LIVRE HUliriËME
L*hoiDme est supérieur aux machines par rintelligeace ; les machines sont supérieures à Thomme parla précision. La précision est rame des machines, c'est leur génie.
Toutes les opérations où la puissance mécanique internent ne tardent pas à se lier étroitement et méthodiquement. Un progrès se déduit de Tautre. 11 suffit, pour s'en convaincre, d*avoir visité une seule fois une grande filature et d'en avoir suivi, une à une, toutes les opérations. La terre se traitera comme se traite un tissu. Semer en lignes et moissuiircr mécaniquement ne seront plus des difficultés dès que la première difficulté aura été vaincue : celle de régler, à volonté) la profondeur du labour, et de laljourer à la vapeur à moins de frais qu'en se servant de bœufs, de vaches ou de chevaux. (I)
Application de la machine à vapeur à la culture de la terre, jardinage mécanique, voilà ce que j'appelle Vagriculture à Ceau chaude ; maintenant ai-je besoin de dire que par Vagriculture à Feau froide^ j'entends l'art des irrigations appliqué, sur la plus vasie échelle, à toutes les terres montueuses, accidentées, qui, par la même raison qu'elles seraient impossibles à labourer mécaniquement, se prêteraient admirablement à être converties en prés naturels, ce qui permettrait de nourrir un grand nombre de bestiaux, et de substituer dans une forte proportion fustige de la viande à l'usage du pain dans l'alimentation des travailleurs. Avec autant de bestiaux et beaucoup de fourrages, on aurait assez de fumier pour fumer les terres labourtïes par la machine à vapeur. Dans l'un comme dans l'autre système, agriculture à l'eau froide et agriculture à Ceau chaude, la préemption universelle est impérieusement nécessaire. Sans elle, pas d'application possible.
Le progri»s agricole, tel que je l'entrevois, exige que la terre soit une marchandise et se vende au cours, comme s'achète le ooton. D'abord le prix de la terre s'élèverait rapidement, parce qu'elle serait plus demandée qu'ofTerte, puis elle no tarderait pas à être plus offerte que demandée par suite de Timpossibi-
(1) • La vapeur peut te faire laboureur.» (Diaeourt de M. maoni, miiii«U« de t'airnculture.) Preuve : la pweheute à vapeur, invealée par MM. Barrai frèref.
{90 LA PROPRIËXË UNIVERSELLE
lité où serait le cultivateur et sa paire do bœufs de lutter contre la machine aux narines de feu, si elle permettait da vendre avec profit les céréales, la betterave, la pomme de terre, etc., seulement à 1 pour iOO de moins. Lorsqu'on a assisté aux progrès qu'a faits, depuis vingt annéeS| la fabrication du sucre indigène, on peut tout prévoir et il ne faut dealer de rien.
(Juoi qu'il en soit, quoi qu'il en puisse être de la préemption universelle appliquée au progrès agricole, ce que Ton ne contestera pas, ce que l'on ne saurait contester, ce sont les avantages qu'elle offrirait, appliquée au progrès indmtriel.
Combien d'inventeurs qui étouffent l'invention à laquelle ils ont donné le jour, parce qu'ils s'en exagèrent Timportaoce, la valeur ! L'accès de fièvre qui est utile pour mettre au monde une invention est ce qu'il y a ensuite de plus nuisible pour l'exploiter. Le préerapteur, n'ayant pas les mêmes raisons d'aveugle enthousiasme que l'auteur, en devient le correctif salutiiire autant que nécessaire. Tenterait-on de m'objecter que l'inventeur saura toujours mettre son invention a un assez haut prix pour la rendre inaccessible au préein|»teur? Si cette objection m'était faite, j'y répondrais : Le taux de l'assurance à payer étant proportionnel au montant de la valeur déclarée, l'objection tombe d'elle-même. Ainsi, on le voit, l'impôt transformé en assurance devient l'inflexible régulateur de toutes les valeurs.
La même observation s'applique avec la même justesse à l'auteur qui estime son œuvre trop haut ou qui l'exploite mal. Il n'est ni plus ni moins propriétaire de son livre que le propriétaire ne l'est de sa terre. On peut les exproprier tous les deux, et s'approprier terre et livre aux mêmes conditions: payement préalable de la valeur déclarée et le dixième en sus.
Le payement du dixième en sus, on le remarquera, constitue un privilège au profit des valeurs préemptôes relativement aux autres marchandises qui s'achètent au cours du marché ou de la Bourse.
C*: privih''g«'. doit être considéré comme une transition; cette transition constituant un privilège, les propriétaires assujettis à la préemption, loin d'être fondés à se plaindrei