‹ Questions politiques et socialesChapitre 10 sur 21 · ORGANISATION DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU TRAVAIL

presse parisienne des représentants de votre doctrine. La Revue indépendante proclame son union intime avec la Réforme. Dans les provinces, vous pourrez sans doute joindre encore bien des noms à ceux des journaux que la Réforme vous signale comme vos alliés naturels. Vous n'oublierez pas le Progrès du Pas-de-Calais, rédigé depuis longtemps par un homme si pur, si modeste, si éprouvé, M. Frédéric Degeorge. L'Indépendant d'Angoulême vous convie particulièrement à une association de sentiments et d'efforts. Quels qu'en soient les moyens, votre cœur répondra à cet élan, s'il est dirigé comme l'appel de M. Ledru- Rollin vers le salut public. N'y aurait-il donc plus de ressources dans la presse indépendante comme le peuple s'en effraye ? Essayez donc tous de prouver que le feu de la vie est encore là. Ce n'est pas le talent ni la volonté qui manquent. Serait-ce l'espérance ? demandons-la au peuple, si nous l'avons perdue. Tous ceux qui l'ont fait s'en sont bien trouvés. Voyez ce jeune écrivain si brillant, si clair, si habile et si franc à la fois, l'auteur de l'Histoire de dix ans I où prend-il tant de sève dans ce temps de langueur et de consternation? dans le sentiment démocratique, qui est le génie de son génie I II y en aurait encore d'autres à nommer; mais nous autres, modestes provinciaux, nous ne pouvons pas dire comme M. Ledru- Rollin : Nos amis, nos illustres amis. Il est même possible que nous n'ayons pas toujours été d'accord avec eux tous sur tous les points. Eh I tant mieux mille fois, s'il en est un qui nous réunisse ! Nous en au-

rons d'autant meilleure grâce à les seconder que nous ne serons pas suspects de partialité ou d'engouemerlt.

Mais je m'oublie à dire nous. Pourquoi pas? Je m'associe à la définition de M. Ledru-iRoUin :

c( La pétition, c'est la presse des masses, c'est la voix de l'ensemble. Aujourd'hui que le droit d'association est détruit^ que la presse est encore restreinte aux mains de ceux qui ont de l'argent, la pétition, c'est autre chose qu'un journal organe d'un parti seulement ; la pétition, c'est bien mieux que l'expression individuelle d'une opinion, d'une prétention ; la pétition, si vous le voulez, c'est tout le monde, l'œuvre comme le droit de tout le monde ; c'est une édition des pensées publiques qui n'a besoin ni d'abonnés, ni d'actionnaires, ni de prôneurs, ni de beau style, dont l'éloquence est dans l'énergique vérité des faits, la modération des paroles, le nombre des signatures, et dont le public même est l'auteur. »

Ne nous intitulons plus fastueusement les amis du peuple. Nous sommes peuple nous-mêmes. Ce n'est pas seulement la souffrance physique, c'est encore plus la souffrance morale qui nous rend tous solidaires des maux publics, victimes des crimes publics. Faisons des pétitions, non à titre de bourgeois démocrates convertis à la cause populaire, mais à titre de français blessés et outragés depuis trop longtemps dans le plus sensible de leur idéal, de leur gloire et de leur amour, le culte de V égalité.

4 novembre 1844.

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LA POLITIQUE ET J^f: SOCIALISME

Il serait à désirer que de bonnes définitions vinssent régler l'emploi de ces deux mots, par eux-mêmes ils n'offriraient pas le sens d'une distinction bien déterminée à qui ne connaîtrait pas un peu Tétat des esprits en France à l'heure qu'il est. Il en est presque toujours ainsi des mots qui servent à marquer des nuances d'opinions dans les partis. Ils expriment rarement ce qu'ils sont censés exprimer. Cependant on les adopte, et Thabitude les consacre. C'est ainsi qu'on a appelé doctrinaires des hommes qui n'avaient pas de doctrine, ei juste milieu un parti qui déjà tendait par l'absolutisme à détruire tout équilibre social.

Si vous ouvrez le dictionnaire de Boiste (le plus complet des dictionnaires de la langue française),

VOUS trouverez au mot politique vingt acceptions différentes. Les auteurs cités ne sont nullement d'accord. Selon les uns, c'est l'art de tromper les hommes ; selon les autres, c'est l'art de les rendre heureux. Dumarsais veut que ce soit par Vexpériencey Locke veut que ce soit par le bon sens qu'on les gouverne. Mably proclame que la poUtique c'est la morale des nations entre elles ; Vauvenargues étabUt que ce sont leurs intérêts réciproques ; l'esprit du gouvernement anglais établit que c'est l'intérêt des riches de l'Angleterre. Enfin, c'est tantôt « la morale appliquée au gouvernement », et tantôt « une manière adroite de se conduire pour le succès ». Il y en a pour tous les goûts. — (( La véritable politique, dit Dumouriez, ne peut être que l'amour éclairé de la patrie. » — « La bonne politique, ditAddison, c'est la franchise et la probité. » — La plus mauvaise politique est de mentir, » disait Voltaire ; et Pétion a dit : « Il n'est pas toujours bon d'être trop politique. »

De ces différences dans l'acception du mot politique, il faut conclure que ce mot, par lui-même, n'exprime qu'un acte de la volonté humaine et n'implique pas l'idée du bien ou du mal. Sa véritable et antique signification, art de gouverner, réduit la politique à un fait assez brutal. L'esclavage antique, les tortures de l'inquisition, l'exil en Sibérie, le knout, la traite des noirs, le mont Saint-Michel, ont fait et font encore partie de Vart de gouverner les hommes. D'après l'opinion de tout un parti, M. Guizot est un très grand politique. L'opposition, en parlant des adver-

saires ou des victimes qu'elle a fournis au système de M. Guizot, dit pourtant nos hommes politiques. J'avoue que je n'aime pas ce mot par lequel on peut désigner M. de Lamartine et M. Thiers, M. Ledru- Rollin et M. Hébert. J'aurais voulu que, dans un temps où Vart de gouverner est basé sur des doctrines repoussantes, ceux qui ne gouvernent pas eussent pu inventer pour leur action un plus doux nom et qui donnât de meilleures garanties pour l'avenir.

Quant au mot socialisme, il est de fabrique nouvelle, et nous ne le trouvons pas dans nos dictionnaires classiques. Quel est son véritable sens? Est-ce l'art de fonder les sociétés, ou la science des doctrines sur lesquelles les sociétés s'établissent? Dans le premier cas, c'est la même chose que la politique ; dans le second, le mot socialisme peut impliquer l'idée d'admiration ou de mépris, tout aussi bien que celui de politique. Je ne vois donc pas qu'en vertu de l'une ou de l'autre qualification, les hommes puissent s'attribuer une valeur quelconque. On peut inventer, au nom du socialisme, de funestes institutions ; on peut, au nom de la politique, rendre pires celles qui existent.

Quiconque prendra plaisir à s'entendre appeler politique ou socialiste sera donc, à mon sens, fort ridicule. Ce ridicule est malheureusement assez répandu par le temps qui court. Tout homme qui s'agite dans les élections de son clocher pour ou contre le gouvernement s'imagine faire de la haute politique.

Tout homme qui a lu quelques systèmes ou qui a caressé dans son cerveau quelques utopies, se croit un profond socialiste. Peut-on rien voir de plus frivole? Mais, de tout temps, les Français ont eu la manie de s'enrégimenter sans savoir avec qui, et d'écrire sur leur bannière un mot qu'ils ne comprenaient pas.

Pourtant il est certain que ces mots de politique et de socialisme servent aujourd'hui, même dans le sein de l'opposition nationale, à qualifier deux opinions fort distinctes. L'erreur est donc dans les mots, mais le fait existe. Les prétendus socialistes et les prétendus poUtiques ne sentent pas, ne voient pas et ne comprennent pas de même le mode d'action qui doit tendre au salut de tous. Ils ne se disputent pas seulement sur des mots, comme quelques-uns le prétendent dans une vue de conciliation ; ils ne doivent ni se quereller ni se haïr, il est vrai ; mais ils ont besoin de beaucoup s'expliquer avant de s'entendre, et le temps n'est peut-être pas venu oîjl ils peuvent marcher d'ac- | cord.

Essayons d'expliquer leur divergence d'action et de | pensée, et, pour cela, servons-nous, puisqu'il le faut, ^ des noms qu'ils se sont donnés, ou laissé imposer.

Nous convenons d'appeler j^oZi^igt^^ une action toute matérielle exercée sur la société pour modifier et améliorer ses institutions ; socialisme une action toute scientifique exercée sur les hommes pour les disposer à réformer les institutions sociales. Il semble que le ; but soit le même. Voici pourtant l'essentielle différence 1 qu'il faut comprendre :

Les politiques s'attachent spécialement au fait de la lutte, sans s'inquiéter suffisamment, selon nous, du but qu'ils veulent atteindre. Il leur semble qu'en conquérant et en faisant conquérir à un plus grand nombre d'individus des droits de citoyen, en donnant de l'extension au vote électoral, en appelant les masses peu à peu et régulièrement à se gouverner, ils auront fait tout ce qu'il est permis au courage, au talent, au patriotisme d'accomplir dans le temps où nous vivons. Ils ne se préoccupent pas assez de l'état moral et intellectuel de ces masses qu'ils veulent affranchir ; ils songent à les faire agir plutôt qu'à les éclairer. Ils pensent que l'intelligence, la moralité, le dévouement viendront tout d'un coup illuminer les consciences, le jour où l'exercice de leur droit relèvera les hommes à leurs propres yeux ! « Et alors, disent-ils, cette grande et noble nation trouvera d'elle-même ce qui lui convient. Elle fera une nouvelle Déclaration des droits de l'homme appropriée aux besoins de son époque d'avènement. Tous souscriront, riches et pauvres, bourgeois et prolétaires, rois et ministres, parlements et opinion publique, à la grande loi de vérité que l'inspiration proclamera. » En d'autres termes, les politiques comptent sur un miracle sans savoir et sans même se demander quel sera ce miracle. Une foi généreuse mais aveugle les enivre. Hommes d'action, leur devise ingénue et brave est celle-ci : Agissons toujours, nous verrons après. Ce raisonnement, si c'en est un, cette ardeur héroïque mais dangereuse les ont conduits à fermer les yeux sur les besoins réels de l'humanité,

sur la nécessité d'une doctrine sociale et d'une religion politique pour l'avenir.

Les socialistes s'attachent spécialement à l'idée abstraite de la justice et de la vérité, sans s'occuper suffisamment, peut-être, de la lutte actuelle, qu'il ne faudrait sans doute pas abandonner. Il leur semble que faire conquérir des droits aux masses n'est pas le plus pressé, mais qu'il s'agirait, avant tout, d'éclairer ces masses sur leurs devoirs. Travail plus complexe, plus profond et plus difficile que ne le pensent les politiques. Dans leur impatience, ces derniers croient et affirment que trois mots immortels, consacrés par la Révolution et inaugurés comme frontispice à nos institutions, suffisent à tout expliquer, à tout résumer : (( Liberté, égalité, fraternité !» — A quoi les socialistes répondent, non sans raison, que toute formule est vaine, tant sublime soit-elle, si elle n'est l'expression d'une doctrine établie, acceptée et pratiquée, au moins dans les mœurs de la nation. Or nous sommes encore si loin de l'acceptation et de la pratique de cette doctrine, la doctrine elle-même est si peu formulée, que l'on n'oserait en discuter l'esprit et les conséquences aujourd'hui, sans s'exposer à subir les rigueurs d'une loi qui interdit l'examen du mieux, et permet à peine la critique du mal. Les socialistes ont dit : (( Vous comptez sur un miracle, le miracle ne se fera pas si vous ne le préparez, et vous n'y songez nullement. Le triomphe delà force, l'excitation de l'enthousiasma, de la bravoure et de la colère, les bonnes intentions, même quand elles sont vagues et enveloppées de

nuages, ne suffisent pas pour faire descendre du ciel la connaissance divine. Or la connaissance divine, c'est la révélation de cette doctrine de liberté, d'égalité et de fraternité que vous-mêmes ne sauriez formuler sans blesser des intérêts, sans froisser des libertés individuelles, et peut-être sans enfreindre des devoirs de fraternité humaine. Vous en avez pour exemple la miraculeuse révolution de Juillet, faite par le peuple, et dont le peuple n'a pas su profiter. Le miracle de la force n'a pas produit le miracle de la lumière. Le problème social n'a pas été résolu. La bourgeoisie, triomphante par le peuple, n'a pas su appeler le peuple à jouir de la victoire. L'enivrement du succès et du pouvoir n'a pas fait jaillir des entrailles de la bourgeoisie cette vertu éclairée, cet amour de l'égalité, ce besoin d'institutions populaires que l'ébranlement d'une grande commotion politique doit produire selon vous. La même situation se renouvelant, même sans violence, sans effusion de sang, et sans autre choc que celui de l'opinion politique (l'œuvre serait plus belle encore), le miracle ne se ferait pas davantage, si d'avance le pouvoir et la nation ne sont préparés à reconnaître ce qui est la base de la religion sociale. Faut-il vous montrer combien nous en sommes loin? faut-il vous montrer le peuple disant au pouvoir .• Du travail ou la mort! et le pouvoir répondant qu'il n'assure du travail à personne? la bourgeoisie accaparant avec fureur la richesse, ruinant la nation par le monopole des capitaux et des grandes industries? la petite propriété se dévorant elle-même

par le morcellement, la concurrence et Tindividualisme? le prolétariat succombant sous Texcès du travail, la cherté des denrées de consommation et Finsuffisance des salaires? la mendicité, devenue une plaie publique, réprimée et non assistée? Vous voulez détruire ces faits horripiles pt vous ayez raison ; mais ne voyez-vous pas qu'ils reposent sur des idées antihumaines, sur des sentiments contre nature, sur des passions monstrueuses ? Efforcez-vous donc de changer les esprits, de vaincre les cœurs, de transformer les croyances, et alors, espérez que Faction sera bonne. Jusque-là, elle n'est pas seulement funeste en ce qu'elle vous détourne trop du devoir principal, elle est impuissante ; car les mauvaises passions, appuyées sur des doctrines d'une logique impie et diabolique, rient de vos efforts et triomphent de votre courage. »

Les socialistes avaient malheureusement raison ; mais, leur voix n'ayant pas été entendue, leurs exhortations ne produisant que dépit, impatience et raillerie chez les politiques, les socialistes se sont égarés pour la plupart. Les uns sont tombés dans un découragement inerte, ainsi qu'il arrive aux intelligences méconnues, aux âmes tendres froissées, aux dévouements isolés. On ne sait pas combien de grandes convictions se sont flétries, combien de forces précieuses se sont brisées dans ces combats déplorables. D'autres, conseillés par Fambition, ou égarés par une vaine science, n'ont pas voulu mourir ou n'ont pas su attendre. Ils se sont rattachés maladroitement, quoique avec ruse, à la politique.

L'aristocratie saint-simonienne s'est donnée, quelques-uns disent vendue au pouvoir. Les fouriéristes ont essayé de signer un traité de paix et de constituer une petite société à part, qui ne manque pas de talent et qui transige au nom d'une idée matérielle avec les intérêts et les passions de la richesse, promettant plus qu'elle ne peut tenir et berçant quelques adeptes de bonne foi d'une espérance d'organisation chimérique. Dans le peuple, où les idées socialistes avaient pénétré plus avant^ diverses sectes se sont formées, tendantes au communisme, les unes par le babouvisme républicain, les autres par un catholicisme arrange, plusieurs par des idées très pures mais sans profondeur, un très petit nombre par des utopies sauvages empreintes à la fois de grandeur et de grossièreté, de vertu et de crime. Bref, le socialisme ne s'est pas plus organisé que la poUtique. Il n'a pas plus réédifié d'église ostensible, que la politique d'opposition n'a reconstitué de parti puissant en France. La question de doctrine est pendante. Les dévouements agissent sans concert et sans but déterminé. Pourtant les socialistes cherchent toujours, nous l'espérons, et se différencient par là des politiques, qui, sauf un bien petit nombre, ne cherchent pas encore.

Faut-il conclure de cette triste situation que le présent est sans force et l'avenir sans solution? A Dieu ne plaise ! Après ce tableau des misères présentes, nous montrerons plus tard les ressources que le sein fécond et vivace de la France conserve et nourrit comme un germe sacré, en dépit des frimats de la

peur et de Tégoïsme, qui nous en cachent l'action profonde et immortelle.

Les politiques s'intitulent volpntiers hommes d'action et de dévouement. Les socialistes souffrent qu'on les traite de rêveurs et dJutopistes, parce que les gens bien élevés les appellent philosophes. Certes, parmi les uns et les autres, il en est de bien nobles et de bien éminents qui méritent ces titres honorables ; mais nous autres, écoliers ou soldats, irons-nous nous quereller pour des titres qui n'appartiennent qu'aux chefs et aux maîtres? Contentons-nous modestement de nous dire que nous ne sommes pas placés au même point de vue^ et tâchons de tourner ensemble nos regards vers cet horizon, derrière lequel il n'y a qu'un môme soleil pour nous tous.

Et d'abord, cherchons un peu dans le passé, dans un passé bien près de nous, et que nous continuons j)eut-être sans le bien connaître.

La querelle des socialistes et des politiques n'est pas nouvelle. Toujours, sous d'autres noms vingt fois changés, ces deux types de méditation et d'activité se sont partagé l'action historique du progrès. Tous deux ont été nécessaires ; mais le grand mal, c'est qu'ils n'aient pu être utiles en même temps et dans le même but. Vers la fin de la monarchie du siècle der-

nier, on les vit s'agiter dans le sein de l'Assemblée constituante. Leurs débats ne furent pas troublés d'abord par l'amertume et l'ironie ; mais nous allons montrer comme quoi ils ne purent s'entendre sur le fond des idées.

Il y a un grand enseignement à tirer de ces discussions qui précédèrent la fameuse Déclaration des droits de lliomme^ sur laquelle sont fondées encore les plus importantes de nos institutions. Il ne faut pas oublier que cet essai de constitution sociale, comme toute la révolution française, a été fait au nom de la philosophie. Tout ce qui avait la haine du vieux despotisme, tout ce qui portait un cœur ardent et jeune dans ces luttes, tout ce qui s'honorait du titre de "patriote^ se glorifiait d'être adepte de la philosophie de son siècle. Il est donc fort étrange que les gardiens des principes républicains, le parti politique qui se fait honneur de continuer les idées de réforme sociale de la Révolution, raille la philosophie de nos jours, et repousse avec amertume ou dédain toute solidarité avec de nouvelles recherches philosophiques sur les droits et les devoirs de l'homme. L'Assemblée constituante comptait parmi ses membres de tous les ordres et de toutes les opinions, outre une foule de philosophes (le mot était littéralement devenu synonyme de patriote)^ plusieurs métaphysiciens d'une certaine force, qui, dans la discussion des principes constitutifs de la société, se faisaient religieusement écouter. Sieyès était l'oracle d'un parti ; de Crenières ^ exci-

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