‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 120 sur 214 · il · texte numérisé non relu

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SES ECRITS

AVant que Pistorius et Canisius publiassent leurs recueils, Vippon ni ses écrits n'étoient point connus dans la République des Lettres. Mais on a sçu depuis qu'il a composé : »

S&tt1' p* V' L'Histoire de l'Empereur Conrad le Salique. ' II la dédie à Henri son fils par une épitre, qui est suivie d'une préface, où il fait un peu le Philosophe. On voit dans l'une et l'autre pièce les motifs qui l'engagèrent à entreprendre cet ouvrage, ot le dessein qu'il s'y proposoit. ' 11 se piquoit si fort d'exactitude, qu'il prie ses Lecteurs de rejelter les fautes qui s'y trouveroient , sur ceux qui lui avoient fourni des mémoires; car ses fréquentes infirmités ne lui permettoient pas d'être toujours à la suite de la Cour. Par conséquent il fut

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obligé d'avoir recours à d'autres , pour sçavoir ce qui s'y étoit passé. ' 11 se flatU- en finissant son écrit, de n'y avoir p. ui. rien oublié de ce qu'il avoit appris, ou vu par lui-même, des choses qui faisoientà son sujet. ' Plusieurs autres Historiens p. «i. avant Vippon avoient déjà traité la même matière, ce qui ne l'empêcha pas de l'entreprendre après eux.

11 commence son Histoire par l'assemblée générale, qui p. *mu. se tint aussi-tôt après la mort de l'Empereur saint Henri, afin de lui donner un successeur à la Couronne tle Germanie. ' Il passe ensuite à l'éleclion qu'on y fit de Conrad, et à la cé- p. tn-m. remonie de son sacre. Trois événements sur lesquels il s'étend davantage. 11 rapporte de suite et avec assez d'ordre les 'autres actions plus mémorables de son Héros, dont il est attentif à marquer ordinairement les époques. L'Histoire de Conrad ne fait pas tellement l'objet principal de Vippon , qu'il ne touche aussi les hauts faits du Roi Henri son fils, depuis Empereur, ' comme il s'y étoit engagé d'abord. Quoi- p. m. q^u'il entredans un certain délail sur l'Histoire de l'un et de 1 autre, sa narration est cependant un peu succincte, ' ce qu'il p. m. dit avoir observé pour n'être pas à charge h ses Lecteurs. S'il y a mieux réussi que plusieurs autres Historiens de son temps, il y a suivi le génie de la plûpart, en intercalant de fois à autres des vers dans sa prose.

L'écrit de Vippon est intéressant, non-seulement en ce qu'il nous apprend plusieurs traits d'histoire échappés aux Historiens qui l'a voient précédé, mais eneore en ce qu'il nous instruit de la vraie extraction de Conrad, et de l'Impératrice Gisèle son épouse, qu'on ignoroit auparavant. ' Le Pïst. r». «J j^' public en est redevable à Jean Pistorius, qui l'a mis au jour 1 3 p* 4il"**3 entre ses autres Historiens de Germanie, dont le recueil, comme l'on seait, a été imprimé plusieurs fois à Francfort, les années 1582, 1584 et 1007.

2° Vippon a composé un panégyrique de trois cents vers hexamètres, ou environ, à la louange du Roi Henri le Noir, qui n'étoit pas encore Empereur. 11 le publia par conséquent avant l'année 10 46, et le dédia à Henri même par une petite épitre en prose , dans laquelle il l'intitule Tetralogue. C'est qu'il est divisé en quatre parties autant qu'il y a de personages qui y parlent : le Poêle, 1rs Muses, la Loi et les Grâces. ' Il nous apprend ailleurs, qu'il le présenta au Roi viPP. a>. P. h Strasbourg, où il célebroit la fête de Noël. Quoique ce

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Panégyrique soit une pièce presque toute d'imagination, il s'y trouve" néanmoins quelques faits, qui peuvent servir à l'Histoire. Mais l'Auteur ne s'y monlre pas meilleur Poète que les autres versifieaieurs de son temps. À la fin est ajouté un petit poème elegiaque, qui fut présenté à la table du mêtue Prince. Il roule sur le mystère de Noël, et ne contient d'ailleurs aucune beauté Poétique.

cmu.b. t. 3. par. ' Canisius est le premier qui ait tiré de l'obscurité ces deux t. p. 151-no. pieces (je la Muse de Vippon. Elles sont placées au second volume de ses Lectiones antùjuœ, d'où elles ont été transportées au III volume de la nouvelle édition du même recueil par M. Basnage, qui a fait quelques légères observations., put ib. p. us- 3°. ' A la fin de l'Histoire de l'Empereur Conrad, l'Auteur ***' a ajouté un chant luguhre sur la mort de ce Prince. En par-

lant de celui qui l'avoit fait, il ne le désigne que par ces termes quidam de ?wslri$. Mais il n'est autre que Vippon lui-mêvipp. ib. p. 488. me ' qui se sert de la môme expression pour designer l'Auteur du Tetralogue, ou panégyrique du Roi Henri, fl en rapporpan. p. 167. te à cette occasion deux vers, ' qui se lisent un peu différemment dans le corps du poème: ce qui porte à juger, qu'il le retoucha dans une seconde édition, qui suivit son Histoire vu. cod. p. 4*3. de Conrad le Salique. ' Vippon présenta le chant lugubre, dont il est ici question, au Roi Henri, lorsqu'il étoit à Constance. La pièce contient neuf strophes chacune de dix petits vers rimés. Mais l'Editeur en la faisant imprimer a joint deux vers ensemble dans la même ligne : de sorte qu'au premier coup d'œil on les premiroil pour de grands vers, et les strophes pour n'en contenir que cinq.

Pab. *a. ui. i. a. 4° ' M. Fabricius, tout à la lin du III livre de sa Bibliop. 1 un. théque latine du moïen âge, a publié un recueil de Proverbes, que le Prêtre Vippon dédia à Henri fils de l'Empereur Conrad, comme porte le titre. Ce sont de courtes Sentences choisies, qui tendent à former les bonnes mœurs, et que l'Auteur a exprimées en cent cinquante espèces de petits distiques rimés, mais sans aucune mesure uniforme. Les vingtcinq derniers roulent par autant d'antithèses sur les vices et les vertus, dont le caractère de chacune est assez bien représenté. L'écrit est ingénieux et fort instructif, vipp. ib. p. 438. 5° ' Nous apprenons de Vippon même, qu'il avoit encore composé un autre poëme de cent vers, sur la rigueur extrême du froid qu'il fit en 1033, lorsque Conrad, à qui il le

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présenta, étoit occupe h reconquérir en Bourgogne les places, dont Eudes Comte de Champagne s'étoit emparé. Ce Poème ne paroit plus nulle pari.

&> ' Vippon avoit aussi formé le dessein d'écrire l'Histoire P. «1. de l'Empereur Henri le Noir. 'Il avoit même commencé à p. 4M. recueillir les mémoires nécessaires pour l'exécuter. Mais la mort le prévint apparemment, et ne lui permit pas de mettre la dernière maiu à cet ouvrage, (xm.)

HALINARD,

Archevêque de Lyon.

HISTOIRE DE SA VIE

HAlinard, ou Aluard, l'un des plus doctes et M»b. «t. t. ». f plus éloquents des hommes de son siècle, naquit en Bour- S.' n.'to! gogne sur la fin du siècle précèdent. Son pere étoit de Langres et sa mere d'Autun, l'un et l'autre de famille noble. II fut levé des fonds de baplême par Vautier Evêque d'Aulun, qui prit un soin parliculier de l'instruire. Aiant atteint l'Age d'adolescence, son pere le donna au célèbre Brunon Evêque de Langres, qui le fit chanoine de sa Cathédrale. Halinard trouva dans la ville des Ecclésiastiques vertueux, et des gents letréa pour le temps. Il s'attacha à eux, et faisoit de leur compagnie ses plus clieres délices. Comme il avoit beaucoup d'esprh et une grande inclination pour la vertu, il ne fut pas long-lemps inférieur aux autres en science et en pielé.

' Ces heureuses dispositions, jointes à son excellent carac- «»• »•>• n. *. tere lui concilièrent l'aftèction de Lambert, successeur de Brunon, qui pensoit à l'élever aux dignités ecclésiastiques. Mais Halinard méprisant tous les avantages apparents du monde, se retira à saint Bénigne de Dijon, où malgré tout ce qu'il eut A soutfrir à ce sujet de la part de ses parents, et même de l'Evêque Lambert, il s'engagea dans la profession monastique, il devint bien-tôt l'exemple et le modèle de ses frères. ' Le B. Guillaume Abbé de la Maison, charmé de ses pro- p. m. •■

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grès, l'en élablit Prieur, el au bout de quatre ans lui laissa par sa mort la dignité d'Abbé, qu'il fut contraint d'accepter malgré sou humble résistance. Pour en remplir dignement les fonctions, Halinard donna une nouvelle application à l'Etude. 11 avoit tant d'ardeur pour la lecture, qu'on lui voioit loûjours, même dans ses voiages, un livre à la main. Il lisoit les Auteurs profanes, comme les autres ; mais il ne prenoit des premiers que ce qu'il y avoit d'utile, et laissoit le reste comme nuisible. Il se fit par-là un fonds admirable de literature tant ecclésiastique que séculière, el se rendit habile dans l'intelligence de l'Ecriture, le Droit ascétique, la science des Lnix, et les subtilités de la Philosophie. Cette grande érudition étoit soutenue en lui par une rare éloquence. De sorte que les discours qu'il faisoit ï\ ses frères, étoient aussi agréables qu'instructifs.

i . 37. n.4. i Gi»b. Tant d'éminenles qualités le firent aimer et honorer dos 5 c 4" Papes, des Empereurs <t des Rois. Henri le Noir, Roi de Germanie et de Bourgogne, à qui Lyon obéissoit alors, affligé de voir cett ■ Eglise abandonnée, parle refus persévérant que saint Odilon de Cluni faisoit de se charger de sa conduite, voulut la donner à H;ilinard. Mais notre modeste Abbé scut adroitement éviter le coup, et. fit tomber le sort sur Odalric Archidiacre de Langres, qui la gouverna avantageusement depuis 1041 jusqu'en 1046.

Hm. fi. chr. p. ' Au bout de ce terme Halinard ne put refuser de lui suctsKM \ Mtt>. ib. p. ce(j(.,. j| jut dono ordonné la même année Archevêque de

Lyon, par Hugues Archevêque de B sançon. Son sacre se «ab. u>. n. 6. fit à Herbestein ' en présence du Roi, qui fournit tout ce qui p. 3S.39. o . 7. | étoit nécessaire pour la cérémonie. ' De-là ce Prince aiant

Pl«u. H. E.l. 59. prij} ja r0.|te de Rome IJajjn.1rcJ l'y suiyit d s'y ça exlrtV.

mentent aimer pour son éloquence et son affabilité. Il parloit effectivement avec beaucoup de grâce, sçachant prendre l'accent de toutes les nations, qui usoient d'une langue sortie de la Latine : c'est-à-dire qu'il parloit bien l'Italien, le françois et les autres langues vulgaires, qui commeiiç'ient dès lors à

Mab ib. se former de la corruption du latin. ' Les Romains firent

voir l'estime qu'ils avoienl conçue pour notre Prélat, en le demandant Tannée suivante à l'Empereur pour succéder au Pape Clément IL Mais Halinard le sçachant, évita d'aller à la Cour, jusqu'à ce que le S. Siège fut rempli.

P. 3». n. s. ' Léon IX y aiant été placé après Benoit IX et Damase

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