ARCHEVÊQUE DE LYON. U
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II , cl se disposant à tenir à Rome au commencement de ! — l'année 1049 un Concile, pour remédier aux maux de l'Eglise, y appella notre Archevêque avec plusieurs autres Prélats de France et d'ailleurs. De Rome le Pape venant en France, Halinard l'y suivit, ' et se trouva à la célèbre dédi- t. 8. P. 717. 7«. cace de l'Eglise de saint Remi de Reims, et au grand Con- 123, cile qui la suivit. ' Depuis ce temps-là, le Pontife Romain 1.9. ic. voulut l'avoir toûjours à sa suite. Halinard l'accompagna donc dans tous ses voïages, et assista au premier Concile qui se tint à Rome en 1050 contre les erreurs de Rerenger, et apparemment aussi à celui de Verceil de la même année. 11 revint avec lui en France Tannée suivante , et retourna encore en Italie en 1052. Après l'avoir suivi à Benevenl, Capouc, au Mont-Cassin et au Mont-Gargan, et lui avoir servi de Médiateur pour traiter la paix avec les Normans, car il éloit puissant en paroles, comme on l'a vu, et avoit un grand talent de persuader. ' Il se retira à Rome au t.. 9. monastère de saint Grégoire. Là un faux ami lui aïant servi dans un repas un poisson empoisoné, Halinard en mourut le vingt-neuvième de Juillet 1052, après avoir tenu sept ans le siège de Lyon, et gouverné vingt ans, ou plutôt vingtun ans et quelques mois, l'Abbaïe de saint Bénigne de Dijon. Les Nobles Romains le firent enterrer à saint Paul avec beaucoup d'honneur. ' Bucelin dans son Menologe rapporte ii>. »ot. son épitaphe, telle qu'on va la lire. Si elle est de ce tempslà, les deux vers qui la composent, sont peut-être les meilleurs que ce siècle ait produits.
EPITAPHE
Faclus Apostolici consors et compar honoris, Duxit Apostolicam factis et nominc ritam.
'Halinard en mourant laissa ses ornements et son argen- p.39 *o. a. 9-13, terie à l'Abbaïe de saint Bénigne, à laquelle il avoit procuré de son vivant divers avantages, et dont il avoit renouvellé les officines et enrichi la Bibliothèque. ' On y voit encore un opusc. t. 2. p. 7. sacra mon taire, qu'y donna en 1036 Himbert Evêque de 8 Paris à la prière de l'Abbé Halinard. ' Il ne paroit pas qu'on *«. n». p. m. n. 3 ait jamais décerné aucun culte à la mémoire de notre Archevêque. Seulement Bucelin en fait mention dans son Me-
Tom. VU. L 1 1
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an. l 7». 7»
4Î>0 HALINARD,
nologe bénédictin au jour de sa mort, et Ferrarius au vingtsixième d'Avril, auquel jour les Continuateurs de Bollandus en parlent parmi leurs Saints omis. L'Auteur du supplément au Martyrologe Gallican en fait un assés bel éloge.
SES ECR 1TS.
ïo h d"' ' '* 9' p* '/"\Uelqi:e vaste que fût l'érudition d'IIalinard, et Vjquelque versé qu'il fût dans la Géométrie et la Physique, auxquelles il avoit donné une application particulière, il n'a point laissé, que l'on sçache, aucun monument de son scavoir. Il ne nous reste de lui que quelques letres, même en petit nombre.
Il v en a trois qui furent écrites, lorsqu'il n'etoit que sim- 729* 'perani' P^e Al>bé. ' La première est adressée au Pape Jean XIX, pour Ï87-188. ' tâcher de le faire revenir des préventions, que les Chanoines de Dijon lui avoient données contre l'Abbaïe de saint Bénigne, au sujet d'un Cimetière qui lui apparlenoit. La seconde est écrite à Eiquoque, Camerier du Sacré Palais, et ami d'Halinard, qui le prie d'empêcher que le Pape ne fasspic. i. *. p. 3»o. se préjudiciable aux droits de son monastère. ' Hali-
nard adresse l'a troisième à ses frères, les Moines de saint Bénigne, pour leur marquer la peine que lui causoit son absence ; aiant appris, mais trop tard, que saint Odilon les étoit allé visiter. 11 les prie de ne rien oublier pour faire d'une part à un Hôte aussi respectable, tout l'accueil qu'il meritoit, et de l'autre pour profiter de l'exemple de ses vertus.
Dans les deux premières Halinard se qualifie Abbé ; mais il ne prend dans la troisième que le simple titre de Frère : ce qui vérifie la remarque que nous avons déjà faite sur le siècle précèdent, au sujet de l'usage de cette qualification parmi les Abbés, comme parmi les simples Moines. Quant au Souverain Pontife, il lui donne les litres de Maitre de tout le monde et de Pape universel : ce qui avoit aussi commencé à passer en usage dès le même siècle.
Jrïpp^p.T* u ' Nous avons une quatrième letre d'Halinard, qui est comme le testament de ses dernières volontés. Il l'écrivit de Rome, ainsi qu'il paroît, lorsqu'il se sentit frappé à mort, et l'adresse aux Chanoines de son Eglise de Lyon. Halinard les
conjure d'abord de lui pardonner le? faules de négligence, qu'il avoit commises à leur égard ; leur protestant, que si Dieu lui accordoit encore des jours, il donneroit tous ses soins à leur avancement. Il leur conseille ensuite, lorsqu'il s'agira de lui élire un successeur, de n'en point chercher dans des Eglises éloignées el étrangères, comme par le passé, mais d'avoir recours au jeûne et à la prière, afin que Dieu, qui peut susciter des enfants à Abraham, leur donne lui-même un digne Pasteur tiré de leur corps. 11 leur désigne néanmoins le Prévôt Humbert , comme propre à remplir cette place. Le reste de la letre roule sur divers arrangements, principalement sur la disposition de ses biens, qu'il vouloit qui fussent partagés entre sa Cathédrale et l'Abbaie d'Ainai. il fait paroître de grands égards pour cette Abbaïe, et témoigne lui avoir de grandes obligations. Ces letres sont bien écrites pour les temps ; et il en est peu du même siècle, qui soient au-dessus pour la politesse de style. Elles font regretter que l'Auteur n'ait pas laissé de sa façon quelque écrit de plus longue haleine et plus intéressant.
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