JOURDAIN, EVÊQUE DE LIMOGES
dans laquelle il nous apprend une partie de sa généalogie ; mais l'autre est un monument très-honorable à sa mémoire. Il porte pour litre : Accord entre Jourdain Evêque de Limoges, et Guillaume Comte de Poitiers. Le début de la pièce est d'un excellent goût à tous égards. Le dessein principal que s'y proposoit le pieux Evêque, étoit d'écarter toute simonie dans l'élection de son Successeur, et de prendre de justes mesures, pour que cette élection se fit suivant les règles. ' Après la mort de Jourdain son Chapitre écrivit au même Comte, une courte, mais belle letre dans le même dessein.
Il faut rapporter vers le milieu de ce siècle, ou peu après, un Moine anonyme de saint Gildas de Ruiz au Diocèse de Vannes ; ' quoique Dom Mabillon l'ait placé en un endroit de ses écrits, dès les premières années du même siècle. • 11 n'écrivoit effectivement que vingt ans après, des événements arrivés en 1024, ou 102G. C'étoit un homme de mérite et de sçavoir, qui avoit le talent d'assez bien écrire pour son temps. ' 11 se représente comme étant du païs-même ; et il paroit qu'il remplissoit quelque emploi, ou aignité dans son monastère.
On a de lui une vie de saint Gildas, premier Abbé du lieu, mort en 565. Notre écrivain étoit bien éloigné de ce temps-là, pour réussir dans son entreprise. Nous n'avons au reste rien de meilleur pour l'histoire de ce Saint; et il est à croire, que ce qu'il nous en apprend, il l'avoit tiré en par-
Mab. ac
. ACl. il), p.
sein. Néanmoins il donne trop dans le merveilleux. ' Ce qu'il y a de meilleur dans son écrit, et qui lui a mérité le titre d'Auteur grave et digne de foi, sont les événements arrivés de son temps, ' entre lesquels il y en a qui avoient échappé à l'historien Aimoin : tel qu'est la mission du B. Félix, envoie de Fleuri pour rétablir l'Abbaïe de saint Gildas.
Cet ouvrage a été publié pour la première fois dans la Bibliothèque de Fleuri sur un manuscrit de ce même Monastère. ' Bollandus l'a fait ensuite réimprimer sur l'édition précédente, et l'a illustré de ses observations. Enfin ' Dom Mabillon l'a donné à son tour avec de nouvelles remarques, sur un manuscrit de saint Gildas de Ruiz, plus correct et
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XI SIECLE
plus entier que celui de Fleuri. Cependant il manque quelque chose dans toutes ces éditions, à la fin du texte de l'Auteur.
L'Auteih anonyme de la Chronique de saint Bénigne de Dijon appartient au même temps ; puisqu'il n'a point poussé son ouvrage au-delà de la mort de l'Archevêque Halinard son Abbé, c'est-à-dire, au-delà du mois de Juillet 1052. 11 avoit du mérite, de l'esprit, une certaine connoissance de l'histoire, et encore plus de talent pour bien écrire que l'Anonyme précèdent. ' Son pere en l'offrant au monasfe- sPk. i. i.p. «o. re de saint Bénigne, y fit suivant la coutume une donation considérable. C'étoit au temps du B. Abbe Guillaume. 'Ha- p.*6i. linard lui aiant succédé, prit un soin particulier de former notre Ecrivain à la vertu, de quoi celui-ci a cru devoir lui marquer sa reconnoissance. Il l'a fait sur-tout ' en consacrant p. «1-471. à sa mémoire la fin de son ouvrage, où il nous a donné avec beaucoup d'ordre et une juste étendue l'histoire de ce grand Prélat. C'est de là que nous avons tiré presque tout ce que nous avons dit de lui dans son éloge.
Quoique le but principal de son ouvrage soit de faire connoître l'Abbaïe de saint Bénigne, l'Auteur a néanmoins sçu le rendre plus interressant, en liant cette partie d'histoire avec l'Histoire ecclésiastique et civile de la Province* de Bourgogne. ' Il le commence en remonlant jusqu'au temps p. 353-356. de saint Bénigne, Patron de son Monastère. 11 est vrai, ' qu il jonrn. d« sç. n'a pas réussi à nous donner exactement la vie et le martyre 1695 p- 75de ce Saint, comme M. Boulliau l'a montré dans une dissertation faite exprès, et imprimée à Paris en 1657. Il est encore vrai, suivant la remaroue du sçavant Adrien Valois, que notre Auteur n'a pas été entièrement fidèle à copier les anciens Historiens, dont il s'est servi, tels que sont Grégoire de Tours, Fredegaire et autres. Mais il est exact en ce qu'il a écrit des événements de son siècle, et même de ceux qui Pavoient précédé de plusieurs années. L'histoire qu'il a faite du B. Guillaume son Abbé, et celle d'Halinard son successeur, insérées l'une et l'autre dans sa Chronique, sont fidèles et assez bien remplies. On trouve dans la première quantité de faits qui avoient échappé à l'Historien Glaber.
' Le P. Bouvière Jésuite avoit déjà imprimé une partie R«om. P. «»6de l'ouvrage de notre Chroniqueur, c'est-à-dire, ce qui con- ,70' cerne l'histoire du B. Guillaume de Dijon, ' lorsque Dom sPic. u>. p. 353.