‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 161 sur 214 · p. an. ta. a · texte numérisé non relu

p. an. ta. a

3 | Ord. vil. I. 4.

1. » Onlric Vital, qui rapporte I«pi taplie de Maurille, où il est dit clairement qu'il nàquit aa territoiro de Reims : hune Hrmit grnuit , le fait néanmoins de Malenee. * Nais il est bors de duute , qu'il a pris ici le pais de Gerberl eom-

eeloi de Maurille même : comme il lui est *0rd. vit. ib. | 1. 3.

arrivé de le faire Italien, parce que /can p. 567.

Atibé de Fécam sons Irqarl il se retira, ■ Mab. act. ib.

IVtoit effleurement. » MM. de Sainte- • Gall. chr. vet. t.

Marthe en suivant cet Ecrivain, ont fait 1- p. 574. I. la mime faut».

Eéeé ij

588 LE B. MAURILLE ,

XI SIECLE

>Mai>. ana. ib. p. " Cependant le désir des biens futurs croissant toujours dans **° son cœur, lui inspira un entier dégoût pour le monde. Con-

duit par ces pieuses dispositions, il revint en France, et alla enfouir tous ses talents dans l'obscurité d'un cloître. 11 choisi, ib. p. «3. o. sit l'Abbaïe de Fécam, où il se consacra à Dieu par la pro- » an», ib. fession monastique , ' sous l'Abbé Guillaume , comme Von croit, et par conséquent avant la fin de l'année 1030. *Mauriile y vécut un temps considérable, et y fut un modèle de vertu. Mais l'amour d'une plus grande perfection l'en fit sor- Guii. Pict. p. 195 1 tir ; et avec la permission de son Abbé il se retira en Italie, ord. vu. f. 5. P. / Là s'étant associé avec Gerbert, autre saint et sçavant Moine, qui fut depuis Abbé de S. Vandrille, ils menèrent quelque temps la vie érémitique ; travaillant de leurs mains, et ne «'occupant que de Dieu et de la céleste patrie. Genre d'occupation, s'écrie Guillaume de Poitiers, Auteur du temps, beaucoup plus excellent et plus sublime, que celui du fameux Platon ; puisqu'il élevoit ces deux illustres Solitaires au-dessus de tous les avantages humains, et leur faisoit mépriser, non-seulement les richesses et la noblesse de leur parenté, avec les délices de leur patrie, mais encore toute élude d'une Philosophie séculière, qui n'avoit plus pour eux que de l'amertume !

ibid | Mab. ib. p. ' Maurille ne put néanmoins si bien se cacher, que l'éclat 4 de sa vertu ne le fit découvrir. Le Marquis Boniface, Sei-

mé de son mérite, lui donna l'Abbaïe

gneur du pais, informé

de Sainte-Marie à Florence, vacante par la mort de son Abbé ; et l'homme de Dieu malgré sa répugnance fut obligé de Mob. an. l st. n. l'accepter par le conseil des gens de bien. ' Dom Mabillon, w- il est vrai, a de la peine à lui trouver place entre les Abbés,

qui gouvernèrent ce Monastère en ce temps-là. Mais la raison qu'il en allègue, ne peut contrebalancer l'autorité de ana.îb i Gaii.Ptet. trois Ecrivains du temps qui l'attestent ' Maurille y fit obib. i ord. vii. ib. server la Régie aussi exactement qu'il lui fut possible, et y brilla par sa vertu au-dessus de tous les autres Abbés. Mais les Moines accoutumés à !a licence sous son prédécesseur, méditèrent de l'empoisonner pour s'en défaire. Dans cette extrémité le prudent Abbé imita l'exemple de S. Benoît son pere et son Docteur, oui s'étoit trouvé en pareil cas. Il quitta Florence, et revint à frécam, avec Gerbert le compagnon de sa pénitence.

Maurille comptoit de finir ses jours dans le repos de cette

ARCHEVÊQUE DE ROUEN. 589 xl 81ECLE

solitude; mais la providence fit voir qu'elle avoit d'autres vues cmi. Pi«. a» i sur lui. ' Le Duc Guillaume, aiant fait déposer cononique- q$-§ f *?9 1 ment Manger, Archevêque de Rouen, quoique son oncle s."." w * p paternel, à raison de sa vie scandaleuse, fit mettre à sa place le vénérable Moine Maurille. C'est ainsi que ce Prince le qualifioit, en s'applaudissant encore au lit de la mort de cette double action, persuadé que Dieu lui avoit renvoie Maurille de Florence à ce dessein. ' Guillaume de Jumiége place en 1054 wrn. c«m. i. 7. la déposition de Mauger; et son sentiment paroit appuïé sur e S4' ce que ' ce fut un Légat du Pape Léon IX , mort dès le n«b. u>. mois d'Avril de la même année, qui présida au Concile de Lisieux où il fut déposé. ' Mais ce ne fut que sur la fin de l'an- om. vit. 1. 4. p. née suivante, que Maurille lui succéda; puisqu'étanl mort ™. L/^/moi au mois d'Août 1067, il ne tint pas ce siège douze ans en- f0°,r7Mri p tiers. Aussi la Chronique de Rouen et celle de S. Etienne de Caen ne placent son ordination q^u'en 1055.

' L'Eglise de Rouen, qui gémissoit depuis long-temps sous M«b. ib. p. 438. trois Archevêques consécutifs, qui en portoient le titre sans j? 1 1 w£' £m" en remplir les devoirs, avoit besoin d'un Pasteur qui la con- ^j^*1- vit '• 5solàt, et reparât ses pertes. Elle trouva en Maurille tout ce qu'elle pouvoit souhaiter. Il réunissoit en lui, comme on l'a vu, la naissance, la sainteté des mœurs, le sçavoir, l'amour pour l'observation des régies. ' L'Episcopat ne changea rien iub. ib. P. 44*. à son genre de vie, xju'il continua le reste de ses jours, et ne servit qu'à donner un nouveau relief à ses jeûnes, à ses prières, à ses aumônes, et à faire voir qu'il sçut encore joindre a tant d'éminentes qualités le zélé, la vigilance, lasolicilude pastorale. C'est ce qui a donné occasion aux deux vers suivants, dans lesquels un Poète, presque contemporain, a voulu représenter en racourci le caractère de son épiscopat.

' Prierai Maubilils doctrinal lace refertus, ord. vit. ib.

Moribas exùniis praefulsit, et actibus almis.

' Maurille en commença les fonctions par un Concile de Mab. ib. P. 441 tous les Evêques ses suffragans, qu'il tint à Rouen, auquel se trouva le Duc Guillaume. Le principal objet de cette assemblée étoit de tâcher de rétablir la continence dans le Clergé, et de remédier aux autres abus qui s'étoient introduits sous les trois Archevêques précédents. Le zélé Prélat attentif à tout ce qui se passoit dans l'étendue de sa Métropole,

590 LE B. MAURILLE,

XI SIECLE. '

• (M. tu. i. 3. p. * a^a l'annee suivante à S. Evroul, accompagné de Hugues de Lisieux, Evêque Diocésain, d'Ansfroi Abbé de Preaux, Lanfranc Prieur du Bec, et plusieurs autres personnages d'une profonde sagesse, afin d'y rétablir la paix entre l'Abbé Thierri et le Prieur Robert de Grentemaisnif, en quoi il réussit pour quelques mois.

Mab. ib. p. ' Tout le temps de sonEpiscopat fut une suite non inter-

rompue de soins et d'attentions, pour faire observer les régies de l'Evangile et celles de la discipline Ecclésiastique. »ct. ib. p. a», a. 'En 1036' ou 1057, il célébra à cet effet un autre Concile;

et il y a apparence que chaque année il en usa de même, il se trouva, et présida môme en 1061 à la célèbre assemblée de Caen, à laquelle assista le Duc Guillaume avec tous les Evêques, plusieurs Abbés et les Seigneurs de la Province, ana. ib. p. 44i i ' Au bout de deux ans, en 1063, aïant fini de bâtir sa Caoh. rit. i. s. p. tnedrale, commencée par l'Archevêque Robert , Maurille assisté de tous ses suffragans, en fit la dédicace, qui fut suivie Mab. ib. p. 441. d'un Concile. 'L'auteur anonyme, que nous suivons ici, avec Ordric Vital, apporte en preuve de l'époque marquée, le Pontificat de Victor II, et le régne de Henri I, Roi de France. Mais ces deux circonstances doivent s'appliquer à l'action précédente , dont parle le même Auteur. Après cette double cérémonie, à laquelle se trouva le Duc Guiloni. vii. ib. laume, ' notre Prélat transfera dans la nouvelle Eglise les corps des Ducs de Normandie» Rollon et Guillaume Longue-épée.

i. 4. p. 507 1 wiii. ' A la prière du même Prince, qui étoit revenu depuis peu

o«m. î. 7. c. 3«. ^e ga ^jjquéje je l'Angleterre, Maurille alla dédier l'Eglise de l'Abbaïe de Jumiege. La cérémonie s'en fit le premier Juillet 1067, avec un pompeux et religieux appareil. Tous les Evèqucs de Normandie, le nouveau Roi et toute sa Cour s'y trouvèrent. Ce fut une des dernières aclions de la vie de notre Archevêque, oui mourut le neuvième d'Août suivant. Sa mort fut aussi édifiante aux yeux des hommes, que pré-

wui. G«n. ib. cieusc aux yeux de Dieu. ' Un Auteur contemporain voulant en laisser une idée à la postérité, dit que ce grand Prélat mourut dans une profonde paix, et même avec joie, dans la confiance quilalloit régner avec J. C. cum suo Reye Chrùtojam

ord. vil. ib. victurus, liber et yaudens decessit. ' Il étoit alors dans la douzième année de son Pontificat, et environ la soixante-huitième de son âge. Son corps fut inhumé dans sa Cathédrale,

où Richard un de ses Chanoines lui érigea l'Epitaphe suivante.

EPITAPHE

Hainani cires lacrymani nolitc negare

Yc8tro l'ontiftci, Mauriuo Monacho, Hune Remis genuit studiorum Regia Nulrix;

Potavit IriQdo fonte Pliilosopliia-.

Vobis liauc atlem cœptam perdu.ùl ail uDgueiii,

La'litia magnâ fecit et enca-uia.

Cn m tilii, Laurcnli, vigilat plebs sobria Christi,

Transit, et in cœlis laun-a festa colit.

' Le nom de ce pieux Archevêque a été inséré danc le Martyrologe Gallican et le Bénédictin. Plusieurs Auteurs anciens et modernes lui donnent même indifféremment 1r s titres de Saint et de Bienheureux. Cependant ni son Eglise Cathédrale, ni l'Abbaïe de Fécam, qui ont été les témoins oculaires de la sainteté de sa vie, n'ont décerné à sa mémoire aucun culte public. Guillaume de Malmesburi et Albericde Troisfontaines rapportent h son sujet deux circonstances fort extraordinaires, l'une qui regarde l'heure de son décès, l'autre son corps déjà inhumé. Mais les Auteurs contemporains ou presque contemporains, que nous avons suivis, n'en font aucune mention.

' On sçait que l'Ordre Monastique est redevable au Bienheureux Maurille, de ce que S. Anselme l'embrassa préférablement à tout autre état. Ce fut encore lui, qui lui persuada de ne point quitter la dignité de Prieur du Bec, en lui prédisant en quelque sorte, qu'il scroit bien-tôt élevé à une plus grande. La chose arriva ainsi : Anselme ne tarda pas à devenir Abbé, ensuite Archevêque de Cantorberi.

SES ECRITS

L'Érudition de notre pieux Prélat éloit si connue, 1 que Jean alors Evêque d'Avranchcs, et depuis Archevêque de Rouen, aïant composé son Traité des Offices Ecclésiastiques, non-seulemenl lui en fil la dédicace, mais

x.siecl». 392 LE B MAURILLE,

le soûmit encore à son examen et à sa censure ; afin qu'il en jugeât en Maitre, VUjihmtis Magistrt censura corrigere. On ne voit point au reste, que Maurille ait emploie son sçavoir à écrire pour la postérité. Seulement il fit divers Décrets ou

Gnii. Pkt. p. 195. Statuts, dont il sera parlé. Il faut se souvenir, ' qu'après avoir embrassé la pénitence, il renonça à toute occupation litéraire, pour se donner tout entier à l'étude de la vraie sa-

Mab. ib. gesse. ' Il semble toutefois, aux termes de l'Evêque déjà ci-

té, que le zélé ardent de Maurille pour la religion, dont l'aflbiblissement lui causoit une vive douleur, lui avoit fait former le dessein de quelque ouvrage, sur lequel il l'avoit souvent consulté, afin de tâcher d'y remédier. Mais une santé fort valétudinaire ne lui permit pas d'exécuter ce louable projet. 11 nous parolt que c'est dans ce sens qu'il faut prendre les expressions de l'Evêque d'Avranches, plutôt que de les entendre d'autres moïens, que notre zélé Prélat ne manqua pas d'emploïer. Malgré tous ces inconvénients , qui nous ont privés de plus importantes productions de sa plume, il y a de lui :

1°. Quelques débris des Décrets qu'il fit dans la tenue des Conciles de sa Province. On a vû qu'il éloit soigneux de convoquer souvent ces saintes assemblées, les plus propres à reti i c^' m^er aux maux de l'Eglise. ' Le morceau le plus intéressant

i. p. °4°9." " par' qui nous reste du grand nombre de règlements qu'il y publia, est une profession de foi sur le Sacrement de l'Eucharistie. Les termes en sont si clairs et si expressifs, que l'hérésie la plus

trouver de fauxpain' mis

que du pain avant la consécration, mais qu'alors sa nature et sa substance sont changées par la puissance ineffable de Dieu en la nature et substance du corps de J. C. non d'aucun autre corps, mais de celui qui étant conçu du S. Esprit, né de la Vierge Marie, attaché à la croix, enseveli dans le tombeau , et ressuscité le troisième jour, est assis à la droite de Dieu le Pére. Elle s'explique de la même manière touchant le vin changé au sang de J. C. et prononce anathéme contre quiconque attaqueroit cette sainte croïance, qui vient des Apôtres, il est marqué à la tête, que cette formule fut faite à l'accasion de l'infâme doctrine de Berenger et de ses Sectateurs.

}«"<U **'««• " e- ' On est partagé au sujet du Concile dans lequel elle fut

publiée.

ARCHEVEQUE DE ROUEN. 593 vi aivrtw

XI S1KCLB.

publié*'. Les uns sont pour le premier Concile, que notre Archevêque célébra aussi-tôt après son ordination. Les autres tiennent pour celui de 1003. Mais tous conviennent que cette profession de foi appartient principalement au Bienheureux Maurille. Elle étoil plus nécessaire en Normandie , qu'en beaucoup d'autres endroits, parce que Berenger y avoit plus travaillé à y répandre ses erreurs. Aussi y devint-elle si célèbre dans la suite, ' qu'il ne s'y tenoit plus de Concile, Mab.ana. t. * p. qu'on ne l'y réitérai. C'est à ce dessein qu'on l'a insérée dans ^ l'écrit qui porte pour titre : La manière ou f ordre de tenir le Concile Provincial dans f Eglise de Rouen.

11 est aisé de juger par-là de la grandeur de la perte qu'on a faite, par la privation des autres Décrets ou Règlements de notre Prélat. ' Il est certain , qu'il en publia contre l'inconti- p. mi. nence des Clercs, qui aiant été comme autorisée par l'exemple de trois Archevêques ses prédécesseurs immédiats, devoit . avoir fait d'horribles progrès. Il en fit aussi contre les autres abus introduits, afin d'y substituer l'observation des saints Canons.

Dom Guillaume Bessin , oui a fait beaucoup de recher- cooc. x. ib. P. ches pour son nouveau Recueil des Conciles de la Province **' de Normandie, rapporte trois Décrets qui ont échappé aux injures du temps, entre ceux qui furent faits dans la célèbre assemblée de Caen en 1001. On voit par ce peu qui en reste, que le principal objet qu'on s'y proposa, fut la tranquillité publique et les bonnes moeurs : c'est-à-dire l'établissement de ce qu'on nommoit alors la Trêve de Dieu. Il est ordonné par un de ces Décrets, ce qui est aussi sage que remarquable,

au'on avertirait tous les soirs le peuple au son de la cloche, e se rendre à la prière : après quoi chacun se retireroit dans sa maison, sans en sortir jusqu'au lendemain.

' On a imprimé dans la collection générale des Conciles, cone. i. io. i>. et Dom Bessin les a fait entrer dans son Recueil, treize Ré- f5»3^,1 N* ,b' gleraents de pénitence pour ceux qui luent à la guerre. Il est marqué à la tète, qu'ils furent dressés par les Evèques de la Province de Normandie, et confirmés par l'autorité d'Ermenfroi , Evêque de Sion en Valais , Légat du Pape , et que les pénitences qui y sont prescrites, dévoient être inlligéesàceuN qui avoient combattu pour le Duc de Guillaume, apparemment dans la conquête qu'il fit de l'Angleterre en 1000. Ce n'est pas que le métier de la guerre soil un crime,

Page 1