte que majorités et minorttéa loient tot^ours exactement additionnées et fidèlement représentées ?

Est-il possible de faire que le vote universel marche de luim^e, sans bourrelet, sans lisières, sans organisation préalable, qui le désorganise; sans élections préparatoires, qui imposent à la majorité insouciante les choix de la minoriti'; active; sans comités directeurs, qui le faussent; sans conclaves souverains, qui le confisquent?

Eat^l possible de maintenir au vote universel l'inviolabilité de sa condition essentielle de suffrage direct ?

Est-il possible do décompliquer tout ce qui complique rexerdce du droit électoral, et de le rendre si simple et si sûr, qn*il n'y ait plus de difficultés à le rendre armuel et même h y recourir en toutes circonstances graves où la puissance oatioDale doit prononcer?

Est-il possible de laisser sans inconvénient à tout électeur le drtùi de voter partout o i il se trouve au jour de TélectionV

Est-il possible d*évitcr et de supprimer les réélections partielles, qui ont le grave inconvénient de venir souvent infirmer la sens |iolitique de l'élection générale précédente?

Telles simt les questions que jo mo suis posées, comme on pose des jalons sur une route nouvelle qu*un veut ouvrir; ces jtlooa m'ont conduit, apH^s plus d'un tAtonnement, plus d'un redressement, a la découverte d*un mode extrêmement simple d*exercice de la puissance individuelle, communale, corporative, nationale, et je le crois aussi puissant qu*il est simple et nouveau.

Ce mode d'exercice de la puissance individuelle et coUectivff donne a la majorité l'administration publique, et à la minorité le contrôle national ; en môme temps qu'il fait sortir

de l'urne électorale un élu, il en fait sortir onze contrâieon; comme chaque électeur ne peut écrire valablement qu'an seel nom sur son bulletin, il r^ulte de cette combinaison Iode neuve : que le premier nom qui sort de l'ume éledorak indique la couleur de la majorité compacte, et qae les ome autres noms qui suivent représentent toutes les nuances de h minorité divisée.

Le candidat dont le nom est sorti le premier de l'nme électorale est proclamé maire d'état.

Les onze autres candidats qui viennent ensuite par rang d'inscription sur le tableau de recensement général des votes sont proclamés membres de la commissioii natioiuu de

SURVBn.UNCB ET DE PUBUCITÉ.

Total : douze noms ;

Savoir :

UN nom qui représente la majorité compacte ;

ONZE noms qui représentent la minorité divisée.

Ce nombre douze suffit pour permettre à toutes les opinions dissidentes, à tous les intérêts inquiets, à toutes les idées mûres de se produire et de se compter; mais, s'il ne suffisait pas, rien ne serait plus facile que de l'augmenter. Ce que je cherchais donc, je l'ai trouvé : un véritable chronomètre qoi, au lieu de marquer la marche du temps par le chiffe des heures, la marque par le nom des hommes.

Majorité et minorité sont et doivent être les deux temps dn pendule politique.

Pourquoi le pendule politique ne faisait-il jamais un mouvement, soit à droite, soit à gauche, que pour s'arrêter aussitôt? — C'est que le deuxième temps n'avait pas lieu, c'est que la minorité était condamnée à l'inmiobilité et que, seole, la majorité fonctionnait.

Dans ce système, il n'y a qu'un seul collège pour l'État tout entier. Tout lieu où l'on vote est considéré comme section de ce collège unique. Toutes les voix données à chaque candidat dans toute l'étendue du territoire sont d'abord recueillies par :;ection ; toutes les sections comprises dans la même commune sont additionnées à la commune, et totalisées au chef-lieu de l'État dans les bureaux de la questure chargée de dresser le tableau général du recensement des votes.

Plus d'élections partielles.

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