‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 149 sur 214 · EVÊQUE DE BL ANCHE -SE LVE · texte numérisé non relu

EVÊQUE DE BL ANCHE -SE LVE

Humbert dans les dignités de Bibliothécaire et Chancelier. C'est en cette double aualité, qu'il souscrivit le privilège de ce Pape en faveur de 1 Eglise de Marsi.

' Toujours assidu auprès du nouveau Pape , Humbert Cm se trouva à sa mort, qui arriva à Florence après un pon- 101 tificat de très-peu de durée. Aïant appris qu'on avoit fait aussi-tiM à Home, en violant toutes les règles, une élection nui causa dans l'Eglise le schisme dont il a été parlé, et que les autres Cardinaux ses Collègues, qui s'y étoient opposés, avoient été obligés à se cacher, il se retira à Benevent. De-là il fut prié d'aller au Mont-Cassin, où il passa la fête de Pâque de l'année 10o8. ' Il y présida a l'élection de l'Abbé Didier, qui i t devint ensuite Pape sous le nom de Victor II f. Humbert étoit déjà lié d'amitié avec lui, et l'avoit autrefois fait connoitre avantageusement à Léon IX, dont il lui procura l'estime et la bienveillance.

La paix aïant été rendue à l'Eglise par l'élection canonique de Nicolas II, qui se fit tout à la fin de la même année, ' Humbert s'attacha au Pape légitime, et eut auprès de lui le v- > même crédit que sous ses trois iprédecesseurs. Lui et le Car- * fini, il Boniface , Evêque d'Albane , étoient aux termes de S. Pierre de Damien, comme les yeux de ce Pape. ' Hum- Com bert continua sous son pontificat les fonctions de Bibliothécaire et Chancelier de l'Eglise Romaine, comme on le voit par le privilège que Nicolas peu de jours après son élection accorda au monastère de Sainte Félicité près de Florence. ' 11 assista aux Conciles que le même Pape tint à Ro- f. i me, à Benevent, et sans doute aussi à ceux de Sutri et de Melfe.

' A celui de Rome de 1059, où le fameux Berenger re- Lauf connut ses erreurs, Humbert fut chargé de dresser la profession de foi qu'il étoit convenu de souscrire, pour preuve de la sincérité de son retour à la commune croïance de l'Eglise. Profession contre laquelle cet infortuné scholastique eut ensuite le malheur de reclamer, et d'en prendre occasion de charger d'injures atroces notre illustre Cardinal. Humbert n'étoit plus alors au monde. Mais il trouva en la personne du B. Lanfranc un puissant Apologiste, qui sçut faire retomber sur Berenger les traits dont il vouloit percer son innocent adversaire.

' Les Auteurs sont fort partagés sur le temps de la mort Cjw

NT

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do ce grand homme. Quelques-uns la renvoient jusqu'après Aih.rorâ. |>. 3i9|' l'année 1064 indistinctement, ce que d'autres étendent jusc... ,b. P. 7i. c. (ju,en 1Q73 Jean de fiayon Ecrjvain du XIV siècle, la

filace au contraire dès le mois de Mai 1061, et ajoûte (jue e Pape Nicolas prit lui-même soin d'enterrer notre Cardinal avec les honneurs convenahles, dans la Basilique de Constantin à Latran, auprès des corps de Sainte Rufine, et de itgh. ib. p. m. Sainte Seconde : ' ou plutôt comme le marque Ughelli des Saintes Vierges et Martyres Materne et Secondine. Ce qu'il y a de plus certain sur la date de cette mort, c'est au'on ne reir. i»am. optuc. peut la mettre plus tard qu'en 1063. ' Nous en avons la preu- !,f-7- ye dans les écrits de S. Pierre de Damien. Ce célèbre Ecri-

vain, citant le témoignage du Cardinal Mainard, lorsqu'il n'y avoit pas encore trois ans que le Pape Nicolas II étoit mort, et par conséquent après le mois de Juillet 1063, ou les premiers mois de l'année suivante 1064, le qualifioit dès lors Evêque de Blanche-Selve, où il succéda à Humbert. C'est ce cKh. ib qui s'accorde ' avec l'opinion d'Ughelli, qui la place avant

cai. ib. le septième de Mai 1063. ' Ce jour qu'il lui assigne, est le même

qu'y attache Jean de Bayon.

Toute la postérité a témoigné un extrême respect pour la ivir. ium. ib. I». mémoire d'Humbert. ' S. Pierre de Damien, qui aïanl vécu avec lui, en pouvoit parler sravamment, rapportant certains faits sur son témoignage, le qualifie homme d'une très-grande autorité, summœ auctoritatis vin' , et dont les paroles Lani. ib. portoient tous les caractères de vérité. ' Le B. Lanfranc fait

de lui en peu de mots un éloge, aussi pompeux dans les termes que vrai dans leur signification. Après avoir rehaussé son sçavoir, son orthodoxie, et sa persévérance dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes, il prend à témoin de ce qu'il avance toute l'Eglise Latine, qui en étoit bien instruite, ajoûte Lanfranc ; puisqu'IIumbert avoit toujours assisté, ou i. » p. même présidé à ses assemblées et à ses conseils. ' La mémoire d'Humbert, dit l'Evêque Atton, Historien de S. Jean Gualbert, qui écrivoit un peu moins d'un siècle après Lanfranc, est encore célèbre à Rome, et vit encore en nos jours dans une multitude de bonnes œuvres.

po*s. a,.p. ». i. P. ' Possevin donnant à Humbert deux divers articles dans son Apparat, l'un où il l'établit Moine de Toul , puis Cardinal , l'autre, où il le représente Légat à Constantinople, parolt en avoir fait deux personnes différentes.

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Nous nous sommes un peu arrêtés à l'Histoire de ce grand homme, sur la considération que personne jusqu'ici ne s'est donné la peine de recueillir de suite , et mettre sous un même point de vûe, ce qui peut le faire connoître pour ce qu'il a été.

g. II.

Ui va nt le témoignage de Lanfranc , l'érudition Lan!, in. lter. r. i. Od'Humbert étoit fort vaste. Il ne l'a point cependant emploïée à écrire beaucoup ; se bornant à le faire dans les occasions où le demandoient les besoins de l'Eglise : en quoi il a imité les Pères des premiers siècles, qui ne prenoient la plume que dans les mêmes cas de nécessité. L'on nous a ' conservé de sa façon les ouvrages qui suivent.

1°. ' Une Réponse à la Letre de Michel Cerularius, Pa- Humb. in. Gr P. triarche de Constantinople , et de Léon Evêque d'Acride, ï83"w Métropolitain de Bulgarie : la même oui étoit adressée à Jean Evêque de Trani en Pouille, et qu'Humbert avoit traduite en Latin, avant sa Légation à Constantinople. On ne comprend pas d'abord, quel fut le motif, ou la raison qui engagèrent notre Cardinal à écrire de nouveau contre cette Letre , que le Pape S. Léon IX avoit déjà réfutée, comme on l'a vû , et dont Humbert même et les autres Légats portaient la réfutation , qu'en avoit fait ce Pontife. Mais il put arriver deux choses, l'une desquelles suffisoit pour le porter à entreprendre ce nouveau travail. Comme ce fut à Constantinople au'il y mit la main , il put sravoir étant sur les lieux , ou que les Auteurs de la Letre faisoient des répliques verbales à l'écrit de S. Léon : ou qu'ils se plaignoient qu'il n'y avoit pas répondu en les suivant pied à pied. C'est pourquoi Humbert en y répondant à son tour, a suivi cette dernière méthode.

Après un petit préambule de bon goût, il rapporte par articles le texte de la Letre , et répond ensuite à chacun : imitant en cela ce qu'avoit déjà fait S. Augustin en réfutant les écrits de Julien d'Eclane. Humbert pour distinguer du texte de sa réponse celui de la Letre, eut soin de mettre des obéles à celui-ci , et des astériques au sien. ' Dans la suite, au %. «ri. c. iso. lieu de ces marques distinctives, on exprima à la tête du texte

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de la Letre le nom de Constantinopolilain , et celui de Romain à la tête du texte d'Hurabert. De sorte que cet écrjt ainsi dirigé , forme une espèce de Dialogue entre ces deux personnages. Il étoit tel dès le temps de Sigeberl, qui nous le représente sous ce titre.

Humbert sçavoit assés de Grec pour le pouvoir traduire. Mais il ne le possédoit pas suffisamment pour écrire en cette c iso. ir.i i conc. Langue. ' Il écrivit donc en Latin ; après quoi l'Empereur fit i. 9. p. 99i. 994. jra(jujre en Qrec sa réponse, par un nommé Paul et Smarag-

de son fils, et donna ordre qu on la conservât dans les archives de la Ville.

Nous ne nous arrêtons point à donner un extrait de cet

Fieo. h. e. i. co. écrit d'Humbert. ' M. l'Abbé Fleuri l'a déjà fait avec sa suffisance ordinaire ; et l'on peut prendre dans ce qu'il en dit une juste notice de tout l'ouvrage. Seulement nous observerons, (jue les matières sur lesquelles il roule, ne sont ni graves, ni fort importante*. Il s'agit d'y repousser les reproches , ou les calomnies, comme on les nomme, dont les Grecs Schismatiques chargeoient l'Eglise Latine, pour user du pain azyme dans le sacrifice de l'Autel , jeûner le Samedi, manger du sang et des viandes suffoquées; enfin interrompre le chant de Y Alléluia en Carême. Humbert dans sa réponse s'en est acquitté avec autant d'avantage que d'esprit , et en hom-

p«rP. de la f. i. me scavant. ' D'habiles Théologiens lui reprochent toutefois, d'attribuer aux Grecs certaines conséquences, qu'il tire de leurs écrits , comme si c'étoit des dogmes qu'ils eussent formellement soutenus. Il en use quelquefois de même dans

Bon. noi. auc. p. l'écrit suivant. 'Le Cardinal Bonajuce de son côté, qu'Humbertpar un trop grand zélé à défendre les Rits des Latins, donne quelquefois dans la minutie.

Humb. in Nie. p. 2°. 'Une réfutation de l'écrit de Nicçtas, surnommé Stêthatos par les Grecs, et Pectoralus par les Latins. C'éloit un Moine de Stude, fameux Monastère à Conslantinople même, qui étant venu à l'appui du Patriarche Michel et de l'Evêque Léon, faisoit à l'Eglise Latine les mêmes reproches qu'eux, et défendoit de plus contre son usage les mariages des Prêtres. Surquoi Humbert s'est cru autorisé d'accuser les Grecs

cow. ib P. io96. de l'hérésie des Nicolaïtes : ' qualification que le Pape Nicolas II donna depuis aux Clercs mariés dans une de ses Letres.

Comme l'écrit de Nicetas étoit d'un style un peu vif, et hérissé de pointes, Humbert lui répondit sur le même ton, et

renchérit

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