Tome VII. E e e e
versification la rudesse et platitude inséparables de presque toutes les autres pièces de vers du même temps. De sorte que si notre Prélat avoit laissé quelques autres productions de sa Muse, et qu'on eût été soigneux de nous les transmettre, elles ne seroient pas désagréables à lire, p. «s. «m. 139- 6. ' On nous a conservé plusieurs de ses Chartes, qui mé- "VJft^wM* ritent quelque attention. Quoiqu'elles soient particulièrement 1 1 des monuments de sa pieté, et de sa généreuse libéralité envers les Eglises et les monastères, elles ne sont pas indignes de tenir place entre ses écrits. Ce ne sont point de ces actes communs, qui ne contiennent que des formalités triviales et usées, exprimées en termes grossiers et barbares. On y découvre au contraire une habile plume, et un bon goût qui n'étoit pas ordinaire. Les dispositifs de celles en faveur du Chapitre de la Cathédrale du Mans, et de l'Abbaïe de Vendôme en particulier, annoncent même un Prélat, qui avoit une grande connoissance de l'Ecriture Sainte, et qui seavoit en faire un ingénieux usage. Outre les traits de son scavoir, on y eu découvre de sa modestie et de son humilité, qui prouvent que l'humeur dure et fâcheuse qu'on lui reproche, ne le dominoit pas toujours. Qu'il est aimable, qu'il est charmant de voir ce grand Prélat qualifier se3 Chanoines, ses tendres enfants, ses chers associés dans le service qu'ils rendoient en commun à l'Eglise du Mans !
7°. Il faut encore compter au nombre des écrits de Gercoiic ib. p. no8. vais, ' le discours qu'il fit au sacre du Roi Philippe, pour montrer que la dignité de Grand Chancelier, aïant appartenu aux Archevêques de Reims ses prédécesseurs, devoit lui Gaii. chr. ib. | être restituée. ' MM. de Sainte-Marthe et Dom Marlot attes- Htri. ib. p. «8. tent, que ce discours se trouve dans un manuscrit de l'Abbaïe de saint Thierri près de Reims ; et ce dernier auteur en a même imprimé un morceau. L'on a vû que le discours fut goûté, puisqu'il eut son effet. 11 ne paroit pas qu'on ait eu conc. ib. la même attention à recueillir ' l'autre discours qu 'avoit déjà fait notre Prélat à la même cérémonie, touchant le droit de sacrer nos Rois, et celui de primauté sur toute la Gaule, l'un et l'autre attaché selon lui à l'Eglise de Reims et à ses Archevêques. Cet autre discours ne seroit pas moins curieux, que celui qui roule sur la prétention à la dignité de Grand Chancelier.
A l'occasion de l'Archevêque Gervais, dont nous venons
de finir l'Histoire, en ce qui concerne ses écrits, nos Lecteurs ~~ ne seront pas fâchés, que nous disions un mot d'un prétendu Evêque de même nom, que l'on place sur le Siège d'Amiens, où il n'y en eut jamais. ' Cependant François Eximenez , Am. bib. hùp. i. Auteur Espagnol du XIV siècle , de l'ordre de S. François, 9 c' 7 n- 374 dans son traité du bon gouvernement des Princes et de la République cite sans hésiter ce prélendu Gervais en ces termes : Gervnsius Ambianensis Episcopus in suo O/ficiario. Ce qui prouve, que ce Gênais est un Ecrivain purement imaginaire et fabuleux, sont les autres prétendus personages qu'Eximenez cite encore avec assurance sous des litres pompeux : Luctorius Evêque de Beauvais, Audifax Conseiller de Pépin Roi de France, Amelius Général de la Cavalerie sous Charlemagne. Tous personages inconnus, avant qu'Eximenez les eût imaginés. (XIX.)