‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 169 sur 214 · OU · texte numérisé non relu

OU

io:>7.

rémonies. On lient un Concile à saint Giles en Languedoc , des actes duquel il ne reste que des extraits informes. Autre Concile à Toulouse le treizième de Septembre, dont on a treize Canons. Berenger Vicomte de Narbonne y présente une grande requête contre G u if roi son Archevêque. Un Moine anonyme du Mont-saint-Michel finit ici une Chronique de son Monastère, de laquelle on ne peut tirer grand secours. Louis surnommé l'Ancien, Ecolatre de saint Laurent à Liège, fait l'histoire du transport de quelques Reliques du Martyr saint Laurent , de Rome à son Monastère , laquelle fut ensuite mise en vers par Reiner autre Moine du lieu.

Raoul de Mala-corona, issu d'une ancienne noblesse de France et de Bretagne, fort instruit de tous les Arts Libéraux, et qui passoit pour le. plus sçavant homme de son siècle dans la Médecine , se retire à Marmoutier , et y meurt après sept ans de pénitence. Il y donne avant sa mort à quelques-uns ae ses Confrères du goût pour la Médecine, dans laquelle il s'acquiert quelque réputation. Frideric de Moine du Mont- Cassin en devient Abbé le vingt-troisième de Mai, et le second d'Août suivant est élû Pape sous le nom d'Estienne IX. Il tient aussi-tôt divers Conciles à Rome, puis va au Monl- Cassin , où il se démet de la dignité d'Abbé , et fait substituer le chant romain à l'ambroisien. Le Cardinal Humbert exerce celte année-ci et les deux suivantes au moins les fonctions de Chancelier et Bibliothécaire de l'Eglise Romaine. Se trouvant à Florence, il y compose son grand Ouvrage contre les Schismatiques. Drogon, Moine de Berg S. Vinok, dont on a quelques écrits, fait un voïage en Danemark, sans qu'on en scache le sujet: Fulbert surnommé le Sophiste, le principal Conseiller de l'Archevêque Maurille, et l'un de nos Ecrivains de quelque réputation, failpar son sçavoir un grand ornement de l'Eglise de Rouen. Terme d'une Chronique dite d'Anjou, mais qui devroit plutôt être nommée de Vendôme.

Au commencement de celte année le Pape Estienne envoie de nouveaux Légats à Constanlinople, afin de trouver les moïens de réunir l'Eglise Grecque avec la Romaine. Le vingt-neuvième de Mars ce Pontife se trouvant à Florence, y tombe malade , et meurt presque aussi-tôt. A la nouvelle de celte mort, le Cardinal Estienne, François de nation et l'un des Légats envoïés à Constanlinople, révient sur ses pas avec ses

Collègues,

CHRONOLOGIQUE

Collègues, el laisse sa légation imparfaite. Odon, Moine de l'Abbaïe des Fossés près de Paris , écrit la Vie du vénérable Bouchard, Comte de Melun et de Corbeil, mort en 1012. Un Moine de saint Julien de Tours finit une Histoire de son Monastère, intéressante pour l'Histoire du pais. Un autre Moine d«- l'Abbaïe de Laubes continue la relation des miracles de saint Ursmar. < t y joint celle du transport circulaire de ses Reliques par la Flandres. Anselme, si célèbre dans la suite par son grand sça\oir et sa sainteté, après avoir parcouru la Bourgogne et la France , arrive à Avranche , et y fait quelque temps des leçons publiques. Gérard Evêque de Florence , le quatrième François qu'on vit jusqu'ici sur la Chaire de saint Pierre, est élu Pape le vingt-huitième de Décembre , el prend le nom de Nicolas II. Ce pontife tient en Janvier un Concile à Sutri , d'où étant allé à Rome il y est inthronisé suivant la coûtume , et y tient en Avril un célèbre Concile. Bcrenger de Tours, qui y avoit été invité, s'y trouve, et y retracte solemnellement ses erreurs, en souscrivant la formule dressée par le Cardinal Humbert , el brûlant lui-même les écrits qui les contenoient. Lanfranc son illustre adversaire , que Guillaume Duc de Normandie avoit envolé à Home pour faire sa paix avec le Pape , en conséquence de son mariage avec Mathilde sa parente , assiste au même Concile , et y est spectateur de cette retraclion. Le Pape , qui la croïoit sincère , se hâte de l'annoncer à toutes les Eglises. Il publie dans son Concile de Rome un fameux Décret en faveur de l'Institut des Chanoines Réguliers. Gervais, Archevêque de Reims, en établit de son côté sous la Règle de saint Augustin , dans l'Abbaïe de saint Denys à un des Fauxbourgs de sa Ville Archiépiscopale. Le vingt-troisième de Mai , jour de la Pentecôte , ce Prélat fait dans son Eglise avec beaucoup de pompe la cérémonie du Sacre de Philippe I , en présence du Roi Henri son pere et d'une nombreuse Cour, et en écrit aussi-tôt la Relation. Le Cardinal Eslienne est envoïé Légat en France , où il assemble les années suivantes divers Conciles, dont il reste quelques Décrets. Le Pape Nicolas passe en Fouille , tient un Concile à Melfe, reçoit les soumissions des Princes Normans, leur cède ce qu'ils avoient conquis, el donne par-là naissance aui Roïaumes de Naples et de Sicile ; et au droit qu'y prétendent les Papes. Durand , Elève de l'Ecole du Mont-Sainte-Catherine

* Tome VII. M m m m

TABLE

près de Rouen , est élu Abbé de Troarn , où il fait observer une exacte discipline, et peu de lemps après écrit contre Berenger. Wibert , Archidiacre de Toul , met la main à la seconde partie de l'Histoire du Pape Léon IX. Gonzon, Abbé de Florence , célèbre par sa doctrine et sa piété , et qui laissa quelques écrits de se façon , paroit avoir vécu jusqu'ici. Il faut rapporter à la même année , ou à la suivante au plus tard , la Vie de saint Guillaume de Gellone. Un Moine , inconnu d'ailleurs , pousse jusqu'à la même époque une Histoire de France depuis Louis le Débonnaire , de laquelle on n'a que des fragments. D'autres Histoires aussi de France , qui ne sont encore que manuscrites , finissent au même temps. La Chronique de Novalese , oui entre plusieurs traditions populaires et des fables ridicules , contient des traits pour l'Histoire de France, esta peu près de même date que les précédentes. Gilbert, ou Gislebert, Moine de saint Remi de Vareilles au Diocèse d'Auxerre , écrit vers le même temps la Vie de saint Romain , Abbé de Font-Rouge et l'Histoire de ses miracles.

Le trentième de Janvier le Cardinal Estienne , Légat en France , tient à Vienne un Concile , et le premier de Mars un autre à Tours, dont les décrets sont entièrement les mêmes. Berenger de retour de Rome en France , desavoue tout ce qu'il avoit fait au Concile de La Iran de l'année précédente , et publie de nouveaux écrits eu faveur de son hérésie. Anselme abandonne son Ecole d'Avranche , et se retire au Bec , dont il devient ensuite Prieur, puis Abbé , et où il soutient avec un nouvel éclat la réputation de l'Ecole que Lanfranc y avoit ouverte. Au moïen des travaux litéiaires de ces deux grands hommes, le Latin s'épure et se polit; la Théologie acquiert de nouvelles perfections; la Philosophie s'élève au-dessus des pointilleries et du jargon de l'Ecole; on apprend à devenir Métaphysicien , à étudier par principes et à découvrir la vérité. 11 sort de leur célèbre Académie un grand nombre d'Elèves , pour remplir les premières dignités de i clglise , jusqu'au souverain Ponliticat inclusivement. Fondation de l'Àbbaïe de Conneilles, où l'Abbé Osberne , qui mérita le surnom du plus Saint de tous les Abbés, porte l'amour des Letres et de la discipline régulière , qu'il avoit puisé au Mont-Sainte-Catherine. Gozechin , auparavant Ecolatre de Liège, et alors retiré à Maïence, comme en une espèce d'exil , écrit étant déjà

An.dtJ.C.

CHRONOLOGIQUE

arrh é à l'âge de la vieillesse, sa belle et longue Letre à Valcher son disciple et son successeur. Eckbert ou Egebert, autre scavant de l'Eglise de Liège, qui laissa de sa façon un recueil d'Enigmes champêtres en Vers, et la Vie de saint Àmor Confesseur en Prose, semble avoir vécu au moins jusqu'en cette année. Raimond Rerenger, Comte et Marquis de Barcelone, qui savoit la .Jurisprudence , rédige les usages de Barcelonp dont on a le Recueil. Un Moine de saint Paul à Utrecht, écrit la Vie de saint Aufroi, ou Ansfride, Evêque du lieu, et un autre Moine inconnu, qui savoit la médecine, et avoit le talent de bien écrire, l'Histoire d'une des Translations de sainte Hunegonde. Un poète anonyme en prend peut-être occasion de mettre en Vers la Vie de cette Sainte. Un autre Ecrivain sans nom, du Diocèse de Verdun, publie l'Histoire de saint Paul , évêque de cette Eglise au Vil siècle. Adam de Paris, homme scavant, allant à Athènes pour perfectionner ses études, passe par Spalatro en Dalmatie, où on l'engage à retoucher les Actes des SS. Martyrs Domnie et Anastase, et à mettre en Vers l'office du premier. Le vingt-sixième de Décembre, mort de Thierri Abbé de S. Aubin d'Angers, qui avoit continué la relation des miracles du S. Patron de son Monastère, commencée par un de ses Moines et reprise par un autre après Thierri, En Janvier, mort d'Eslienne, Abbé de saint Laurent de Liège, célèbre par sa piété et son sçavoir, dont il y a plusieurs Epitaphes de sa façon. Lambert, autre homme de Letres, lui succède. Frotard qui se fit de la réputation par sa science et sa vertu, est élu Abbé de saint Pons, où il forme plusieurs Elèves de mérite aux Letres et à la religion, et fait revivre l'esprit de saint Benoit dans plusieurs autres Monastères. Bruno, connu depuis sous le titre d'Instituteur des Chartreux, vient à Reims, où il est d'abord revêtu d'un Canonicat de la Cathédrale et bientôt après chargé de la direction des Ecoles, qui reprennent sous lui tout leur ancien lustre. On y voit d<-s Etudiants du premier mérite, nommément Odon, ou Otton, depuis Pane sous le nom d'Urbain II, Manassé II et Raoul le Verd , l'un et l'autre successivement Archevêques de Reims. Le dixième de Mars de celte année, ou de la suivante, mort de Widric célèbre Abbé de saint Evre et Reformateur de divers autres Monastères, duquel on a des écrits en vers et en prose. Paulin, Primicier de l'Eglise de

M m m m ij

kM.itJ.C.

TABLE

Metz, ami d'Adelmanne et de Berenger, avec lesquels il entretenoit des liaisons litéraires, ne paroit pas avoir vécu audelà de cette année. Un Moine de saint Vandrille, homme de beaucoup de mérite, finit l'Histoire de l'invention du Corps de saint Vulfram et de ses miracles, dans laquelle il réfute celle d'un Ecrivain d'Abbeville qui prétendoit qu'on v avoit les Reliques du Saint. Le vingt-deux de Juillet, le Pape Nicolas II, de qui il reste quelques Décrets et Lelres intéressantes, sans compter ses Bulles, meurt à Florence, dont il avoit été Evêque et y est enterré. Giraud, homme de mérite et de sçavoir, dont il fit quelque usage en écrivant pour la postérité, est établi Abbé de Tournus. Maurille, Archevêque de Rouen, préside à la célèbre assemblée de Caen, où sont faits de beaux règlements pour tâcher de rétablir le bon ordre. Jean deBaïeux, l'un des plus sages et plus letrés Laïcs de son temps, est élu et sacré Evêque d'Avranche, et devient bientôt une des Lumières de l'Eglise de Normandie. Emenon, homme d'esprit et d'un grand zélé pour l'exacte discipline, qui fit quelques écrits dans la suite, est élu Abbé d'Aniane en Languedoc.

Robert Guischard et Roger son frère, Princes Normans, aïant conquis la Pouille et la Calabre, se rendent Maîtres aussi de la Sicile, et avec le bénéfice du lems réussissent à rendre à cette Isle, auparavant opprimée par les Sarrasins, sa première liberté, et à y établir la religion. Eux et leurs enfants renouvellent toute la face de ces pays- là, y appelant des Elèves de nos Ecoles, qu'ils y élablissenl pour Evêqui s et Abbés. Ordination de Richer, Archevêque de Sens, le propre jour de Pâque. Everhelmc, Abbé d'Haulmont, reprend et achève la Vie de saint Poppon, Abbé de Stavelo son oncle, commencée par le Moine Onulfe. Estienne, dont il y a quelques écrits, est fait Abbé de saint Airi a Verdun, et réussit à y faire observer une exacte discipline. Assemblée d'Evêques à Angers , dans laquelle on étouffe les étincelles des erreurs de Berenger qui vouloient se rallumer. Eusebe Brunon, évêque du lieu, qui étoil de l'assemblée, écrit peu après sa belle Ielre au même Berenger, pour l'empêcher de remuer de nouveau. Folcard, Moine de saint Bertin, publie une Vie abrégée du S. Patron de son Monastère, laquelle fut suivie quelques années après d'une autre plus prolixe. Robert de Tombelaine , envoie son explication du Cantique des

CHRONOLOGIQUE. 645

Cantiques à Ansfroi, Abbé de Préaux, l'un de ses disciples. Fulbert le Sophiste, Archidiacre de Rouen, fait une Vie de saint Romain, Evêque de celte Eglise, et au bout de quelque temps une autre de saint Remi, l'un des successeurs du précédent.

Ronert de Grentemaisnil, Abbé de saint Evroul, forcé à quitter son Monastère, se retire en Calabrc, où il fonde de nouveaux Monastères, et relève les ruines de ceux qui avoient été délruiLs : au moïen de quoi les usages de saint Evroul se trouvent établis dans ce païs-là, avec ceux de Cluni qui y avoient été portés dès le siècle précédent. Lan franc est choisi pour premier Abbé de saint Kstienne de Caen, où il continue de former aux Letres et à la vertu plusieurs excellents sujets, qui remplirent dignement dans la suite divers Archevêchés, Evêchés et Abbaïes. Anselme est établi en sa place Prieur du Bec, où il dirige l'Ecole, qui acquiert une nouvelle réputation. Mort du sçavant Cardinal Humbert avant le septième de Mai, dont on a divers écrits considérables. Adelmanne, Evéque de Bresse, Auteur d'une admirable Letre à Berenger sur l'Eucharistie, paroit avoir vécu jusqu'ici. Varnier, Scolaslique de Sens, écrit sur les Archevêques de cette Eglise, un Ouvrage qu'il dédie à Gerbert, Abbé de saint Pierre le Vif, mais qui est perdu. Le Moine anonyme de saint Vandrille, Auleur de l'Histoire de l'invention du corps de saint Vulfram, finit ici une Chronique intéressante. Maurille, Archevêque de Rouen, aiant achevé le vaisseau de sa Cathédrale, en fait la Dédicace, qui est suivie d'un Concile, dans lequel il publie l'excellente profession de foi touchant l'Eucharistie, qu'on a encore sous son nom. Oderic, Abbé de Vendôme fait un voïage à Rome; et le Pape Alexandre II, en considération de la bonne odeur que répandoit sa Communauté, lui accorde à lui et à tous ses légitimes successeurs le litre de Cardinal. Fulbert, sçavant Moine de saint Oùen, qu'il ne faut pas confondre avec un autre Fulbert, Archidiacre et successivement Doien de la Cathédrale de Rouen, qui mourut au siècle suivant dans l'habit Monastique, écrit la première partie de son recueil des miracles de saint Oùen, Patron de son Monastère.

Anselme, Prieur du Bec, entre en commerce de Letres avec Robert de Tombelaine, Moine du Mont-Saint-Michel, et lie amitié avec le sçavant Ermite Anaslase. Guibert, dans la

4wMJ. C.

TABLE

suite Abbé de Noeent sous Couci, el l'un dos plus judicieux Ecrivains du siècle suivant, se rend Moine à sainl Germer de Fiais. Le vingliéme de Mai, mort du vénérable Albert Abbé de Marmoutier qui laissa de sa façon de beaux Statuts pour son Monastère. Barthelemi, autre Abbé de grand mérite et de sçavoir, lui succède. Un Ecrivain inconnu d'ailleurs fait la Vie de saint Ysarne, Abbé de saint Victor de Marseille, mort en 1048. Un Moine anonyme de Leucone au Diocèse d'Amiens, écrit l'Histoire de la Translation et des miracles de saint Valeri Patron de son Monastère, et met en Vers la Vie du même Saint. On a une histoire encore manuscrite de la Translation des Saints qui reposoient à saint Medard de Soissons, laquelle paroit être du même temps. Un disciple du B. Richard, Abbé de saint Vanne, continue jusques vers ce temps-ci l'Histoire des Evêques de Verdun, commencée par le Prêtre Berthaire. On écrit vers le même temps la Vie d'Enguerran, célèbre Abbé de saint Riquier, laquelle n'existe plus aujourd'hui. La Vie el l'Histoire des miracles de Sainte Hihrude, Vierge recluse en Hainaut, appartient au même temps. On y peut rapporter aussi la mauvaise Légende de saint Gobin, et l'Histoire de l'invention des Reliques des saints Martyrs Ferreol, Ferrution, et de leurs différentes Translations. Pierre, Moine de Maillezais, homme de mérite, d'esprit et de sçavoir, fait l'Histoire de la Translation de saint Rigomer, et en partie celle de son Monastère.

Saint Gautier, qui au bout de cinq ans fut Abbé de saint Martin à Pontoise. quitte une célèbre Ecole, où il communiquoit à une multitude de disciples les connoissances qu'il avoit acquises à plusieurs autres Ecoles, et va à Rebais enfouir tous ses talents dans l'obscurité d'un cloître. Synode à Tulujes au Diocèse d'Elne, dont il y a un Décret en faveur de la Trêve de Dieu. Witmond, sçavant Moine de saint Evroul, qui passoit pour un Docteur de réputation en son temps, et trèshabile Musicien, et qu'il ne faut pas confondre avec le docte Guitmond, qui a réfuté les erreurs de Berenger, paroît être mort vers cette année, et laisse de sa façon plusieurs pièces de Musique pour l'office divin , et une belle Letre au Pape Alexandre 11. C'est aussi l'époque d'une Chronique de France encore manuscrite, qu'on attribue à un Chanoine de Carcassone. Raymond Arnalli, Moine de saint Victor de Mar-

AnM J C

Page 1