‹ Questions philosophiqueChapitre 3 sur 193 · PREFACE TU · texte numérisé non relu

PREFACE TU

le sait jaiDus bien. Aussi je ne tiens compte que de la priorité d'application ; je préfère Tidée mère à Tidée ▼ierget le fruit greffé au fruit sauvage. Rowland-Hill- est le véritable inventeur de la réforme postale» non point par droit de conception » car ce n'est pas à lui qu'est venue la première idée de la taxe uniforme (i)» mais par droit d'application. Qui, le premier, a découvert la vapeur? Est-ce Héron d'Alexandrie, cent vingt ans avant notre ère? Est-ce Blasco de Garay, en 4543 ? Est-ce Mathésius, en 1563? Est-ce Flurance RivauU, en 1605? Est-ce Salomon de Gaus, en 1615? Est-ce Branca, en 1629? Est-ce Worcester, en 1633? Est-ce Papin, en 1690? Est-ce Watt, né en 1736 et mort en 1819? Qu'importe I

Dès qu'une idée me paraît bonne, me paraît mûre, je ne me fais aucun scrupule de me l'assimiler^ pas plus que je ne me fais de scrupule d'ouvrir les yeux à la clarté da jour ou les poumons à l'air qu'ils ont besoin de respirer.

L'idée nouvelle n'est pas ce que je cherche ; ce que je cherche, c'est l'idée juste. L'homme n'invente pas, il observe. J'observe, et où j'aperçois un principe fécond, )e me demande aussitôt comment il serait possible d'en lirer toutes les conséquences utiles, d'en étendre toutes les applications fructueuses ?

Ce livre (2) est une esquisse de l'avenir tel que je l'en-

(Ij ie ratais proposée en 1832 à M. Conte, directeur général des letea ; elle n'a été appliquée en Angleterre (fu'en 1840. (i; Ce K>re a été écrit et imprimé, en mars 18o2, à Bruxelles, pen-

viii PRÉFACE

trevois. i'y propose les idées que je crois justes ; je ne les impose pas. Pour moi, la liberté n'est pas un vain mot; c*est un principe, auquel je ramène tout, auquel je subordonne tout. Il se peut que les idées que y expose ne soient ni les plus justes, ni les plus simples. Dans ce cas, je déclare à Tavance, de la manière la plus formelle, quMI ne m'en coûterait absolument aucun sacrifice d'amour-propre de les abandonner pour adopter celles qui se recommanderaient par une simplicité et par une justesse plus grandes.

Tout vérifier sans prévention, ne rien condamner sans examen : telle est la méthode à laquelle ta science et rindustrîe ont dû toutes leurs conquêtes , tous leurs progrès. Pas de progrès sblus essais. Puisque cette méthode, qui est celle de la liberté, a si parfaitement réussi à l'industrie et à la science, pourquoi ne pas l'étendre à l'économie sociale et à l'administration publique? Le péril des révolutions périodiques serait-il donc moindre que le danger des essais successifs? Sur une échelle réduite, tout peut se vérifier sans perturbation. Cette échelle s'offre d'elle-même, c'est la Commune. Ce qu'un État ne saurait entreprendre sans tout bouleverser, une Commune peut l'essayer sans rien troubler. C'est ainsi qu'un procédé nouveau ou qu'un mécanisme perfectionné passe de la manufacture qui l'a adopté la pre-

dant les deux mois que Fauteur a dû y séjourner par suite du décret portant la date du 9 janvier 1852.

1 ne seconde édition^ réimprimée à Paris en octobre i854^ ayant été aussitôt épuisée^ il en a été publié une troisième en 1855, laquelle a été aussi rapidement et aussi complètement épuisée que la deuxième.

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