XY
S. Léon IX. — Pages 459-472.
Page 470. — On u va dans le cours de notre Histoire literaire, que le combat des Vertus ot des Vices a été un sujet sur lequel plusieurs de nos Ecrivains se sont plûs à exercer leur plume. S. Boiuface, archevêque de ' Maienee, l'a fait entrer dans quelques-unes de ses exhortations; S. Amin, Evéque et Abbé, et S. Paulin patriarche d'Aquilée dans les leurs. Le B. Alcuin l'a choisi pour en faire la matière d'un de ses traités; en quoi il a été imité par Rabin Maur et Hinemar de Reims. Enfin, pour abréger, c'est sur le mémo sujet que roulent en partie les Sentences morales de Vippon dont nous tenons • de parler. Etant tombés sur un traité de même nature, d'une édition que nous
ne connoiasions pas encore, nous avons cru qu'il pouvoH. appartenir au pape Léon IX; sur ce que plusieurs Critiques lui attribuent quelques Sermons, ou Homélies imprimées à fa suite de celles de S. Léon le Grand. Ce .traité se trouvant imprimé de la sorte dans l'édition faite à Cologne en 1348, et portant avec soi toutes les marques désirables qu'il n'est point du Grand S. Léon, nous avons jugé qu'il pouvoit être une des Homdies de S. Léon IX.
Mais nous avons découvert dans la suite que ce traité «si entièrement le même qui se Ht entre les ouvrages supposes à S. Ambroise de Milan, à S. Augustin, et à la fin de quelques éditions des Œuvres de S. Isidore deSeville '. Traité que nous avons montré, par des preuves qui ne souffrent point de Bi»t. lit. t. IV p. réplique, Cire une des productions de la plume du B. Ambroise d'Autpert, ,48*,5°- Abbé de Volturne en Italie. De sorte qu'il faut retrancher de la discussion des écrits du Pape Léon IX tout ce qui sp lit à la page 470, depuis la sixième ligne jusqu'au bas de la même page. (D. Rivet, T. VIII, 1747. Avertiss., pp. xv-xxvi.)
USWM. Çabpixal. -Pages 5*7^53*.
Page 554. — Nous sommes heureux de cher ici f excellente notice donnée par M. Chabouillet, sur le camée de l'Apothéose de Germanicus, dans le Caïa-
NOTES
logue général des Camées et Pierres gravées de la Biblolhèque Impériale, in 8°. Paris, 1838, p. 33 : « Ce magnifique camée... a été longtemps conservé » dans l'abbaye de S. Evrc de Toul... Dom Calmel (Hist. de Lorraine, T. II, » p. 611) nous dit qu'on tenait dans ce monastère par une tradition mal » fondée, que le cardinal Jlumbert, qu'on croyoit avoir été religieux de » S. Evre, l'avait donné à cette abbaye uu retour de son voyage à Conslan- » tinople. On ajoutait que cette agate représentait saint Jean V Evangéliste
• enlevé par un aigle et couronné. La piètre dont nous parlons est toute
• profane et n'a aucun rapport à saint Jean l'Evatigéliste. Cette dernière » assertion est incontestable, mais nous avouons ne pas comprendre sur quoi » s'appuie I). Calmel pour ne pas vouloir que ce beau camée ait été rapporté » de Gonstantinople par le cardinal Uuuibert. La tradition nous parait très- » plausible. Le cardinal Humbert fut en effet moine à Moyen-Moutier, et s'il » n'a pas été religieux à Saint-Evre, il faut noter qu'il est qualifié de religieux » de Toul , par Sigebert de Gemblous. Ne pouvait-il avoir gratifié l'abbaye
• de S. Evrc de ce cadeau, sans avoir fait partie de la communauté ? Nous » sommes donc disposé à croire que le camée vient de Constantinople, et > que la France en doit la possession au savant et zélé cardinal Humbert. Il
• y avait plus de six siècles que l'abbaye de Saint-Evre possédait ce joyau, » lorsqu'en 1084 Louis XIV le fit demander aux religieux pour le réunir aux » médailles et aux pierres gravées qu'on transportait alors du Louvre à Ver-
• sailles. Le Roi donna pour cette agate à la sacristie de Saint-Evre une
• somme de 7,000 écus. Oudinet publia ce camée en 1717, dans le tome I" » des Mémoire» de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, p. 276. Il » donna au personnage qui y est représenté le nom de Germanicus, et cette » opinion a été suivie depuis par tout le monde. »
Albert et autres Ecrivains. — Pages 553-364.
Page 558. — La Vie de S. Ysarn, publiée par D. Mabillon, a reparu dans le septième tome du mois de septembre de la grande collection de Bollandus, avec de nouvelles corrections et une manière d'appendice contenant plusieurs traits de l'histoire du Saint, omis par l'anonyme et tirés de divers monuments anciens. Les nouveaux éditeurs s'étendent fort au long sur la date de la mort du Saint, qu'ils croyent pouvoir être fixée à l'an 1048. (D. Fr. Clément, T. XII, 1763. Avertiss., p. xxu.)
NOTES
Ib. — Nous ne pouvons être de l avis des Bollandistcs ni de I). Rivet qui les approuve dans la suppression qu'ils ont faite de ce qui tourhoit aux guerres civiles qui agitoicnt la France à la fin de h seconde race. En admettant même que ces récits ne fussent pas parfaitement exacts, ils se rapportoient à une époque trop intéressante et trop peu connue pour qu'on pût les supprimer sans exciter de vifs regrets. Aussi recommandons-nous l'examen de ces pages restées inédites au savaut sous les auspices duquel va se publier la seconde édition des Historiens des Gaules et de la France. (N. E.t
Page 589. — La relation du transport de la châsse ou peut-être de la statue de saint Valéry, dans le bourg de Fancourt, h quelques lieues de S. Valery-sur-Sorame, est pourtant d'un grand intérêt pour l'étude des mœurs anciennes. On y retrouve un exemple de la façon dont on traita sans doute plus d'une fois les saints qui faisoient l'oreille sourde aux prières qui leur éloient adressées. C'est ainsi que dans les Chansons de gestes, on nous représente les émirs Sarrasins injuriant l'idole de Mahomet, la renversant, la foulant aux pieds pour la punir d'avoir laissé triompher les chrétiens. Voici donc le fait : Un chevalier nommé Gilebert de Druisencourt s'étoit emparé d'un domaine appartenant à l'abbaye de S. Valéry» in territorio Fulchercnsi. » L'abbé fit d'inutiles réclamations, jusqu'à ce qu'une grave maladie avertit l'usurpateur du mécontentement de saint Valéry. Il offrit de restituer. L'abbé convoqua ses moines; on décida que pour mieux constater la remise en jiossession on transporteroit la châsse de S. Valéry dans le domaine qui lui étoit rendu. Mais Rainaud, l'avoué de S. Valéry, dont l'autorité éloil contestée depuis que l'abbaye avoit échappé au fisc royal, quia de Regali fisco Abbatia emerserat, s'opposa à la translatif, et pour la rendre impossible, lit fermer, le jour où elle devoit avoir lieu, toutes les portes du bourg. Voilà les religieux fort embarrassés : pressés d'un coté par l'immense affluence de peuple qu'avoit attiré le brait de la translation ; de l'autre, par le danger et la difficulté de résister à l'avoué Rainaud. Enfin le chapitre venoit de décider quela châsse ne sortirait pas, quand deux jeunes gens, sans doute des moinillons, entrent dans l'église en sortantdu chapitre, et se montrent indignésde la foiblessc de leurs frères. — » Qu'avez- vous T «leur dit le trésorier, vieillard au front courbé, aux jambes mal assurées. — « Nous avons, que le chapitre renonce au départ de la chasse, et qu'il aime mieux obéir aux hommes qu'àDieu. — Ils sont, » répond le trésorier, « trop jeunes pour connoltre les anciens usages. Autrefois, quand nous avions besoin d'un miracle, nous faisions, comme avec l'âne qui refuse de passer le pont, nous menacions saint Valéry du bâton. — Que voulez-vous donc que nous fassions, bon vieillard ? > disent les deux jouvenceaux.— « Que vous preniez la châsse sur vos épaules, que vous la sortiez de l'église et que vous la conduisiez devant la porte du bourg; et je vous le jure, pro Pater
NOTES
nostnjuro, si saint Valéry n'ouvre pas celle porte, ce bâton que tous voyez le mettra en pièces ! » La chasse est soulevée, emportée d'abord par les deax jeunes gens, puis à l'envi par te peuple. Arrivés devant la porte, on demande à grands cris, mais en vain, qu'elle soit ouverte. Alors, le trésorier, levant son bâton : « Prends garde a loi, Valéry, s'écrie-k-il, vieux rassoité, si tu ne veui pas rentrer en possession de ton domaine, la vas être écrasé sons ee bâton. Cave, cave tibi, Walerice, imelcrale dierum, niai hodie ttum in hac villa o&[enderi* dominiuM, huic verberandus bacufo subjacebis, et ta ne te relèveras pas d'une honte pareille ! » Ces roots à peine dits, les portes s'ouvrent d eUes-merocs et laissent passer la foule, qui, aux chants du Te Deem tendantes, pénètre avec la châsse dans la campagne. Jfaia, avant d'arriver à Fancourt, il fallut encore soutenir in long combat contre les hommes de l'Avoué; et peu s'en fallut que lâchasse fortement endommagée ne restât entre les mains des aggresseurs. Tont init par la sonuussieo et l'bunuliabon de l'avoué Rainaod. [Juta SS. AprHk. T. I , p. 29.) E.)
xvm.
Bovo>, Abbé de Sairt-Bemïx, kt autres Écrivains, —Pages 364-572.
Page 566. - Dans l'article de cet abbé, on a rendu compte de l'histoire de la découverte clde l'élévation du corps de S. Bénin* dont Jievooest auteur, et de l'édition de son ouvrage donnée par Manillon. Les oonûnuatenrs de-Bollandus l'ont mis au jour de nouveau, an cÉngwénae de septembre. (OD. P»>cet, Colomb, Clbjh»cbt et Clkment, T. X, 1786. Addit. et correct., p. ixv.)
On trouvera dans le livre de H. Henri de La Plane : Les Abbés de Saint- Berlin, d'après les ancien* monuments de ce monastère, Sarnt-Umer, -1854, in 8°, une notice sur l'abbé Bevon, qui complète celle de dom Biwt, mais qui eût elle-même été plus complète, si l'estimable auteur «voit mis notre Histoire littérun* à contribution. (N. E.)
xrx.
Gervais, Abchevéole ue Keims. — Pages B72-r587.
Page 383. — « Ce grand cerf de bronze, » suivant les expressions de Marlot, avoit été « jelté en fonte, et se voyoit encore de son temps, sinon dn
NOTES. 71
« temps de D. Rivet, sur la grande porte de son pilais, » et au-dessous le nom du sculpteur CosxoPiis. Une note du P. Godmot, sur le texte français de Marlot, ajoute qu' « on voyoit sur les lettres anciennement expédiées à « l'offkialité, et scellées en cire, ce cerf d'un coté, et de l'autre les iwrtcs de « Toflkialité. M. Le Tellier a fait démolir ce cerf en 1690, lorsqu'il fit bâtir < son palais. Mais le sagittaire qui est exposé sur le bout du pignon de l'ét glisc, du côté du palais, comme tirant sur ce cerf, y est encore. » El il y est eucore aujourd'hui ; c'est un travail fort remarquable, et s'il est de la môme date que le regrettable cerf, il suffiroit, pour adoucir la sévérité" du jugement de I>om Rivet sur l'état des beaux-arts en France, pend;int le xr siècle. — Ajoutons que Dom Rivet en conjecturant que les plaines de ta Champagne ne comporloient pas, comme les environs du Mans, l'exercice de la chasse aux bêtes fauves, a oublié les grandes forets qui couvrent la montagne de Reims à deux lieues de la ville, et qui sont encore aujourd'hui suffisamment peuplées de cerfs, de chevreuils et de sangliers. (X. E.)
Bëhn.vik», Moixk de Cliwy. — Pages 393-597.
l'âge 393. — Il y a lieu d'être surpris que I). Rivet, parlant du lier ueil des Coutumes de CAumf, composé par Bernard, ait avancé que récrit d'Ulric, sur le même sujet, est le seul qui jusqu'ici ait été imprimé en entier. Lorsque D. Rivet écrivit ceci, l'ouvrage de Bernard voyoit le jour depuis près de vingt ans: car il se trouve en entier dans l'Ancienne discipline monastique, Velus disripKna monnstica, id est, collettio auclorum, etc., imprimée l'an 1726, à Paris, chez Charles Osmont. îl fait même une partie assez considérable de ce Recueil in-4°, dans letroel il a été inséré sous ce titre : Ordo Cluniacensis pet fternardum stvcaU undecimiseriptorem. L'ouvrage est précédé d'une épitre (lédicatoire qui avoil déjà été donnée au public, et partagé on trois parties, dont la première contient 75 chapitres, et la seconde M, ce qui fait 109. Il faut que D. Martenc, qui ne fait consister l'écrit de Bernard qn'en 81 chapitres, ait eu un manuscrit différent de celui sur lequel les éditeurs l'ont publié. Quoique l'écrit d'Ulric paroisse à I). Rivet mériter la préférence à raison de l'ordre et de la méthode, il est certain que celui de Bernard est beanccHip plus intéressant par les détails enrieux et instructifs dans lesqiels il entre. (D. B. Poucet, Colons, Cle*eï»cet et Clkmktt.T. X, 1756. Add. et correct, p. lxv et lxvi.) Cette note a été renouvelée inutilement dans l'Avertissement du tome XI, pp. xxrx et xxx. <N. E.)
712 NOTES
GllLLAl'ME ET AUTRES ÉCRIVAINS. — Pages 602-611.
Page 603. — Le lieu nommé Parnes, que l'on n'a pas retrouvé dans la Notice des Gaules, est aujourd'hui un village de 450 habitants, près de Saint- Clair-sur-Eptc, préfecture de Seine-et-Oise. Il iwssedc une église remarquable construite dans le milieu du xi* siècle, sous lesauspiecs de Falcoin de Chaudry, dont le château louchoit aux maisons de Parnes. « On y observe, « dit M. Le Prévost, « la circonstance, très-rare en Normandie, d'une abside c établie sur un plan polygone cl non serai-circulaire. » (Édition d'Orderie Vital, in-8°, 1840. T. II, note de la page 132.) Le savant éditeur traduit avec raison le latin Merula, nomde famille de Guillaume, par celui de Merlerault , aujourd'hui bourg de la préfecture de l'Orne. (N. E.)
Page 6H. — Aubert Le Mire dans ses Diplômes Belgique», page 116, a publié quatorze vers d'un poème élégiaque, qu'il avoit tiré de la Chronique manuscrite de Haynaut, par Jacques de Guise. Il est visible, par la manière dont commencent et Unissent ces vers, qu'ils ne sont qu'un fragment d'une plus longue pièce. Us roulent sur la véritable origine et la succession des premiers comtes de Louvain. Ils en mettent l'origine à Charles de France, duc de la Basse-Lorraine, qui vivoit en 987, et en conduisent la suite jusqu'à Lambert II, qui gouvernoit encore vers 1060 ou 1065. On voit parla en quel temps vivoit ce poète ; ce qui est conlirmé par un trait de sa pièce, où il dit qu'il avoit vu en son enfance la princesse Gcrboge. Ce morceau de j>oésie, contient, tout court qu'il est, diverses choses qui ne se lisent pas ailleurs, ut fait regretter le poème entier. (D. Rivet. Avertissement de ce volume, page lxxxiii.) La Chronique de Jacques de Guise a été publiée, texte cl traduction, par le respectable marquis de Fortia d'Urban.en 20 vol. in-8°. Paris, Sautelet, 1826-1828. — Le nom du poète, donné par J. de Guise, liv. XIV, ch. 40, est Glu lermi's, ou Guillarme, abW de Saini-Tron de Hasbain. Jacques de Guise le proclame : historiographus magnus, compositor et poeta. C'est donc un nom qu'il faut ajouter à la réunion des auteurs du xi* siècle. (N. E.)
— Dans la Bibliothèque du Vatican, parmi les manuscrits de la reine Christine, on trouve sous le n" 137 ou 1570, une vie de Hugues le Grand, duc de France, écrite par un auteur contemporain qui ne se nomme point. Nous devons à M. de Sainte-Palayc la connoissance de cet exemplaire, qui est peui-
NOTES
être unique, et qui a échappé jusqu'à présent à tous nos compilateurs. Il est en papier, d une écriture du xv siècle, et débute par ces mots : Igitur régnante Lothario, filio Ludovici Ultramarini, in curia Hugonis-Caput, ducis Francorum, fuit vir illustra dig nus agnosci, etc., cl finit en celte manière : Nos equidem quas nobis nota sunt, de facillimis Hugonis moribus, de pietaie, liberalitate, bonitate in suos ad prasem prœlerimus ; Deoque opitulante, librum istum Historiée claudimus, et sic solulo promisso quiescimus. (D. Clemkst. Tom. XII, 1763. Àvertiss. p. xx.)
— Cette jVie de Hugues le Grand, ou l'Abbé, n'a point été insérée dans le Recueil des Historiens de France. Elle n'est point indiquée dans la première ni dans la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France du père Lelong. On ne la connall que par la mention qui en est faite ici dans les préliminaires du lome XII, d'après une note trop peu instructive de Sainte- Palaye. (Notes des nouveaux éditeurs du lome XII, 1830. Pag. 703.^