THIERR1, ABBÉ DE S. AUBIN
qu'il compte 1057, parce qu'alors la nouvelle année necom-
•lil ib. p. 3«.- mençoit que le lendemain jour de Pàque. ' Il est. constant par
m 3' son écrit , que le corps de S. Vulfram n'avoit point été transporté de Fontenelle ailleurs, avec ceux de saint Vandrille et de saint Ansbert : Ce que l'Auteur relevé fort bien, contre ceux qui prétendoient le contraire. Outre le Chanoi-
,.. 3i*. ne Thetbauld, dont il a été parlé , ' notre Historien nous fait
connoîtrc un Archidiacre de la même Eglise, nommé Hugues, qu'il nous donne pour un personage, qui réunissoit à un grand sçavoir beaucoup d'éloquence. Aussi étoit-il chargé du ministère de la parole.
spie. i 3. P. s** ' Cette Histoire est imprimée en partie au III volume du Spicilege de Dom d'Acheri, à la suite de la Chronique de Fontenelle, ou saint Vandrille. Mais il n'y a que le commencement avec une suite jusqu'à l'arrivée des Reliques dans la
n&b. ib. p. au ville de Rouen. ' Dom Mabillon a donné depuis cette partie en son entier, sur un manuscrit de saint Vandrille, après en avoir cependant supprimé quelque chose du commencement.
m 3«i«t. ' Il en a usé de même à l'égard de la seconde partie, c'està-dire de celle où l'Auteur reprit son ouvrage pour le continuer. Cet Editeur n'en a publié que des endroits choisis en-
Boti. ib. p. tre le commencement et la fin de la seconde partie. ' Les successeurs de Bollandus de leur côté ont imprimé toute cette seconde partie, avec ce qui se trouve de la première dans le- Spicilege, mais sans la suite qu'en donne Dom Mabillon. De sorte qu'il faut recourir à ces deux dernières éditions ensemble, pour avoir entier et complet l'ouvrage de notre Historien. Nous crojons sans difficulté que cet Ecrivain n'est autre que l'Auteur d'une chronique du même monastère, dont il sera parlé ci-après.
P. »«3-i«.\. ' A la suite de l'écrit précèdent les Bollandistes ont ajouté
une autre relation des miracles du même S. Vulfram opérés à Abbeville, où I'Aiîte r r, qui étoit du pais, suppose qu'on avoit ses Reliques. On avoit anciennement la même prétention ailleurs, ce que l'Historien précèdent s'est attaché à réfuter, comme il a été dit. Celte circonstance peut faire douter, si la relation dont il s'agit ici, ne précéda pas celle du Moine de S. Vandrille, ou si elle n'est venue qu'après qu'on eut obtenu à Abbeville quelque partie des neli-
p t«a n. 7. ques du Saint. Ce qu'il y a de certain, ' c'est qu'elle n'a été écrite que lorsque la Neustrie portoit le nom de Normandie.
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Pape.
HISTOIRE DE SA VIE
't^tIcolas, dont le premier nom étoit Gérard, ou u*h. t. 3. ». «3 1 il Girard, nâquit en Savoie, qui faisoil encore alors ï^p. , BniJ; partie du roïaume de Bourgogne, ce qui l'a fait surnommer s0™*^' pPl)^ quelquefois le Bourguignon. Telle est l'opinion de tous les *«<• »• p. w* Modernes touchant la naissance de ce Pape. Cependant a Ger- »• 9 p vais ArcheYêaue de Reims, lui écrivant à lui-même, le fait souvenir que la France étoit sa patrie, et qu'elle l'avoit donné à Rome pour remplir le S. Siège. ' Gérard étoit suffisam- p«ir. o»m. 1. 3 ment letré, d'un esprit vif, de mœurs pures au-dessus du ÎS»!,,1. soupçon, et fort aumônier. On ignore les autres premiers traits de son histoire.
De France il passa en Italie, on ne sçait à quelle occasion, ' et devint ensuite Evôque de Florence. Il succéda 1^. ib. dans cette dignité à Athon vers l'année 1046, et se fit une réputation avantageuse dans le gouvernement de son diocèse.
On loue en particulier la faveur qu'il accorda à divers éta- i>. si-m. blissements religieux, qui y furent faits alors. ' Son épiscopat 1». »* fut marqué par la mort de deux Papes, Victor II et Etienne IX, qui moururent consécutivement à Florence, et furent enterrés dans sa Cathédrale. Gérard ne s'attendoit pas apparemment à remplacer ce dernier. C'est néanmoins ce qui arriva, de la manière qu'on le va voir.
Mais avant que la chose s'exécutât, l'Eglise souffrit un schisme, qui dura environ dix mois. ' Si-tôt que la nouvelle ivtr. Dam. u». 1 de la mort d'Etienne fut portée à Rome, Grégoire comte de m. V Tusculum, et Girard de Galère, voulant lui donner un suc- "j™- 1 " cesseur, s'assemblèrent de nuit avec quelques-uns des plus puissants de la ville, gagnés par argent et une troupe de cents armés, et élurent pour Pape sous le nom de Benoit, Jean Evêque de Veletri, homme sans esprit, sans letres, sans mérite. Pierre de Damien et tous les autres Evê-
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ques Cardinaux, avec presque toul le Clergé, s'opposèrent hautement à cette faction, et prononcèrent analheme contre ses Auteurs. Néanmoins le parti des Schisma'iques se trouvant le plus fort, prévalut.
c»*s. chr. 1.2. .-. ' Au bout de quelques mois Hildebrand, Sousdiacre de la p«r. D»m.cib.3 1 sainte Eglise Romaine , étant de retour de sa légation d'Allemagne , et aïant appris ce qui s'éloit passé n'oublia rien pour y apporter un prompt remède. Non seulement les Canons avoienl été violés dans la prétendue élection ; mais on y étoit encore allé centre la défense expresse du Pape Etienne, oui du consentement des Evêques, du Clergé et du peuple romain a voit ordonné <;u'à sa mort on ne lui donneroit point de successeur que par le conseil d'Hildebrand. Hildebrand, qui s'étoit arrêté à Florence, écrivit aux Romains les mieux ink-nlionés, et aïant reçu leur consentement sans restriction, il élut Pape Gérard Evêque de Florence. Bar. a». 1058. «. ' Celte élection se fit à Sienne le vingt-huitième de ïïec?m- «ip»«i.an.i06i. ^ jq^. el je nouveau pape prit le nom de Nicolas II.
conr. ib P. 1090. ' Aussi-tôt de l'avis d'Ilildebrand il envoïades Déj: utés à l'Impératrice Agnès, afin quelle engageât le Roi son fils à approuver la nouvelle élection. La chose réussit, et Godefroi Duc de Toscane eut ordre de conduire Nicolas à Rome, et d'en expulser l'Intrus.
Bar. an. io»9. n. ' Cependant pour ne rien précipiter, le Pape prit le parti î rhr. i. a. ^ (emp aUparavPI,j un Concile à Sulri, ville du Patrimoine, où se trouvèrent les Evéques de Toscane et de Lombardie, avec le Duc Godefroi et 1>- Chancelier Guibert. Là fut déposé et excommunié l'Anli-Pape Benoit, qui voïant que son parli ne se pouvoit plus soûlenir, quitta le S. Siège, et se retira comme persoue privée en sa maison. On étoit au mois de Janvier 1030; el Nicolas aïant appris la démarche de son compétiteur, alla à Rome, avec les Cardinaux et le Duc Godefroi, mais sans gents armés. Il y fut reçu par le Clergé et le peuple avec 1 honneur convenable, et inthronisé suivant la coûtume. Quelques jours après, l'Anti-Pape vint se présenter à Nicolas «jui le voïant humilié et repentant de sa faute, leva l'excommunication prononcée contre lui : mais à condition qu'il demeureroit à Sainte Marie-Majeure, déposé de l'épiscepat et de la Prêtrise. Ainsi finit le Schisme, après avoir duré un peu moins de dix mois.
lier. c. 1.
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Concile, auquel assistèrent cent treize Evêqucs, avec des Abbés, des Prêtres et des Diacres, tl y fut fait plusieurs décrets importants, dont il sera parlé dans la suite. ' Le pre- iiu*. fi. chr. P. mier tend à prévenir les schismes de l'élection des Papes à ,9i ,93venir, et prescrit à ce sujet de fort sages conditions. ' On y Oui'-, ib. p. 1099proscrivit les mariages, et l'incontinence des Prêtres et au- ,lwl" très Clercs, la simonie et d'autres abus encore. ' Le Pape i . k»6. écrivit à ce sujet une letre aux Evêqucs, aux Abbés, aux Clercs et à tous les Fidèles du roïaume de France, particulièrement d'Aquitaine et de Gascogne, et leur y notifie une partie de ce qui avoit été ordonné , en y ajoutant quelques autres règlements pour le maintien du bon ordre.
' A ce Concile de Kome se trouva le fameux Berenger de Lanf.ib. «•„ %. t. Tours, qui y abjura son erreur touchant l'Eucharistie, et jetta lui-même au feu en pleine assemblée les écrits qui la contenoient. Sa conversion , qui n'étoit qu'apparente , comme il parut par la suite, donna tant de joie au Pape, qu'il envoïa aussi-tôt sa profession de foi à toutes les Eglises d Italie , de France et d'Allemagne , pour y reparer le scandale que son erreur y avoit causé.
' Ce zélé Pontife désirant d'extirper par-tout la simonie et conc. ib. p. iouil'incontinence des Clercs , qui deshonoroient l'Eglise depuis ««Pf ïSt' long-tems, et d'établir à leur place la bonne discipline, prit p*r-1 p
toutes les mesures possibles pour y réussir. C'est ce qui paroît tant par le peu de Letres qui nous restent de lui , et les Conciles qu'il tint, que par ceux que ses Légats tinrent en France , en Italie et ailleurs , ' scachant que ces deux vices Bêr. «... iom. n. régnoient principalement dans l'Eglise de Milan, il y envoïa " Pierre de Damien et Anselme Evêque de Luques, depuis Pape sous le nom d'Alexandre II , qui les combattirent avec quelque succès. Le premier de ces Légats, voulant concourir encore d'une autre manière à détruire ces deux vices , ' pu- p«-tr. Dam. opU>c. blia deux traités, l'un du célibat des Prêtres , l'autre de l'ab- 11 19 dication de l'épiscopat , et les dédia à notre Pape.
' Peu de temps après le Concile de Rome, Nicolas fit un i;Ur. ib. n. es. ts i vuïageen Pouille, où les Princes Normans I'avoient invité à f3a,u>cï mJ^mA'. venir recevoir leurs soumissions, et les reconcilier à l'Eglise. :'• *: p *!' J
, * 1 t.'jiic. I" p. 1091.
Le Pontife étant arrivé à Melfe, y fut reçu avec beaucoup d'honneur, et y célébra un Concile où se trouvèrent cent Evè<jues. On y renouvella les Décrets de celui de Rome, nommément ceux qui concernent l'incontinence des Clercs,
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gui aux termes de Guillaume de la Pouille, Historien Normans , étoit toute commune dans le pais. Après quoi les Princes Richard et Robert Guischard , s'étant présentés devant le Pape, remirent en sa libre disposition toutes les terres de saint Pierre , dont ils s'étoient emparés. De son côté le Pape leva l'excommunication qu'ils avoient encourue , et les reçut aux bonnes grâces du S. Siège. Et afin de les attacher davantage à l'Eglise Romaine , qui en pouvoit tirer de
rnds services, il céda, à la reserve de Benevent, toute Pouille et la Calabre à Robert Guischard, qui en étoit déjà en possession, l'honora du titre de Duc, et lui confirma ses prétentions sur la Sicile , qu'il avoit commencé de conquérir sur les Sarasins. De même, il confirma à Richard la Principauté de Capoue , dont il s'étoit emparé sur les Lombards. Au moïen de quoi ces deux Princes prêtèrent serment de fidélité entre les mains du Pape , et se rendirent Vassaux du S. Siège , avec pfomesse de lui paier une redevance annuelle. Telle fut l'origine des Roïaumes de Naples et de Sicile ; et tel fut le fondement du droit des Papes sur ces deux Royaumes.
couc. ih. P. uov ' Nicolas aïant réglé tout ce qui concemoit le patrimoine «or i Nor. ib je geneven^ ou il tint un Concile au mois d'Août , retourna à Rome jouir quelque temps du fruit de ses travaux. p<tr. d»i.i. i i. ' Tant d'heureux succès rendirent illustre son Pontificat , et procurèrent à l'Eglise une paix et une agréable tranquillité , dont Pierre de Damien crut devoir féliciter ce bon Pape , ugii. ib. n. m i qui ne vécut pas long-tems après. ' Comme il avoit retenu Si*- Rom iw lEvêché de Florence, il y faisoit de temps en temps quel- Jï, 1 1 p ques voïages. Ce fut là qu'il mourut, après avoir tenu le S.
siège deux ans, six mois et quelques jours; quoique d'autres prétendent qu'il mourut à Rome. Il n'y a point de contestation touchant l'année de sa mort, que tout le monde s'accorde à mettre en 1061. Mais les Ecrivains sont fort partagés au sujet du jour et du mois qu'elle arriva. Quelques uns la placent dès le septième de Juin, d'autres seulement vers la fin du même mois, ceux-ci le troisième de Juillet, pJgi. «... mi ' ceux-là enfin le vingt-deuxième du même mois ; et c'est l'opinion qui nous paroil la plus sûre, comme la mieux disculée. wgh. ib. P. 84.93. 'Le corps de notre pieux Pontife fut enterré dans l'Eglise de sainte Reparate, qui est la Cathédrale de Florence, où ses deux prédécesseurs immédiats avoient déjà leurs lom-
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