‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 208 sur 214 · ET OBSERVATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

ET OBSERVATIONS DIVERSES

SLK LE TOMi: SEPTIÈME.

XvEBTISSEMEM. — Page i. - l.XXXIll.

Page vin. — On verra que de Marseille, la langue Greque, aprte l'itrc répandue dam lu y'arbonnoise, se communiqua ù la Celtique, à l'Aquitaine et même encore plus loin.

L'argument n'auroii pas été sans réplique; atr la connoissance du grec, très répandue dans ces provinces, n'empêche pasde supposer que l'ancienne langue des habilans de ces contrées ne s'y fui conservée et n'y fut restée la langue populaire. La question est donc celle-ci : les Provençaux ont-ils eu jamais pour langue vulgaire le grec '? Dans le as affirmai if, ne pouvoit-il être arrivé comme en Grèce et dans l'Asie Mineure, que les Romains n'y eussent pu faire prévaloir le latin? Mais tout doit nous porter à croire que les Aquitains eurent toujours l'habitude du latin plutôt que celle du grec. La langue commerciale Tome VU. S s 3 s

NOTES

des colonies massiliotes pouvoit être le grec, comme aujourd'hui le francois en Russie; mais comment expliquer tant de médailles et tant d'inscriptions latines dans notre France méridionale, si peu de médailles grecques et d'inscriptions grecques, si la langue la plus gênerai ', même dans les temps antérieurs à César, n'eût été, même à Marseille, celle des Romains ? Comment César n'auroit-il compté pour rien le grec dans sa classification des langues de la Gaule, si le grec eut été la langue dominante en Aquitaine?

D'ailleurs, l'opinion de La RavaUiere n'es^ pas sur ce point complètement invraisemblable. Si les "Aquitains dont la langue littéraire, c'est à dire écrite, fut le grec avant d'être le latin, si la langue vulgaire fut, même avant César, le latin, ce latin vulgaire devoit être fort peu grammatical, et devoit différer de celui que les magistrats substituèrent au grec. Comment ne pas le conjecturer, quand nous savons que les Cisalpins eux-mêmes u'euiployoienl sous la domination romaine qu'un langage barbare et corrompu ? Le latin n'aurait donc jamais été, dans sa pureté grammaticale, la langue vulgaire des Gaules. (N. E.)

Page x, ligne 34. — La RavaUiere, en prétendant que nos Gaulois avoient consmé sous les Romains leur ancien idiome national, auroit pu citer en exemple la Grèce qui conserva le sien sous la domination romaine. Et quant à la vogue des rhéteurs arrivés de Gaule à Rome pour y devenir des maîtres de grammaire et d'éloquence, on pourroit admettre que la faveur dont on les entouroit venoit de la connoissance particulière qu'ils avoient de la littérature grecque. Les premières leçons des rhéteurs Gaulois à Rome durent se rapporter à l'élude des écrivains grecs. Griffon, suivant Suétone, avoit commencé a se faire une réputation dans Alexandrie, puis a Rome. Docuit primum in divi Julii domo pueri adhuc ; deinde in sua privata. Valerius Caton étoit bien gaulois d'origine, mais il avoil été fort jeune transporté hors de sa patrie. Et puis Suétone cile trente grammairiens parmi lesquels on n'en reconnolt que trois d'origine Gauloise. {Ib.)

Page xiv. — Les passages cités de Martial et de Pline ne sont pas tout-àfait concluants. Ilssavoientque les Gaules étoient de leur teipps une province où les lettres romaines etoient cultivées; et ils se felicitoienl d'y être goûtés généralement. Mais à coté de ceux qui lisoient, il y avoit le peuple qui ne lisoit pas. Et quant aux martyrs, ils dévoient se plaindre et repondre dans la langue de leurs juges et de leurs bourreaux. \lb.)

Page xvii, ligne 30. — On ne prétend pas que la langue latine fût inconnue; c'eloit même la seule dans laquelle l'autorité politique qui venott de Rome et l'autorité ecclésiastique qui en venoit également, exprimassent leurs arrêts et leurs actes. Mais l'usage en ayant subsisté jusqu'au milieu du

NOTES

xvi« siècle ne prouve rien contre une langue vulgaire persistante dans les dix premiers siècles de notre ère. (N. E.)

l'âge xi. — « Notre roman se forma » dit-on « au plutôt vers la fin du vin siècle, ce qui sera prouve" ». Avec grande peine; attendu que Grégoire de Tours hérisse de mots vulgaires son histoire, et les y distingue comme têts de la langue graminalicilc. Dans toute cette discussion il semble aujourd'hui que les deux adversaires avoient tort. Le premier de soutenir la « langue celtique filtrée, » le second de ne pis reconnoitre l'existence du latin vulgaire non grammatical, latin que dès les premiers siècles on put appeler roman, comme étant la langue vulgaire des Gaulois devenus Romains. (Ib.)

Page xxvm, ligne 18. — La langue de Marculfe n'est pas assurément celle de Sulpice Severe. Non; mais bien plus, Sulpice Severea lui-même distingué la langue vulgaire de la langue latine. Tout le monde connolt ce passage du pretaier Dialogue de Virtutibus S. Martini, où Galras dit : t Sed dum cotfito me kominem Gallum inter Âquitanos verba facturum, vereor ne offeniat vestras nimium urbanas aurez sermo rusticior... — Tu vero, inquit Posthûmianus, tel Celtice aul si mavis Galtice loquere, dummodo jam Martinum loquarit. » On a cru trouver, dans ces deux mots Celtice et Gallice, la preuve que le Celtique et le Gaulois étoient deux langues : mais Gallice n'est ici qu'un jeu de mots sur le nom de Gallus. Ici, le Gaulois ou Celtique n'est que le latin rustique, le roman. Voici un autre passage moins cité du 2* Dialogue : « Sedebat autem Martinus in sellula rusticana, ut est in usibus

servulorum, quas nos rustici Galli tripetias, vos scholastici tripodas

. nuncupatis. Tripetia est assurément notre mol trépied. Et tout cela justifie ce point de la thèse de La Ravalliere, contre notre savant bénédictin. (Ib.)

Page xxii, in fine. — Toujours b môme façon de raisonner, tandis que les niêmes argumens, les mêmes témoignages pourraient conduire à des raisonnements opposés. Les Gaulois apprirent des Romains le roman qu'ils parlèrent, avant de le voir écrit et d'en distinguer les règles dés réglés dé la langue qu'ils abandonnoient. De là une mauvaise prononciation, une syntaxe bibride, une langue en réalité distincte du latin grammatical ; langue que d'ailleurs préféraient peut être déjà les conquerans romains des Gaules au latin de Terence ou de César. - Nous avons revu sur le texte le fameux serment de Louis le Germanique transmis par Nithard. (Ib.)

Page xxxui. — Dom Rivet, dans celte partie de la discussion d'ailleurs excellente, se trompe pourtant en assignan. une date aussi ancienne au roman de Philomena, qui ne peut remonter qu'aux dernières années du xut* siècle , comme l'ont fort bien demoutré M. P. Meyer et après lui Gaston Paris. (Ib.)

Ssss ij

692 NOTES

Page lvi. — La traduction faite par un moine do Mont-Cassin n'est pas celle de l'ouvrage de Geoffroi de Malatera, mais le livre original du moine Amar. Voyez d'ailleurs l'excellent article du Tome IX de l'Histoire littéraire, p. 226. (N. E.)

Page Lvm. — La charte de Louis le Gros, citée par Loisel (Mem. des pays, comtés.... de Beauvais, Paris, 1017, p. 266), est en effet postérieure à l'original, comme l'avoit soutenu La Ravalliere. C'est ce que les continuateurs de D. Rivet ont fort bien reconnu. T. XI. p. 669. {lb.)

Page lxvi. — Les « Gestes d'Artus écrits, » dit-on, « en 720 par un ermite Breton » ne sont autre chose que la seconde rédaction du roman de saint Graal, dont la première rédaction pouvoit en effet remonter à l'année 717, ainsi qu'on le déclare dans le préambule. A celte date ce devoit être une composition latine et liturgique, (lb.)

Pages xxxi n et suiv. — II y a bien des inexactitudes dans le texte des citations et dans l'attribution des ouvrages. Ainsi le roman ou plutôt la chanson de geste de Jean Bodel ne traite pas de la c journée de Roncevaux, > mais de la guerre des Saisnes ou Saxons. La geste d'Ogier est fort ancienne, même dans sa forme conservée. Celle des Enfances Ogicr, a laquelle on emprunte une citation, n'a été composée que dans la deuxième partie du xm* siècle. Au reste D. Rivet a connu plus tard l'ancienne chanson d'Ogier et il en a parlé assez exactement. Tome VIII, p. 594.

Les vers attribués page lxxvi au roman de Gerart de Roussillon, appartiennent réellement à la chanson do geste de Gerart de Vienne, composée au xin* siècle, (lb.)

Page Lxxxtii. — Le nom de l'auteur du poème elégiaque dont Aubert Le Mire avoil cité quatorze vers avoit été donné par Jacques de Guise, liv. xiv, ch. 40. C'etoit Guillaume ou Guillerme, abbé de S. Tron. « Historiographus magnus, compositor et poeta. » C'est donc un nom à ajouter à la liste des écrivains du xi» siècle, (lb.)

État des Lstrks. — Page 4. — 159-

Page 100. — On s'est mépris en rapportant à l'an 1012 ou 1013 l'ordination de Jean le Scholastique, évéque d'Auxerre, contre le sentiment de M. Le

NOTES

Bcuf, qui place la mort de ce prélat en 998. En effet, Hugues, successeur immédiat de Jean, étant décédé l'an 1039, après quarante ans huit mois d'épiscopal, a du monter sur le siège d'Auxerre au plus tard en 999 ; ce qui est conforme à une charte de cette année, dans laquelle Hugues prend la qualité d'évéque en souscrivant. Par cet acte, le prélat soumet à l'abbaïe de Cluni le monastère de Parai, fondé par Lambert son père, comte de Châlons. Actum, est-il dit à la fin, in suburbio GabilloncnsJ, in Gœnobio B. Harcelli, in pra> sentia régis Roberti, data roense maio, indictione XII, anno incarnationis DCCC. nonagesimo nono; Roberto rege, anno quarto regni ejus». (D. Clément. T. xn, 1763. Avertiss., p. xxu ).

Page 154. $ c.lxxxix. — L'auteur de la vie du vénérable Goderanne ne nomme pas précisément l'abbaie d'Avenai, mais une maison de femmes voisine de Reims. La façon dont il en parle est assez curieuse : « Goderannus, « Remorum ci vis, qui, sicut ipse narnre solilus erat, ad Christi mililiam < adhuc puerulus deputatus ; ab ainita quadam sua in monasterio feminarum t susceptus est, ubi */ qua earum contra canonem et pudicitiœ professionem aliquid factura, Ulum prasentem, ut pote parvulum, amovere minus eurabat, postea gravissimum testem et propalatorem sua nequitiœ sustinebal ; hœc non semel fecit, sicut ip*e mihi sœpius dixit. » Ile cette abbaïe de filles, Goderanne passa successivement dans les monastères d'Hautvillers et de Saint-Reray de Reims. Hais sa pudeur y fut également offensée de tout ce qu'il voyoit, si bien qu'il y (il plus de progrès dans les lettres que dans la dévotion : « Quud in religione non potuit, in lilteris quantum valuit profecil. » Il prit enfin le parti de se rendre dans une maison plus régulière de l'ordre de Cluriy. (Acta SS. ord. S. Bened. Sac. VI, pars secunda, pag. 315, 316.) (fi. E.)

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