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CHRONOLOGIQUE. 647
seille, écrit d'Italie à Bernard son Abbé, une Letre intéressante pour l'Histoire de I 'élude de la Jurisprudence. Jeannellin Abbé de Fécam, compose des formules de prières et autres écrits de piété pour l'Impératrice Agnès. Jean , Evêque d'Avranche , de concert avec Maurille son Métropolitain , travaille à sou Traité des Offices ecclésiastiques. Rainard, surnommé Hugues, est ordonné sur la fin de cette année Evêque de Langres, et se fit depuis la réputation d'un des servants et illustres Prélats de son siècle. Le dixième de Décembre, mort de Bovon, Abbé de saint Berlin, qui a fait deux petits Ecrite sur la découverte du corps du Saint de même nom.
Benoit, Elève de l'Ecole de l'Abbaïe de saint Hilaire à Carcassone, devient Abbé de Cluse au Diocèse de Turin, et prend soin d'y soutenir les bonnes Etudes. Robert de Tombelaine est aussi élu Abbé de S. Vigor nouvellement fondé à la porte de Baïeux, et y forme aux Lelres et à la vertu plusieurs disciples de mérite, d i nombre desquels fut Ricbard des Fourneaux, depuis Abb • de Préaux, et l'un des sçavants hommes du siècle suivant. Didier, Abbé du Mont-Cassin , voulant nnouveller l'Eglise de son Monastère, fait venir de Constantinople des Ouvriers de Mosaïque , des Marbriers et autres Artistes, qui communiquent ces arls aux Italiens, les Italiens aux François, et les François aux Anglois. On rapporte à cette année l'Histoire qui n'est encore que manuscrite du rétablissement de l'Abbaïe de saint Nicaise à Reims. C'est aussi la date de la mort de Giraud, Abbé de Tournus, qui laissa quelques productions de sa plume, dont on se servoit aux offices de l'Eglise avaut la fin de son siècle. Louis, surnommé l'ancien , Diacre et Moine de saint Laurent de Liège, où il avoit enseigné avec succès, et Auteur d'un petit écrit, semble avoir vécu jusqu'en cette année. Entre les Moines de l'Abbaïe de .saint Evroul, Guillaume de Meslerau, publie vers ce temps-ci divers Ouvrages, tant sur l'Ecriture, que la Morale et l'Histoire. On a un cartulaire intéressant, qui finit vers cette année-ci, et qui est conservé à la Collégiale de Brioude en Basse-Auvergne. Francon, qu'on a déjà vû paroitre plus d'une fois, commence au moins en cette année à diriger l'Ecole de Liège. Guillaume, Duc de Normandie, aïant été institué par le Roi Edouard son héritier au Roiaume d'Angleterre, remporte le quatorzième d'Octobre sur Harold
An.dtJ.C.
TABLE
son compétiteur, la fameuse v ictoire de la journée d'Hastings, et entre en possession de son héritage. Aussi-tôt il travaille avec succès à y renouvel 1er toutes choses, tant pour le spirituel, que pour le temporel, en y établissant la langue et les mœurs des François. On commence à voir des Eglises magnifiques, des maisons bien bâties, des Ecoles célèbres el grand nombre de gents studieux et même sçavants, ce qu'on ne voïoit pas avant cette conquête. Guillaume est couronné Roi à Oùestminster le jour de Noël suivant. Marmoutier fournil une colonie de ses Moines, pour peupler le nouveau Monastère de saint Martin de la Bataille, fondé par le Roi Guillaume sur le lieu de sa victoire, et contribue par-là à renouveller des premiers la face de l'Eglise Anglicane. Gerold, Clerc d'Avranche et homme de Letres, aïant suivi comme tant d'autres Normans et François, Guillaume le Conquérant en Angleterre, s'y dislingue par ses prédications. Marbode, depuis Evéque de Hennés, commence à enseigner publiquement à Angers, el le fait avec autant de succès que d'éclat. 11 sort de son Ecole dans la suite plusieurs Elèves de mérite. Arnauld, grand homme de Letres, qui avoit succédé à Koberl son oncle dans la dignité de Scolastique du Mans, er. est fait Evèque, el continue à en diriger l'Ecole Un Moine de saint Bavon de Gand entreprend à l'occasion de la découverte du corps de saint Macaire , Archevêque d'Antioche en Pisidic, enterré à saint Bavon, une nouvelle Vie de ce Saint, qu'il joint à l'Histoire de celte découverte. Guillaume le Conquérant repasse la Mer et vient en Normandie, où il publie des Règlements pour la Police de cette Province. ( ervai>, Archevêque de Reims, dont il y a divers écrits, se sentant attaqué d'une maladie mortelle, fait sa profession- de foi touchant l'Eucharistie, et meurt le quatrième de Juillet. Maurille, Archevêque de Rouen, célèbre par sa sainteté et sa doctrine, le suit de près, étant mort le neuvième d'Août suivant. Lanfranc, Abbé de saint Esliene de Caen, est élu pour le remplacer: mais persistant constamment dans son refus, il y /ait nommer Jean, Evêque d'Avranche, qui ne fut cependant inthronisé qu'un, ou même deux ans après, et va à Rome par ordre du Roi Guillaume, pour faire approuver cette Translation. Hugues, Abbé de Cluni dans le cours de ses visites emmené avec lui le célèbre Anaslase , noble Venicien , d'abord Moine du Mont-Sainl-
Michel,
CHRONOLOGIQUE
<iiO
Michel, et alors Ermite sur les côtes de l'Océan. Bernard, Moine de Cluni. rédige par écrit celle année-ci, ou la suivante, les usages et coutumes de son Monastère, et les dédie à Hugues son Abbé. Drogon, seavant Moine de Berg- Saint-Vinok , dill'érent de Drogon, E\èque de Terouane, et d'un troisième Drogon, Moine de Saint André de Bruges, fait la relation des miracles de saint Yinok. Gui, Evèque d'Amiens depuis plus de dix ans, et l'un des fameux Poêles de ce siècle, assiste à la célèbre dédicace de l'Eglise de Saint Martin des Champs à Paris, et publie un long poëmc sur la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Bâtard. Ce Prélat fait un voïage eu Angleterre à la suite de la Heine Mathilde, Duchesse de Normandie, dont il étoit l'Aumônier, et peut-être le Confesseur. Le Roi Guillaume continue à y attirer de sçavants François. Foleard, Moine de saint Berlin, qui est du nombre, est fait Abbé de Torney, et avant que de parvenir à cette dignité, public la Vie de saint Jean de Beverley. Lanfranc Huit son Commentaire sur les Epitres de S. Paul, et l'envoie à- Anselme sou disciple, Prieur du Bec, Radbod, second du nom, homme de mérite et de sçavoir, est ordonné Evéque de Noïon. Le Cardinal Eslienne,' Légat en France, tient un Concile à Bordeaux en Avril, et paroit avoir vécu au-delà de ce terme. Un habile Théologien, inconnu d'ailleurs, publie vers ce temps-ci un grand ouvrage encore manuscrit, sur divers sujets, nommément contre les erreurs de Bercnger et de ses sectateurs, touchant l'Eucharistie. Un Moine de quelqu'une des Maisons dépendantes de Cluni, donne vus le même temps un Supplément à la Vie de l'Abbé saint Odon, écrite par le Moine Jean, l'un de ses disciples. On peut rapporter à la même année la Me, ou plu-tôt le Roman de saint Amateur Ermite, honoré à Roquemadour en tjuerci. La Légende de saint Elhbin, Moine dans l'Armorique, qui ne vaut pas mieux que le Roman précédent, peut être de même date. Odon Aribert, dont il y a une petite Histoire de ce qui s'étoit passé en Languedoc, n'est tout au plus que du même temps ; quoique d'autres le placent dès le IX siècle.
Fin de la Table chronologique.