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comme le remarque fort bien S. Augustin dans son homélie
XIX sur les paroles du Seigneur, et qu'il faille mettre en pénitence tous ceux qui l'exercent. Mais c'est que les Militaires peuvent se porter à tuer, ou à blesser dans le combat, par d'autres motifs que celui d'une juste dépense de l'état, ou des intérêts du Prince. D'ailleurs sous prétexte d'une juste guerre , ils se portent trop souvent à des actions défendues dans tout état : le vol, les rapines, les vexations et d'autres crimes condamnés par la Loi de Dieu. C'est dans cette vûe, que les sages Prélats de Normandie à la tête desquels éloit alors le Bienheureux Maurille, dressèrent ces Canons de pénitence, qui entrent dans un juste détail, à l'égard de ceux qui avoient combattu pour la conquête de l'Angleterre. Notre vigilant Prélat adopta sans doute, et fit observrr, conc i. 9. p. autant qu'il lui fut possible, ' les Règlements que l'Archevê- *w*£JJ> I K- que Maugcr, son prédécesseur, avoit publiés dès 1050 dans un Concile où se trouvèrent seulement deux de ses suflragans. Ceux-ci sont au nombre de dix-neuf, sans compter la Préface, où l'on affecte de se plaindre des mauvais Princes, parce que Mauger étoit mal avec le Duc Guillaume son neveu. Ces Règlements ou Canons, tendent principalement à réprimer les brigues auprès des Princes et de leurs Ministres ou Favoris, pour parvenir aux dignités Ecclésiastiques ; les* autres diverses sortes de simonie ; les entreprises des Evêques et des Clercs les uns sur les autres. Le huitième, qui est beaucoup remarquable pour notre dessein, tend à bannir l'ignorance du Clergé ; défendant d'ordonner personne qui ne soit instruit. Il n'est rien statué contre l'incontinence des Clercs, parce peut-être que Mauger étoit lui-même dans le cas. Ces RéglementsMans l'édition de Dom Bessin, sont accompagnés d'amples notes, qui y répandent beaucoup de lumière, ord. vii. i. s. p. 2*. ' On croit devoir donner à l'Archevêque Maurille les ^ RooPop* Epitaphes des DucsRollon et Guillaume Longue-épée. Les 68 ■ »• expressions d'Ordric Vital , qui les rapporte, ne permettent
pas de douter, qu'elles ne soient de la taçon de ce Prélat. Après avoir dit, qu'il fit transférer les corps de ces deux Princes dans la nouvelle Cathédrale, il ajoute : et EpUaphia eorum super illos literis aureis annotavit. La première de ces deux Epitaphes est en vingt vers, l'autre en quatorze, tous élégiaques. Maurille y a fort Dieu exprimé le caractère de l'un et de l'autre Duc, et réussi à y donner une juste notice de leurs actions plus mémorables. La versification qu'il y en -
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ploie, n'est pas d'ailleurs si mauvaise, que celle de tant d'au- Mari. »n«. t. t très Versificateurs de son temps. p" 406 740
3°. ' Enfin il y a de lui une Lelre à l'Evêque d'Evreux,
BEhnard , qui fait le sujet de cet article , ne doit pas être confondu avec divers autres Moines de môme nom et de la môme Abbaïe, tous plus récents que lui de plusieurs années. ' Trithéme dit en un endroit de ses écrits, qu'il floris- Trii. tcri. <■.. ui. soit dès 1050. ' Ailleurs^ il le place un peu plus tard et avec ci.r. wr. t. î p. raison. On peut même reculer cette époque de quinze ans au 204 moins. On en a la preuve dans un des Ecrils de Bernard même. ' 11 nous apprend en effet, au'il éloit étoil un des Elé- ciun. bit», app. ves de S. Hugues, qu'il ne fut Abbé de Cluni qu'en 1049, et qu'il avoit tiré plus de secours de ses instructions, sur-tout pour acquérir la science de la religion , et l'intelligence des livres sacrés, que de sa propre industrie et de son application à l'étude. ' Aux sciences Ecclésiastiques il joignit aussi une ira. u>. grande connoissance des Lelres humaines ; et ce qu'il y a encore de plus louable en lui, il soutenoit son sçavoir par une vertu exemplaire,' et une grande modestie, dont on trouve cion. hib. ib. des traits édifiants dans ses écrits. Il est , suivant toute apparence ' ce Moine Bernard, dont il est parlé au premier Chapi- VtWm tre du Recueil des miracles de S. Hugues, à 1 occasion d'une merveille qui arriva à Cluni du vivant de ce pieux Abbé.
' S'étant apperçu, qu'à mesure que mouroient les Anciens, app.u>. il survenoit aux jeunes des doutes et des difficultés sur les usages de la Maison, Bernard forma le dessein de les rédiger par écrit. Mais ne voulant rien faire sans la permission, et l'agrément de son Abbé, il s'en ouvrit à S. Hugues, qui l'approuva volontiers. En conséquence Bernard travailla à l'exécuter ; et son ouvrage fini, il le dédia au vénérable Abbé,
vent point s'en mêler.
BERNARD
Moin k de Clini.
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en lui donnant de grands titres d'honneur, et ne prenant pour lui-même que la qualité de simple frère. L'Epllre Dédicatoire sert de Préface à son ouvrage ; et c'est de-ià que nous avons tiré presque tous les traits de l'Histoire de l!Auteur, qu'on vient de lire.
Bernard n'y fait aucnne mention du Traité qu'Ulric, autre Moine de Cluni sous S. Hugues, composa sur «le même sujet. De même, Ulric ne parle dans aucune de ses Préfaces , i> a-.*. 23 i Mai>. ni de Bernard, ni de son ouvrage. ' On ne doute point cean. i. bj. n. 105. pendant qUe celui-ci n'ait écrit avant l'autre. Ulric n'éerivoit que vers 108a : au lieu que Bernard l'avoit fait dès 10G7, ou l'année suivante. 11 y a beaucoup de ressemblance entre les ouvrages de l'un et de l'autre, comme on peut le penser ; Mab. ibispic. i. puisque c'est la même matière qui y est traitée. ' Néanmoins *• pr- p <J- celui d'Uric mérite la préférence , à raison de l'ordre et de la méthode qu'y suit l'Auteur ; et il est le seul qui jusqu'ici ait ét ' imprimé en entier. Mais s'il est plus méthodique que l'écrit de Bernard , celui-ci quoique compris seulement en quatre-vingt-un Chapitres, a l'avantage d'être plus ample, et (l'entrer par conséquent dans un plus grand détail. C'est Dom Marlcne qui dans sa Préface sur les Hits monastiques, en porte ce jugement. Aussi l'a-t-il cité préférablement au traite d'Uric dans le corps de son recueil.
Htn. Gsn. scri. c. ' Henri de Gand et Trithéme en parlent avec éloge. Le premier de ces Bibliographes le regardoit, comme fort uti- Trit. »cri. iij. le aux Moines attachés à l'ordre de S. Benoit ; ' et l'autre nous le donne comme un ouvrage bien écrit : lucvlento Sermone conyessit. On a montré le cas qu'on en faisoit par le soin qu'on a pris d'en multiplier les exemplaires. Outre celui dont s'est servi Dom Martene pour ses Rits , qu'il a composés à spic. ib. p. 7-9. Marmoutier, ' Dom d'Acneri en avoil un autre, sur lequel il a publié la Préface de Bernard, à quelque chose près qu'il en a retranché vers le milieu, et d'où il a tiré trois Chapitres qui ciun. Mb. u». p. manquoienl dans les Manuscrits du Traité d'Ulric. ' Dom Martin Marrier en avoir un troisième exemplaire, sur lequel André Duchesne a imprimé la même Préface en entier, parmi ses notes sur la Bibliothèque de Cluni. Enfin il y en avoit au Monastère de S. Etienne de Nevers un quatrième exemplaire, plus ancien que le précédent, à la tête duquel se lisoient ces quatre vers qui peuvent appartenir à notre Ecrivain.