VU
S. Fulbert, Évêque de Chartres. — Pages 261-279.
Page 261 : « Quelques sçavants, dit D. Rivel, ont penché sur un endroit des écrits de Fulbert à le faire Romain ; mais ce qu'ils en citent est très-équivoque, et ne le prouve nullement. > Cependant le texte suivant de la seconde lettre de Fulbert parolt bien favorable à l'opinion de ces sçavants, et difficile à résoudre : Hœsitare diutius coepi, dit-il, an mini adhuc codicem illum unum haberem quem a natali patria... devexeram...Quemdiuqucuitum,quoniam non invenio, repetita memoria, quee de Mo recolo pauca vobis intimare non gravabor. Plus bas il dit : Hac pauca de multis ad preuens suffieiant ; dum ego codicem... a Rotnano terinio prolatum perlegam. Si le Codex que Fulbert avoit apporté du lieu où il étoit né, a natali patria, est le môme que le Codex apporté de Rome, a Romano terinio prolatut, comme la phrase semble l'insinuer, il s'ensuivra que Fulbert étoit Romain.
Page 271. — On a remarqué que les lettres de Fulbert auraient grand besoin d'être revues sur de bons manuscrits, parce qu'il s'y esl glissé des fautes sans nombre, et qu'il y en a
NOTES
On cite pour exemple l'inscription de la lettre 18, conçue en ces termes: Domino suo Régi Fulbert. Ândegarovum cornes. Il est visible qu'il y a une faute dans cette inscription, dont les termes ne sont susceptibles d'aucun bon sens. Nous allons rétablir celle-ci d'une manière satisfaisante, comme nous l'espérons, à l'aide des remarques qui nous ont été communiquées par un célèbre académicien, qui a mérité par ses talents et sa vertu qu'on lui confiât l'éducation d'un grand prince. Le lecteur sent que nous parlons de M de Fonceimgne, chargé d'élever M. le duc de Chartres. Dans l'édition des lettres de Fulbert, publiée par Charles de Villiers, dont ce savant s'est servi, l'inscription de la quinzième lettre est ainsi exprimée : Domino tuo régi Fui. et Andegavorum cornes. A la première inspection, ce titre parolt aussi corrompu que celui qu'on cite dans l'Histoire littéraire; néanmoins il met sur la voie d'une conjecture qui levé toute la difficulté. Nous ne parlons que d'après M. de Foncemagne. n soupçonne que la lettre en question n'est pas de Fulbert, mais de Foulques Nerra, comte d'Angers, et qu'un copiste malhabile, au lieu de lire Fulco Andegavorum cornes, a lu Ful.el Andegacorum cornes. La correction ne consiste qu'à substituer ces deux lettres, co, à ces deux autres, et. D'ailleurs, tout conspire à appuyer cette conjecture. 1° Il convenoil mieux à Foulques qu'à Fulbert d'être le médiateur entre le roi de France et le comte de Poitiers ; 2° il convenoit encore plus à Foulques qu'à Fulbert, même en supposant celui-ci Aquitain, d'appeler le comte de Poitiers herus meus. C'est la qualité que le vassal donnoit à son seigneur. Et Foulques étoil vassal de Guillaume.
Dans la neuvième lettre, il est parlé d'un Reginalde, prédécesseur de Fulbert sur le siège de Chartres, Per donum Reginaldi Episcopi ; cependant on ne trouve aucun évéque avant Fulbert qui ait porté ce nom. Nous en trouvons un nommé Ragcnfride, qui occupoit ce siège vers le milieu du x* siècle. Vraisemblablement le nom de ce prélat s'étant trouvé désigné seulement par la première lettre R, au lieu de lire per donum Ragenfridi, on aura lu mal à propos Reginaldi.
M. de Foncemagne remarque, dans les observations qu'il a eu la bonté de nous communiquer, que les auteurs de l'Histoire littéraire ont eu raison de dire que la vingt-unième lettre de Fulbert, loin de prouver qu'il ait été moine, comme le prétend Baronius, détruit cette opinion. Mais il croit qu'on pourroit l'appuyer sur d'autres lettres : sur la soixante-sixième, dans laquelle Fulbert parlant d'Odilon, abbé de Cluni, l'appelle archangelum nostrum ; sur la soixante-huitième adressée au même Odilon qu'il qualifie pater et dont il se dit le servulus, etc.; enfin sur la soixante-dixième. (DD. Colomb, Poncot, Clbmencet et Clément. T. XI, 1789. Avertissement, pp. xxv-xxvu.)
702 NOTES
Gauzlm, Archevrqub de Bocrcbs. — Pages 279-283.
Page 281. — Note. — La véritable date de la mort de Gauzhn, en dépit des remarques très-plausibles de Dom Rivet, est cependant le 8 mars 1030. Ecrite par M. Léopold Delisle,|quia le premier publié dans le deuxième volume des Mémoires de la Société archéologique de f Orléanais , la Vita Gamlini, par le moine André en 1853, a démontré, même d'après les termes de cette Vie de Gauzlin, qu'il étoitraort le dimanche de la mi-carême, qni justement tomboit, en 1030, le 8 mars. Il y avoit donc une faute dans la date du 2 septembre donnée par l'Obituaire ou Nt'crologe de Fleury. D'ailleurs, nous regrettons que M. Léopold Delisle, cet excellent esprit, cet érudit ordinairement si exact, ait dit que la Vie de Gauzlin, par André, fht restée dans Foubli jusqu'à nos jours. Dom.Rivct l'avoit mise un peu trop brièvement, mais très-exactement à contribution, dans sa notice de Gauzlin, et plus loin dans celle d'André. M. Delisle vouloil dire seulement qu'on s'expliquoil difficilement, non pas qu'on eût oublié le texte, mais qu'on ne l'eût pas encore publié dans son intégrité. Le résumé dont mon savant confrère a fait précéder l'édition qu'il en a donnée, prouve suffisamment que Dom Rivet avoit très-bien mis à profit le travail du moine André. (N. E.)
Adémar, Moïse de S. Cibard. — Pages 300-308.
Page 304, fin du second alinéa. — Un auteur sans nom, du siècle suivant, a fait apparemment entrer cette notice des abbés de S. Martial, dans une autre de sa façon sur le même sujet. Celui-ci commence comme le précédent, en 848, et continue la suite des abbés jusqu'en 1174. On le conserve à la Bibliothèque du Vatican, entre les manuscrits de Christine, reine de Suéde. (Don Rivet. Addition placée à la fin de ce volume.)
Ib. — D. Bouquet a publié, dans la collection des Historiens de France, plusieurs fragments de la Chronique d'Adémar, dans le sixième volume.
NOTES
p. 223 ; dans le septième» p. 228; dans le huitième, p. 232. (DD. Poucet, Colomb, Glembncit et Clément. T. XI, 1739. Avertiss., p. xxvu.)
Ib. — Nous croyons devoir ajouter à ce qui a été dit sur la Chronique d*Adémar, que, dans la bibliothèque de feu M. le président Bouhier, on conserve an manuscrit de cet ouvrage, dont l'écriture appartient au xm* siècle, et qui a pour titre : Adhemari chronicorum libri très, pracipue ab anno 829 ad annum 930. On trouve écrit à la marge du prologue : « Cet ouvrage est im- > primé dans la BibUothèque des manuscrits, du P. Labbe, sur des exem- » plaires diflérens de celui-ci. » Et à la marge du troisième livre, il est marqué que le P. Labbe n'a imprimé que des extraits de ce livre. (D. Fr. Clbmest, T. XII, 1763. Avertiss., p. xxn.)
Ben runt», et autres ÉcwvAiNS. — Pages 308-31 K
Page 313. — La Chronique de Nantes a été réimprimée dans la collection des Historiens de France, sous le titre de Fragment de l'Histoire de la Bretagne Armorique, tome VII, p. 46-32, Préf. n. 3. Le nouvel éditeur ne croit pas que cette Chronique soit toute d'une même main ; mais il juge qu'elle est composée de deux parties, faites par deux auteurs différents. (DD. Poucet, Colomb, Clemencet et Clemekt, T. XI. 1739. Avertiss., p. xxvu).
Page 314. - La Chronique de Fleury est aussi.imprimée entre les Historiens de Normandie, pp. 32-34, et en partie dans un des Recueils de D. Manillon. (D. Rivet. Additions à la fin de ce volume.)
Othelbolo, kt quelques autres Écrivains. — Pages 332-340.
Page 336. — On parle ici de deux petits écrits assez peu intéressants, publiés par D. Mabillon, qui sont une histoire abrégée de la translation des reliques de S. Aigulphe, vulgairement Saint Ayou, de l'abbaye de Fleuri à Provins, et la relation des miracles du même saint. Il faut joindre à cette
NOTES
édition celle que les Bollandistes, 3 septembre, p. 755-763, ont donnée dans leur Collection. DD. Poncet, Colomb, Cumercet et Clehbnt. (T. X, 1756. Additions et corrections, p. lxv.)
On peut consulter sur l'église ei les reliques de S. Aiol ou Ayoul, l'Histoire de Provins de M. F. Bourquelot; Paris, 1839, in 8°, Tome I, pag. 3il- 349. iN. E.)
Raoul Glaber. — Pages 399-403.
M. l'abbé Le Beuf, qui a fait de sçavantcs notes sur la nouvelle Histoire Ecclésiastique et Civile de Verdun, observe, pages 159-161 de la seconde partie de cet ouvrage, que le rare et précieux Code manuscrit de Canons et de Lois qui a appartenu à Heimon, Evéque de Verdun, peut aisément être de la main de Raoul Glaber. C'est afin qu'il ne manque rien de ce qu'on sait des travaux litéraires de cet Ecrivain, que nous croïons devoir repeter ici cette observation. Le Copiste de ce beau manuscrit, dont MM. Salmon et Le Beuf ont donné une ample notice, a eu soin de marquer à la fin, qu'il se nommoit Raoul, et qu'il le finit en mars 1008, caractères qui conviennent à Raoul Glaber. 11 n'y parolt qu'une petite difficulté. C'est qu'il avertit que ce fut par ordre de l'Evêque Heimon, qu'il entreprit ce travail, et qu'on ne voit point dans l'histoire, que Glaber ait fait quelque résidence dans le Diocèse de Verdun. Mais on sait qu'il étoit fort ordinaire en ce temps-là de faire copier les livres dans les lieux même éloignés, ou l'on apprenoit qu'ils se trouvoient. De sorte que celui dont il est question, se trouvant à S. Bénigne de Dijon, quoique fait originairement en Ralie, oii cette Abbaïe avoit des relations particulières, il est fort vraisemblable qu' Heimon s'y adressa pour en avoir une copie, et que Glaber y faisant des lors sa résidence, fut chargé de la faire. (D. Rivet, Avertiss. du présent volume, p. lxxxui.).
Page 401. — La découverte que fit il y a quelques années M. Le Beuf, par on manuscrit de la Bibliothèque de Sorbonne, lui fournit la matière d'un mé- Mém. à> rxai. moire sur le temps où Von a commencé dans l'Eglise à formel' un corps de fll^'h *™' h canons et de lois civiles, rangés par ordre de matières. Ce manuscrit contient un recueil de canons et de lois civiles* plus ancien que celui de Reginon, ce qui f:iit voir que c'est à tort que la plupart des savants, et les plus habiles canonistes mômes, ont regardé Reginon comme le premier qui eût fait un recueil de canons rangés par ordre de matières, et ont cru que tous ceux qui
NOTES
avant lai avoient travaillé à de semblables collections, y avoient suivi une route différente, s'étant contentés de l'ordre chronologique. C'est ce que prétend en particulier H. d'Hcricourt, dans sa Dissertation historique sur l'origine et le progrès du droit ecclésiastique, a la léle de ses Lois ecclésiastiques de France, p. 5. D. Rivet, en prenant pour guide ce canonisie, a adopté son erreur, qui lui est commune avec beaucoup d'autres. Mais tous doivent être desabusés aujourd'hui, puisque le recueil que M. Le Beuf a trouvé dans le manuscrit de la Bibliothèque de Sorbonne est bien antérieur à celui de Reginou, étant du commencement du ix' siècle, comme le prouve solidement celui à qui nous sommes redevables de celte découverte. Comme l'auteur de cet ancien recueil est un moine Lombard, et par conséquent étranger pour nous, nous ne nous y arrêtons pas. Notre objet est d'en tirer quelques traits qui concernent un de nos écrivains françois.
Cet écrivain est Raoul Gkiber, qui nous a conservé l'ancien recueil de canons dont il s'agit, par la copie qu'il en a faîte. M. Le Beuf le pense ainsi, et cela nous paraît très vraisemblable. Celui qui a copié le recueil t se donne le » nom de Rodulfe dans l'avertissement qui termine le manuscrit... Le rapport
• évident qui se trouve entre les particularités de la vie de Glaber et les aveux
• contenus dans la prière que notre copiste adresse à ses lecteurs, paraît » établir cette identité. On sait que Glaber eut de grandes liaisons avec » S. Odilon, abbé de Cluni, ainsi qu'avec le célèbre Guillaume, abbé de S. Be-
• nigne de Dijon ; on suit de plus que c'est de S. Bénigne de Dijon que sortit, » en 1003, la colonie qui peupla l'abbaïe de Fruttuare, en Lombardie. Ce » monastère, situé dans le diocèse d'Ivrée, est voisin de Vcrceil; et c'est » par là vraisemblablement qu'on connut en Bourgogne le manuscrit, rédigé » cent quatre-vingts ans auparavant, sous les auspices d'Anselme, archevêque ■ de Milan. Ce manuscrit aura passé dans l'abbaïe de S. Bénigne, où deuieu- » rail Glaber, alors à peine âgé de vingt-cinq ans. On l'aura chargé de le » transcrire pour Heimoit, evéqne de Verdun, que le rétablissement du mo- » nastére de Saint-Vanne aura lié sans doute avec l'abbé de Saint Bénigne, à » cause de la part que ce dernier y avoil eue.
» On apprend, par un avis au lecteur, que le copiste avoit rais à la suite de » la dernière partie du Traité, qu'il a fait cette copie en 1009; qu'il étoit » moine et se nommoit Hodulfe, et l'avoit faite en conséquence des ordres » d'Heimon, evéque de Verdun. Il ajoute qu'il a fini de transcrire ce volume » l'an 1009, indiction VII, le X des K ilendcs d'avril ; Henri étant alors roi de » Lorraine. Il finit par conjurer ses lecteurs de se souvenir de lui dans leurs
• prières, dont il assure avoir grand besoin. Glaber |«arle quelquefois dans » son histoire des dérèglements de sa jeunesse; il avoue que ses desordres » l'avoient fait chasser du prieuré de Champeaux. Celle espèce de confession » publique s'accorde avec la formule employée p tr le Rodulfe de l'exemplai-c