CHANOINES DE LIEGE
XI SIECLE
L'ouvrage d'Anselme a eu un sort plus heureux, que celui de son confrère. C'est encore une Histoire des Evêques de Liège, sur le même plan que celle d'Alexandre. ' Anselme p. ms. l'entreprit par ordre de ses supérieurs, qu'il ne désigne au'en ces termes, ptiorum loti istius, et y mit la main dès 1056. ' 11 Leod. hi< t. 1. Vt. parle un peu plus clairement dans sa préface général», où il nous donne à entendre, que ces supérieurs étoient Annon Archevêque de Cologne , son Métropolitain , et l'Abhesse Ide, dont il a été fait mention. Peut-être y doit-on joindre aussi Theoduin Evêque de Liège. De tout ceci, et de ce qui a été dit au sujet d'Alexandre il est naturel de conclure, que son ouvrage n'aïant pas été goûté l'on engagea Anselme à en composer un de sa façon.
' Anselme s'y prêta ; et soit pour faire honneur à son con- Mart. ib. P. 8*3. frère, ou autrement, il s'attacha à suivre le même ordre qu'il avoit suivi. Comme Alexandre, ' il a divisé son ouvrage en i»î». ib. deux parties, dont la première contient l'histoire des vingtsept premiers Evêques de Liège telle qu'elle étoit sortie des mains d'Heriger, Abbé de Laubes son Auteur. Seulement, comme elle étoit écrite tout de suite sans aucune division, Anselme la partagea en chapitres, et mit à chacun son titre. Dans la seconde partie de l'ouvrage, il a fait l'histoire des autres Evêques de Liège, jusqu'à Vazon inclusivement , et n'y a fait entrer, comme il l'assure lui-même, que ce qu'il avoit trouvé dans des écrits antérieurs, ou appris de personnes di- . gnes de foi, ou enfin vu par lui-même. ' 11 ajoûle ailleurs, Ma«. u>. p. «43. qu'il avoit principalement puisé pour cette seconde partie dans l'ouvrage d'Alexandre. ' Aïant mis la dernière main à Leod. m», a», son Histoire, il la dédia à Annon II, ordonné Archevêque de Cologne l'année précédente 1055.
' Cet ouvrage, tel que nous venons de le représenter, se m»*. u>. P. s», trouve entier dans un manuscrit de M. le Baron de Crassier n' *' à Liège, qui appartenoit autrefois à l'Abbaïe de saint Hubert, et qui est ancien de plus de six cents ans. Il remonte par conséquent jusqu'au temps d'Anselme, et doit servir de règle, pour lever les difficultés que la critique pourroil faire naître sur l'attribution de cet ouvrage à tout autre Auteur. Cependant' Dom Martene et Dom Durand, qui ont fait cet- P. 837-»i«. te découverte, n'ont jugé à propos avec raison de publier que la seconde partie de l'ouvrage. On ne peut douter sur la preuve qu'on en vient d'apporter, qu'il ne soit le propre
v. 476 ALEXANDRE ET ANSELME.
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écrit d'Anselme, el tel qu'il le donna lui-même au public.
Lsod. hig. ib. p. L'édition de Dom Martene fait voir clairement , que ' ce
99"318' qui est imprimé sous le nom d'Anselme, dans le premier vo-
lume du recueil de Chapeaville, n'est qu'un abrégé de l'ouvrage de notre Historien. Celui qui l'a dirigé l'a fait de telle sorte, qu'il y a le plus souvent conservé les propres expressions de l'Auteur original. Mais en abrégeant la préface qui est à la tête de la seconde partie, il a pris la licence d'y nom-
Mart. ib. P. 843. mer Anselme, ' au lieu d'Alexandre qui se lit dans le texte qu'il abrège. 11 a laissé d'ailleurs des articles entiers sans y toucher: entr'autres l'article de saint Theodard; et la préfa-
uod.his. ib. pr. ce générale de l'Auteur à l'Archevêque Annon, ' que Chapeaville a placée à la tête de son recueil , immédiatement après son avertissement au Lecteur, et avant l'index. Anselme se nomme lui-même dans l'inscription de cette préface, et s'y qualifie le dernier des Prêtres.
La nouvelle édition de son ouvrage doit particulièrement faire plaisir aux sçavants en ce qu'ils y ont son texte pur et entier : au lieu que le premier Editeur ne l'avoil donné que tronqué, et tellement mêlé avec les additions de Giles d'Orval, qu'on a peine à distinguer ce qui est de lui, de ce qui appartient à Anselme. On ne sçauroit trop priser la seconde partie de l'ouvrage qu'elle contient. L'Auteur a porté l'attention à y recueillir avec beaucoup de candeur et de bonne foi, non-seulement tout ce qu'il a connu de l'histoire ecclésiastique de Liège, mais aussi les principaux événements qui concernent son Histoire Civile. 11 a été sur-tout soigneux d'y faire entrer quantité de traits propres à nous faire connoître les gents de letres, et le zélé avec lequel on cultivoit les sciences. Les détails où il entre sur celte matière avec une sorte de complaisance, montrent un Auteur qui aimoit FE-
fcw. tude, et qui desiroit animer les autres à s'y appliquer. ' 11 fait
voir aussi, qu'il n'étoit pas sans quelque critique, en réfutant dans sa préface générale l'opinion où étoient quelques-uns, que S. Ebergise Evêque de Tongres, l'avoit été aussi de Cologne en même temps, et qu'il n'étoit autre que saint Severin de Cologne.
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