JOURDAIN , EVÊQUE DE LIMOGES
XI SIECLE. ' V
' ges, où il en prit possession. Il n'étoit tout au plus que Soù-
diacre , mais dès le Samedi de la mi-Carême suivant il fut ordonné Diacre et Prêtre, puis le lendemain Evêque. La cérémonie s'en lit à l'Abbaïe de saint Jean d'Angeli en Sainlonge, par Islon Evêque de Saintes, assisté de l'Archevêque de Bourdeaux, et de presque tous ses Suffragans.
Adcm. ib. Cette ordination faite ainsi sans la participation de l'Ar-
chevêque de Bourges, Métropolitain de Limoges, attira sur le Diocèse une excommunication , de la part d'un Concile qui se tint le Jour de la Pentecôte de la même année, et auquel se trouvèrent sept Archevêques, avec leurs Suiïragans et le Roi Robert. Cependant Jourdain trouva moïen de la faire lever, en faisant le voïage de Bourges , accompagné de cent tant Clercs que Moines, tous nuds pieds.
p.m. i Gauf. vos. ' Le pèlerinage de Jérusalem étoit alors une dévotion à la mode. Jourdain, à l'exemple de plusieurs autres Evêques, qui l'avoicnt déjà fait, l'entreprit en la compagnie d'Isembert Evêque de Poitiers, de grand nombre de Seigneurs,
Ganf. vos. ib. n. et d'une multitude de peuple. 'Après son retour il fit faire
î.VV^»34b "°v ^a Dédicace de l'Eglise du Sauveur dans sa ville épiscopale, le dix-septiéme de Novembre 1028. A cette cérémonie assistèrent neuf autres Evêques, avec l'Archevêque de Bour-
ub. ib. t. «. P. deaux, qui tous au nombre de onze ' tinrent un Concile,
779- dont le principal objet étoit l'apostolat de saint Martial.
Jourdain y opina, comme les autres, en faveur de ce senli-
Gau. chr. ib. v. ment favori des Aquitaines. ' Il y avoit cependant été fort opposé auparavant ; voulant s'en tenir à l'ancienne tradition, qui n'avoit jamais mis ce Saint qu'au nombre des Confes-
Lab. ib. seurs. ' Mais le Pape Jean XIX aïant décidé le contraire, notre
Prélat se conforma ensuite à sa décision.
p- ' Au bout de trois ans, le dix-huitiéme de Novembre
1031, se tint un autre Concile dans la même ville, encore plus célèbre que le précèdent. Jourdain en fit l'ouverture par un discours, où il expose les divers sujets qu'on y devoit discuter, et continua dans la suite à y faire un des princi-
9u°'io68 9 g fî* Paux Personni,ges. ' Il assista l'année suivante à un autre Con-
chî. do?!.1**}", cile, qui se tint à Poitiers, et mourut en 1052, après avoir
8'5- gouverné avantageusement son Eglise, l'espace de vingt-
huit ans et quelques mois. 11 fut enterré à l'Abbaïe de saint Augustin hors la ville. Ce qui nous reste de ses écrits, se réduit à peu de chose.
1°. * Il y a de lui une assez longue letre au Pape Benoit > aPP. P. m 163. VIII,. au sujet de l'apostolat de saint Martial. Elle est intéressante, en ce qu'elle nous apprend d'une part, l'origine de cette opinion singulière, et de l'autre, la condradiction qu'elle eut d'abord à souffrir. Jourdain y avertit le Pape, auquel il prévoioit qu'on s'adresseroil pour l'autoriser, que c'étoit l'Abbé de saint Martial qui l'avoit fait naître, à dessein de donner par là un nouveau relief à son Eglise, et de l'élever, s'il pouvoit, au-dessus de la Cathédrale. Que le Roi Robert, le Duc d'Aquitaine, les Archevêques de Bourges, de Bourdeaux, de Tours et tous leurs suffragans, au nom desquels il a l'honneur de lui écrire, comme en son propre nom, pensent tout autrement. ' Qu'il est vrai, qu'on regardoit saint p. i6*-iô3. Martial comme un des soixante-douze Disciples, ce qu'il prouve par plusieurs traits de sa fausse Légende qu'il copie; mais qu'on ne l'avoit jamais honoré que comme un Confesseur. ' En conséquence il prie Benoît de s'armer de fermeté, p. 163. pour ne rien décider contre la Tradition, et lui faire sçavoir ce qu'il en pensoit lui-même; ajoutant, que s'il étoit assez osé pour faire ce que ses Prédécesseurs, Grégoire, Clément, Boniface et tant d'autres n'avoient pas fait, la faute en relomberoit sur lui.
La letre est sans date : mais il est visible qu'elle fut écrite peu de temps après l'ordination de Jourdain, c'est-à-dire, dans le cours des premiers mois de l'année 1024. C'est ce qui paroit en ce qu'elle est adressée à Benoît VUI, mort le dixième de Juillet de la même année, ' et que ce fut Jean <^<>c. a», p. bsg- XIX son successeur qui y fit réponse. Réponse où ce Pape établit l'apostolat de saint Martial, malgré les raisons de notre Evêque, et déclare que c'est être extravagant que de s'y refuser.
2°. On a recueilli dans les actes du Concile tenu à Limoges en 1031, plusieurs discours qu'y fit notre Prélat. Les principaux sont les suivants : relation abrégée de l'autre Lab. ib. P. 779. Concile, qui avoit été célébré dans la même ville et sur le 780' même sujet en 1028 ; ' Homélie sur ces paroles de l'Evan- p. 7*1. ist. gile selon saint Luc : Le Fils de i homme est venu pour chercher et pour sauver ce qui étoit perdu ; ' éloge des Monastères P. 790. du Diocèse de Limoges.
3°. ' Enfin on a imprimé deux petits écrils de Jourdain. g»h. ci.r. ib. p. L'un n'est qu'une simple donation en faveur de son Eglise, ,7i'm
XI SIECLK.
Mali. ad. t. I . p.
Boll. 29. jau. p.
Mab. an. I. 5V n.
Flor. bib. par. 1 .
Boll. ib. p. 9*4-