‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 158 sur 214 · Tome VU. D d d d · texte numérisé non relu

Tome VU. D d d d

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neuf ; et en étant venu heureusement à bout, il y fit revivre l'esprit de S. Benoit.

Mab. ii>. n. ss i Cette dépense ne l'empêcha pas ' de rendre le même juri. ib. P. i3«. servjce en J059 à TAbbaie de S. Denys, à un autre Fauxbourg de sa ville Archiépiscopale. Dans celle-ci Gervais mit des Chanoines Régulier», sous la Hegle de S. Augustin. C'est la première fois qu'il est parlé de celte Kegle, pour être observée en France par quelque Communauté. L'on a vu, que le Pape Nicolas II fit précisément la même année 1059 un Décret en faveur de l'institution des Chanoines Réguliers. De sorte que notre Archevêque a l'honneur d'en êlre le premier Instituteur en France, comme ce Pontife l'est en Italie. De l'établissement que Gervais en fit à saint Denys de Reims, et de celui que le célèbre Ives, depuis Evêque de Chartres, en fil quelques années après à saint Quentin de Beauvais, cet Institut , dont l'Eglise a tiré , et tire encore de grands avantages, se répandit dans les autres Eglises de France.

Mari. ib. p. 123 1 ' La Collégiale de saint Tiinothée à Reims, que l'Arche- Boii. m. ang. P. v.gqUe Adalberon avoit autrefois donnée à l'Abbaie de saint Remi, étant réduite à un seul Chanoine par le malheur des temps, Gervais engagea l'Abbé Herimar à la rétablir. On y travailla dès 10G4; et le zélé Prélat eut bien-tôt la consolation d'y voir douze Chanoines y faire régulièrement l'Office Divin.

Plusieurs autres Eglises eurent encore part à ses soins pa- Mab. m. i. 63. n. tcrnels, et à ses pieuses libéralités. ' La Cathedrah* de Reims, et l'Abbaie de S. Remi l'ont toujours regardé comme un 0.69. de leurs Bienfaicteurs. ' Il fit aussi quelque donation à l'Ab-

aci. t. 9. p. ait. baie de saint Hubert en Ardene , ' en considération du B. 5'«36.' an* Lim Thierri Abbé du Monastère, avec qui il étoit en grande relation. Car bien que Gervais eût des défauts du côté de la douceur et de la politesse, il aimoit néanmoins, et honoroit •a. ». beaucoup les personnes de pieté. ' Il les écoutoil même vo-

lontiers; et un Auteur contemporain a remarqué, que les avis salutaires de l'Homme de Dieu avoient beaucoup servi à corriger ce qu'il y avoit de dur et de fâcheux dans l'humeur et les manières de ce Prélat, d'ailleurs recommanda- Mart. anoc. t. i. ble à tant d'égards. Enfin ' dès 1U38, lorsqu'il n'éloit encore p* 158 que simple Evêque du Mans, il donna une terre considéra-

ble à l'Abbaie de Vendôme nouvellement fondée par Geo-

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nable. Gervais s'y justifie aussi, comme il l'avoit déjà fait par une autre letre, de9 faux bruits qui avoient couru contre son attachement sincère pour le S. Siège, et contre l'ardent desir qu'il avoil, et qu'il renouvelle encore ici, devoir le Pape en France.

' L'autre letre , qui est écrite à Alexandre II , rouloit sur c*rb. u>. P. i». des sujets beaucoup plus importants pour l'Histoire; mais par malheur la partie la plus intéressante nous manque. Gervais après y avoir dit un mot des troubles, que causoit dans le Roïaume le second mariage de la Reine Anne, veuve de Henri I , avec Raoul Comte de Crespi , troubles qui l'empêchoient, lui Gervais, de satisfaire le désir qu'il avoit d'aller à Rome, il entreprenoit de mettre le Pape au fait des suites^ fâcheuses de ces secondes Noces. C'est ce détail qui manque" à la letre dans le manuscrits et les imprimés. Mais on sçait d'ailleurs, que ces suites allèrent jusqu à l'excommunication,

Deux manuscrits de la Bibliothèque du Vatican, l'un ap- Monif. Mb. wb. partenant autrefois à Christine Reine de Suéde, l'autre à À- p ,8- * M *' lexandre Pelau, Conseiller au Parlement de Paris, contiennent quelques débris des letres de Gervais. ' Entre plusieurs titres que p. «. s. présente le premier manuscrit, cotté 197, on lit : Fragments de quelques letres de Gervais de Reims, et de Hugues de Lyon Légats Apostoliques, par où l'on voit, que celui qui a dirigé le litre, ignoioit l'Histoire de notre Prélat, qui ne fut jamais revêtu de la dignité de Légal du S. Siège. L'inscription de P. 64. *. l'autre manuscrit porte : Quelques letres de Gemais, Archevêque de Reims que l 'on attribue faussemenLà S. Anselme. Mais n'étant pas à porlée d'examiner ces manuscrits, nous ne sçaurions prononcer définitivement, si ce qu'ils comprennent des letres de Gervais, est différent de ce qui en est imprimé. ' Un iwa. troisième manuscrit de la même Bibliothèque, entre ceux de Petau, annonce encore un fragment de letre du même Gervais à l'Evêque de Die. C'est incontestablement le fameux Hugues, qu'on a voulu designer ici, et qui fut depuis transféré à l'Archevêché de Lyon. Mais en cela le titre est vicieux; puisqu'il ne fut élevé à l'épiscopat que plusieurs années après la mort de Gervais.

2°. Il y a de notre Archevêque une courte ' relation bien imi. ». /a», p. écrite de quelques miracles, opérés par la vertu d'une portion 3Wdes Reliques de saint Melaine, Evèque de Rennes. Ou en

xi sieclë. 584 GERVAIS,

* doit l'édition à Bollandus, qui l'a publiée avec de petites notes, à la suite de la vie du Saint, et de quelques autres mira-

i. cles tirés de S. Grégoire de Tours. ' Gervais, qui étoit déia

Archevêque de Reims, l'écrivit à l'occasion du présent qu il fit de ces mêmes Reliques à Even Abbé de saint Melaine, qui les lui avoit demandées avec beaucoup d'instance. Il nous apprend d'abord dans son écrit, adressé aif même abbé par

s quelles voies ces Reliques lui étoient venues. ' Roranse sa

bisaïeule, Dame d'Argentré près de Laval qui n'est pas fort éloigné de Rennes, en étant en possession, les laissa à sa mort à Aimon son petit fils, pere de notre Prélat. Les miracles qu'il rapporte, s etoient tous faits, ou dans sa famille, ou dans la ville du Château du Loir, dont son pere étoit Seigneur ; et * Gervais avoit été lui-même témoin de quelques-uns. Il paroît visiblement que son écrit n'est pas entier, et que la fin y manque.

3°. Divers traits de la relation du sacre de Philippe I Roi de France, dont il a été parlé, montrent qu'elle appartient à Gervais, qui y fit le principal personage. On voit d'ailleurs par l'exemple du célèbre Hincmar, qui nous a conservé plusieurs couronnements de Rois et de Reines, que c'étoit la coutume que les Archevêques de Reims dirigeassent eux-mêmes cette sorte de relations. Celle dont il est ici question , est sur-tout intéressante, en ce qu'on y a le premier acte autentique du sacre de nos Rois de la troisième race. Quoique fort succincte, elle contient néanmoins avec beaucoup d'ordre, toutes les principales circonstances de cette auguste céo nc. ib. P. iiOT. remonie. ' L'Auteur y rapporte en entier la formule du seri.. no7. nos. ment qu'y prêta le jeune Roi, ' et y a conservé les noms et les dignités de toutes les personnes de marque, qui y assistèrent : des Archevêques , Evêques , Abbés et premiers Seip. ne». gneurs du Roïaume. ' En parlant de l'ordre des suffrages, il

a eu la précaution d'observer, qu'on permit par honneur, et par amitié aux Légats du S. Siège de donner le leur, mais après avoir expressément remontré, que le consentement du Pape n'y étoit point nécessaire : Cum id sine Papœ nutu fieri licitum esse aisertum ibi sit. Cette relation n'est pas moins bien écrite, que la précédente.

Du cb«». ib. P. On en a au moins quatre éditions. ' Les Duchesne l'ont d'a- ",l bord publiée dans leur recueil d'Historiens, sur un manuscrit

chif. bis. de t. d'Alexandre Petau. ' Ensuite le P. Chifflet l'a réimprimée, sur

&PP" p 3"~319 l'édition

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déjà nommés, â il nous fait connoître sa bisaïeule paternel- • Bon. u>. P. 333, le, qui se nommoit Roranse, et qui avoit eu pour sa dot la *' Terre d'Argentré au Maine. b II avoit de plus deux frères, » Gaii. *r. tm. t. Bouchard et Robert. Bouchard fut aïeul de Malhilde, qui ié,p'ib50^.1 3^ épousa Elic Comte du Maine, du mariage desquels sortit Marl p- ««■ Eremberge, femme de Foulques Roi de Jérusalem. Robert épousa Elisabeth, qui lui donna au moins un fils nommé Gervais, dont il a été parlé.

Cette généalogie, avec ce que nous avons dit plus haut du pere et de la mere de notre Prélat, est prise de ce que lui et Gervais son neveu nous apprennent eux-mêmes de leur famille. 11 ne faut donc pas avoir égard ' à une autre iiab. an. 1. 57. n. généalogie, qu'en fait Dom Mabillon en un endroit de ses * Annales. Suivant ce qu'il y en dit, Gervais auroit eu pour pere Bouchard l'ancien, Comte de Paris -et de Corbeil, et pour mere Elisabeth qui avoit épousé en premières nopces Aimon Comte de Corbeil. Bouchard le jeune et Rainauld Evêque de Paris auroient été ses frères; et il auroit eu pour sœur Grécie femme de Foulques Mena Comte d'Anjou.

SES ECRITS

j^Eux des Ecrivains déjà cités, et contemporains de iw>. aet. 1. 9 1

Gervais, rehaussent beaucoup la connoissance qu'il avoit des Belles-Letres. Mais il ne nous apprennent point s'il laissa quelque production de sa plume, qui pût faire preuve des éloges qu'Us donnent à son sçavoir. On sçait cependant d'ailleurs, qu'il fit quelquefois usage de sa plume; et il est venu jusqu'à nous quelques morceaux de ses écrits.

1°. ' Gervais fut en commerce de letres avec tous les Papes cwb^ep. «pp. p de son temps, qui lui écrivoient assez fréquemment ; puisqu'il nous reste plus de vingt de leurs letres, qui lui sont adressées, en qualité d'Archevêque de Reims. 11 y en a d'Etienne IX, de Nicolas II, et le plus grand nombre d'Alexandre successeur de Nicolas. Il n'en paroit point de Victor II; mais on a des preuves d'ailleurs qu'il lui écrivit aussi. Toutes ces letres en supposent au moins autant de la part de Gervais; et il est hors de doute, que si I on avoit été soigneux de nous conserver celles-ci, elles formeroient un recueil très-

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intéressant. On y auroit non -seulement grand nombre de traits pour l'Histoire du diocèse, de la Province même ecclésiastique de Reims, et de la France en gênerai ; mais encore quantité de points sur la discipline de ce temps-là. Il est aisé a en juger par celles des Papes, et le peu de celles de Gervais qui nous restent.

MarL i. s. P. i» i ' Voici un de ces points de Discipline, sur lesquels notre Prélat consultoit Alexandre II. Il s agissoit d'un Clerc, qui avoit été ordonné Diacre et ensuite Prêtre, sans prendre le degré de Sousdiacre, ce qui s'étoit fait, non par un motif d'ambition, mais par pure négligence. Il seroit difficile que le cas arrivât aujourd'hui, par les sages précautions que )*on prend, et qu'on ne prenoit pas apparemment alors. Le Pape consulté répond à la difficulté par une letre, qu'on a oubliée dans le recueil de celles de ce Pontife, et qui se lit dans Baronius et Dom Marlot. 11 est vrai qu'elle est presque com. i. 9. P. la même, ' qu'une autre d'Alexandre à Rumold Evêque de "ib|Bar. ib. Constance, qui l'avoit consulté sur un semblable cas. ' Le Pape le resoud en disant, que si la conduite du Clerc, dont il est question, se trouve irréprochable, il s'abstiendra des fonctions des ordres déjà reçus, jusqu'aux premiers quatretemps. Qu'alors il se présentera à l'Evèque avec ceux qui doivent être ordonnés Sousdiacres, et qu'après avoir reçu cet ordre, il pourra reprendre l'exercice de ceux du Diaconat et de la Prêtrise.

La letre où Gervais exnosoit cette difficulté, est perdue, ou encore ensevelie dans l'obscurité. H en est de même de toutes les autres qu'il eot occasion d'écrire, soit aux Souverains Pontifes, soit h d'autres personnes, à l'exception de p. um. deux seules. ' L'une est adresséea NicolasII, l'autre à Alexan-

mc. ir

î09».1 *)6C **7 V dre ; et les deux se trouvent avec celles de ces Papes dans la GrrL. u». p. 7ii. Collection générale des Conciles, dans le recueil des Historiens de France des Duchesne, et à la suite des letres de Gerbert, de Jean de Sarisberi et d'Etienne de Tournai. La première fut écrite peu après le quatrième d'Août ) 060, qui est la date de la mort du Roi de France Henri I, que Gervais annonce au Pape. Un des principaux objets de cette letre, est de remercier Nicolas de la charité, et des bons offices qu'il avoit exercés envers un de ses Députés, qui étoit mort à Rome , et que ce Pontife avoit visité dans sa maladie, et pris soin de faire enterrer avec l'honneur conve-

ARCHEVEQUE DE REIMS. o85 t

AI SIECLE

l'édition précédente parmi les preuves de son Histoire de

Tournus. a Depuis, on l'a fait entrer dans la Collection gé- • Conc. ib. p. 1107.

nérale des Conciles; bet Dom Marlot lui a aussi donné pla- b'jKri.ib. P. in.

ce entre les pièces qui servent à l'histoire de notre Arche-

vêque. Enfin ' on en trouve une traduction presque entière fi«h. h. e. i. eo.

dans l'Histoire ecclésiastique de M. l'Abbé de Fleuri. 41

4\ ' I/épitaphe de notre Prélat, en citant Couvenier, ce Mari. ib. P. im.

3ui montre combien en est récente la date, lui fait honneur 'une vie de saint Donatien, E vêque de Reims sur la fin du IV siècle. ' MM. de Sainte-Marine , apparemment sur la Gaii. dir. »»i.<. i. même autorité, lui attribuent le môme ouvrage. Mais outre p* 507 1 qu'aucun ancien Auteur ne paroît avoir connu de vie de ce Saint, et qu'il ne s'en trouve aujourd'hui nul vestige, personne jusqu'à Couvenier, au moins que l'on sçachc, n'a témoigné que Gervais en eût composé une. ' A la vérité Su- s or.u. oci. v. rius a donné une Histoire de la translation de ce Saint, faite 7jn"'6* de Reims à Bruges en Flandres ; mais elle ne peut être l'ouvrage de notre Archevêque, par la raison qu'elle a été écrite plus de trente-cinq ans après sa mort.

5°. Les trois vers suivants, qui selon toute apparence sont de la façon de Gervais, font juger, qu'il donnoit quelquefois des moments à la versification. Ils se lisent sous le ventre Mari. ib. p. m. d'un grand cerf de bronze, qu'il fit faire, et placer sur un piédestal convenable, à la porte de son palais archiépiscopal. Gervais y a exprimé lui-même le motif, qui le porta à ériger ce monument. C'étoit à dessein de lui rappeler continuellement le souvenir du païs où il étoil né, si propre pourla chasse, cl si fertile alors en cerfs et autres bêtes rousses.

Dum Ccoomanorum sallus lusirart- solcbat lîERVASiis, cervoa tune suflicienter habebat; Hune, niemor ut palrira sit semper, condidit a?re

En lisant ces vers on ne peut s'empêcher de penser, que Gervais en sa jeunesse avoit aimé la chasse des bêtes fauves, et que ne pouvant plus satisfaire cette inclination à Reims, soit à cause de ses occupations trop sérieuses, et de sa dignité d'Archevêque , soit parce que les plaines de la Champagne n'y étoient pas propres, il voulut au moins s'en dédommager en quelque sorte par l'objet d'un cerf jetté en fonte. Quoiqu'il en soit, on ne trouve point dans ce morceau de

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