‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 148 sur 214 · EVÈQUE DE BLANCHE-SEL VE · texte numérisé non relu

EVÈQUE DE BLANCHE-SEL VE

XI SIECLE

Le premier écrit de notre Cardinal fut sans succès. Mais le second eut un heureux effet. Nicetas l'aïant lu, fut touché de ses raisons, ouvrit les yeux à la vérité, et renonça au Schisme. ' De sorte que les Légats étant allés au monastère de Stu- codc t. o. p. 991. de, le jour de la S. Jean-Baptiste, vingt-quatrième de Juin 1054, Nicetas anathématiza l'écrit publié sous son nom contre le S. Siège et toute l'Eglise Latine. Il souffrit même que l'Empereur, qui étoit présent à celte retractation, fit brûler son livre en présence de tout le monde. Et afin de montrer que sa conversion étoit sincère, il alla des le lendemain trouver les Légats à leur logis, et après en avoir reçu de nouveaux éclaircissements sur ses difficultés, il renouvella sa rétractation du jour précèdent. Les Légats de leur côté le reçurent en leur communion ; et il devint leur ami particulier.

' Au contraire le Patriarche Michel ne voulant ni leur ibui. 1 sig it>. .parler, ni même les voir, Us allèrent à l'Eglise de sainte Sophie le samedi, seizième de Juillet à l'heure de Tierce, au moment que le Clergé étoit préparé pour la messe. Là s'étant plaints de l'obstination du Patriarche, ils mirent sur le grand autel une excommunication en présence de tous les assistants. ' Puis étant sortis aussi-tôt, ils secouèrent la poussie- conc. .b P. m. re de leurs pieds suivant l'Evangile, pour leur servir de témoignage en criant : que Dieu le voie, et qu'il juge.

' Cependant la nouvelle de la mort du Pape Léon, qu'a- u>i<i 1 ca^. chr. voient reçu les Légats, les faisoit penser à leur retour. Ils allèrent donc prendre congé de l'Empereur, qui leur donna le baiser de paix, et les chargea de présents, tant pour eux que pour S. Pierre. Après quoi ils partirent fort satisfaits, Iedixnuitiérae du même mois. ' Deux jours après leur départ, le conc. it>. 1 u>. Patriarche Michel les fit rappeller sous un prétexte spécieux, afin de les faire donner dans un piège qu'il leur avoit tendu. Mais l'Empereur le leur fit éviter; et ils se rendirent assez heureusement à Rome.

' Entre les antiques curieuses qui sont dans le cabinet du hï*. d« ^'^«fc* Roi , l'on voit une belle Agathe , qui après avoir été fort p1!*™.' ' p"' long-temps dans le thrésor de l'Abbaïe cfe S. Evre à Toul, fut présentée au Roi Louis XIV, sur la fin de l'année 1684. On l'a regardée autrefois, suivant la tradition de ce monastère, comme faisant partie des présents que le Cardinal Humbert avoit apportés de Constantinople. Alors on croïoit y

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appercevoir un S. Jean l'Evangeliste, enlevé par un aigle el couroné par un Ange. Mais on a reconnu depuis, que c'est une antiquité purement païene, et peut-être l'apothéose de Germanicus.

Ce qu'Humbert avoit été auprès du Pape Léon IX, il continua de l'être auprès de Victor II son successeur. L'aïant accompagné dans un voïage qu'il fit à Ralisbone en Bavière, Othlon Evêque du lieu eut occasion de cohnoitre ce grand Cardinal, de quoi il se faisoit un vrai mérite. On remarqua en cette même occasion, qu'Humbert étnit si touché de la corruption des mœurs de son siècle, sur-tout de celle qui regnoil dans les Cours des Princes, qu'il ne pouvoit s'empêcher de la déplorer hautement.

' Le Pape Victor indigné de ce que les Moines du Mont- Cassin avoient élu un Abbé, sans lui en avoir donné avis, et de ce que cette élection n'avoit pas, disoit-on, été faite suivant les règles, y députa notre Cardinal pour s'informer» de ce qui s'étoit passé, et faire justice. C'étoit à la Pentecôte de l'année 1057. Huinbert courut quelques risques en cette expédition. Les Serfs de l'Abbaïe, ameutés par quatre Moines, à l'insçu des autres, et s'imaginant qu'on étoit venu pour déposer leur Abbé, menaçoient de fâcheus&s suites. Mais le nouvel élu usant de prudence, appaisa le tumulte, et se déporta volontairement de son élection. Noire Cardinal assista à celle qu'on fit ensuite du Moine Frideric, ci-devant son Collègue dans la légation de Conslantinople, et depuis Pape, comme on l'a vû. Après cette cérémonie qui se fit le vendredi dans l'octave de la Pentecôte, ' il accompagna le nouvel Abbé en Toscane, où étoit alors le Pape , dont Frideric reçut la bénédiction abbatiale. Humbert ut à ce Pontife l'éloge de la bonne discipline qui s'observoit au Mont-Cassin, et expédia la Bulle que le Pape accorda à Frideric, pour confirmer son élection. L'on voit par là, que notre Cardinal faisoit alors les fonctions de Chancelier et Bibliothécaire de l'Eglise Romaine.

' A la mort de Victor II, le même Frideric, à l'avis duquel les Romains vouloient s'en rapporter pour lui donner un successeur, leur nomma d'abord le Cardinal Humberl, puis quatre autres, comme les plus capables de remplir le S. Siège. Mais les suffrages se réunirent en faveur de Frideric même, qui prit le nom d'Etienne IX ' et continua

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