‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 35 sur 214 · ABBÉ DR FLEURI. 171 X1SISCL · texte numérisé non relu

ABBÉ DR FLEURI. 171 X1SISCL

quent avant le vingt-quatrième d'Octobre 996, qui est 1 epo- " " que de la mort du Roi Hugues.

'Après y avoir touché les motifs de l'animosité de ses ad- au». aj»o. p. versaires, Abbon y expose la pureté de sa foi ; se soumettant 385 ' 396 au jugement canonique des Evoques, ' et se justifie assés bien p. «o. *oi. dans la suite du blâme dont on vouloit le charger. Mais il sort un peu des bornes de son dessein, poursejetter sur des matières étrangères. ' Il s'y étend particulièrement ;\ distinguer p. m. m. dans l'Eglise trois états différents entre les femmes, celles qui sont mariées, les veuves et les vierges, et trois autres états parmi les hommes, les Laïcs, les Clercs el les Moines. Ici Abbon pensant plus à relever les Moines, qu'à leur inspirer la modestie qui leur convient, les met autant au dessus des Clercs, que ceux-ci au-dessus des Laïcs. H ne reconnolt au reste pour Clercs, que les Evêques, les Prêtres el les Diacres. Les Ordres inférieurs, selon lui, aïant la liberté de se marier, ne sont Clercs qu'abusivement.

' De-là il passe à fronder la simonie et l'avarice, qui n'é- P. m. a», toient alors que trop communes dans le Clergé. Il n'oublie pas le mauvais prétexte des Simoniaques, qu'il avoil déjà renversé dans une de ses letres à l'Abbé Bernard. Prétexte qui consistoit à dire, qu'ils n'achetaient point la grâce de l'Ordination, mais seulement les revenus temporels de l'Eglise: comme si, remarque judicieusement Abbon, quelqu'un pouvoit avoir le feu sans la matière qui le nourrit, le miel sans la douceur, et l'absynlhe sans l'amertume.

En finissant son écrit, notre Auteur prie le Roi Robert en P. *m. «*. particulier, comme plus attentif à cette sorte de choses, d'engager les Evêques de France à corriger une faute qui s'étoit glissée en quelques lieux dans le Symbole attribué à S. Athanase; à dissiper la fausse opinion qui s'étoit élevée touchant la fin prochaine du monde; et à faire garder l'uniformité dans l'observation de l'Avent, qui ne doit être jamais que de quatre semaines et un jour tout au plus.

Entre les autorités qu'emploïe Abbon dans son Apologeti- p. 399. que, il copie sous le titre de Pastoral et le nom de S. Ambroise un assés long passage ' qui se lit mot pour mot dans l'écrit Mai», m», t. 2. P. intitulé : De informai ione Eptscoporum, » que nous avons at- ^hu. ru.deFr. tribué à Gerbert d'après Dom Mabillon, sur la foi d'un ancien L 6- p 591 • 594, manuscrit de S. Martial de Limoges. Cette citation, il faut l'avouer, feroit douter que la pièce en question fut véritable-

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ment de l'Auteur, à qui la donne ce manuscrit. Les réflexions se présentent d'elles-mêmes. 11 y avoit à la vérité déjà quelques années, que Gerbert étoit revêlu de la dignité d'Archevêque. 11 avoit pû par conséquent faire cet écrit, qui suppose un Auteur constitué dans cette dignité. Mais comment aurat-il pû se faire, qu'en si peu de temps l'écrit se soit répandu sous le nom de S. Ambroise?

3° Un autre écrit encore plus considérable d'Abbon, est son recueil de Canons, adressé comme le précèdent, dont il y

Aim. ib. c. 7. est fait menlion, aux Rois Hugues et Robert. On croit, ' que c'est cette collection de Sentences choisies, qu'Abbon tira des ouvrages des Percs, et qu'Aimoin son Historien marque entre ses autres écrits. Opinion qui paroit fortifiée par les Chapitres XIX, XX et XXIII du recueil. Aimoin ajoute, qu'il ne se trou voit plus à Fleuri, lorsqu'il en parloit, soil.par la négligence de ses frères, ou la cupidité frauduleuse des étran-

Montr. wb. bib. gers. ' Mais il s'en étoit répandu ailleurs divers exemplaires.

M*«b°wuJi. 2. P. H y en a actuellement deux à la Bibliothèque du Roi, ' et c'est

«48 3*8. sur l'un (jes deux, qui appartenoit alors à celle de S. Martial

de Limoges, que Dom Mabillon l'a donné au public, avec quelques notes de sa façon. 11 porte dans le titre avec le nom au compilateur, ceux des Rois Hugues et Robert, qui le revêtirent de leur autorité.

L'ouvrage est divisé en cinquante-deux Chapitres, sans y comprendre la préface, ou «'pitre dédicatoire aux Princes régnants, dans laquelle Abbon expose en peu de mots et avec justesse l'œconomie de son dessein. Il se propose d'y établir les devoirs des Rois, et ceux de leurs sujets, comme aussi les droits de l'ordre monastique, dont ils étoient les défenseurs. Abbon a assés bien rempli son dessein, suivant le goût et le génie de son siècle. Ce qu'il rapporte, il l'a particulièrement puisé dans les Conciles, tant anciens que modernes, et dans le Pape S. Grégoire le Grand. Il ne cite guéres d'autres Pé-

p. 3i3. 3». res, ' sinon S. Augustin, à qui il attribue le traité des Dogmes ecclésiastiques, qui appartient à Gennade de Marseille, com-

p. «3. 3»*. menou s l'avons montré en son lieu.' Il copie quelques textes, mais rarement, de la Règle de S. Benoît, du Code Theodosien, des Novelles de Justinien, des Capitulaires de nos Rois, et un endroit de Ciceron. Ce qui donne un nouveau prix à son recueil, c'est qu'il n'y a rien mserc des fausses Décrétâtes.

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On voit par là, que le compilateur y a fait entrer beaucoup d'érudition. Les sujets qu'il y touche, sont presque tous intéressants. ' Ce qu'il dit sur les devoirs d'un Roi, où il a glissé en p. sot-sss. peu de mots l'éloge de Charlemagne et de Louis le Debonaire, est bien choisi. ' L'article qui regarde la fidelidé, et les P. *s»-*et. autres obligations des sujets envers leur souverain, mérite d'être lû et médité. ' Ce que l'Auteur dit des Avoués, Advocati, p. sas-«7. c'est-à-dire des Défenseurs, ou Protecteurs des Eglises et des Monastères, est aussi à lire. ' Les articles sur lesquels il s'étend p. 313-3». davantage, sont le quarante-troisième et le suivant : l'un sur l'Eucharistie et la Communion, l'autre sur la manière d'examiner les accusateurs des Prêtres. Le quarante-troisième est admirable, pour les excellentes instructions qu'il contient.

4°. Abbon fit un abrégé des vies des Papes, qui se trouve porter divers titres dans les manuscrits. ' Dans un de ceux de Mooir. »b P. n. la Bibliothèque du Vatican il est intitulé : Chroniquedes Souve- 1 rains Pontifes par Abbon Abbéde Fleuri. ' Dans un autre appar- m. t. tenant autrefois à Isaac Vossius, il porte cette simple inscription : Abbon de Flettri sur l'histoire des Papes. Il est mieux caractérisé ' au frontispice de l'édition qu'en a publié le P. Jean Bib. Fonub. Busée Jésuite, où il est intitulé : Abrégé des vies de quatre-vingtonze Papes, tiré de f histoire d' Anastasé le Bibliothécaire. L'Abréviateur s'y trouve à la vérité nommé Abbon, mais par erreur, comme on l'a observé en une autre occasion, et que sa qualité d'Abbé de Fleuri le montre. Quoique le titre annonce l'abrégé de l'histoire de quatre-vingt-onze Papes, néanmoins le manuscrit, sur lequel l'ouvrage a été imprimé, finit à Grégoire II, successeur de Constantin en 714. Cette édition que nous avons vûe par nous-mêmes, parut à Maïence m-4\ chés Jean Albin l'an 1602. ' Possevin, le P. Alegambe et M. pon.np. 1. 1. Cave la marquent de la même année. Le P. Labbe et Casi- &R;£j*\!iîjT

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mir Oudin, qui en parlent aussi, la donnent pour être de l'an- JJjf'&j' , née 1604, au même endroit et en même volume. Elle pour- «3 i ou<i. A roit fort bien avoir été renouvellée cette année-là. Mais il y a "S? î!î; Pn

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toute apparence que c'est par erreur qu'elle se trouve marquée de 1603 dans M. du Pin. Dans cette édition on amis à la suite de l'ouvrage d' Abbon, celui de Luitprand Diacre de Pavie sur la même matière.

5". ' Les manuscrits et les imprimés donnent à Abbon une Angi. Mb. nu. t. vie de S. Edmond, Roi d'Angleterre, honoré comme Mar- Ip/oS'iub. tyr : ce qui est confirmé par l'autorité île Guillaume de Mal- ™uo • **• 1

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sur. <o. mov. p. mesburi, et d'un des Historiens de S. Oswald Archevêque îfp^'Mi/iv!'»! d'Yorc. Ces deux Ecrivains ajoûtent, que ce fut à la prière ab' "*! ? p*ro ^e ^' Dunstan Archevêque de Cantorberi, qu'il y mit la main; • p- et le Roi Ethelrede, selon un autre Auteur, l'y engagea aussi. Sur. ib. ' Mais Abbon nous apprend lui-même, qu'il l'entreprit aux instances des Moines de Ramsey, lorsqu'il demeuroit avec eux. Ainsi ce fut pendant son séjour en Angleterre, et vers 985, comme porte l'inscription d'un des manuscrits, qu'il composa cet ouvrage. 11 n'y avoit par conséquent que trente-neuf *ans qu'on avoit ôté la vie au S. Roi, ce qui arriva en 946. Ce qu'on sçavoit de son histoire étoit assés récent, et n 'avoit pas été altéré par une tradition éloignée de sa source. Abbon en fut instruit de persones qui l'avoient appris de la bouche même de S. Dunstan, à qui un Ecuier de S. Edmond avoit tout raconté avec fidélité. Il eut encore la sage précaution, pour ne rien rapporter qui ne fût exactement vrai, d'envoïer son écrit à S. Dunstan, et de le prier par une épitre qui se lit à la tête, d'y corriger ce qu'il y auroit de contraire à la vérité de l'histoire, et d'y ajoûter ce qui pourroit y manquer. L'Auteur qualifie cet ouvrage les prémices de ses travaux literaires. Il n'étoit encore que Diacre, lorsqu'il le composa. p. «te. ' Abbon le commence par donner une idée des révolutions,

que les Saxons et les Anglois causèrent dans la Grande Bretagne, et faire une courte, mais assés vive description du païs d'Estengle, où regnoit particulièrement le Roi Edmond. Comme ce furent les Danois qui ôterent la vie à ce pieux Prince, l'Auteur n'oublie pas de les faire connoltre, et les représente comme une des nations les plus barbares de l'univers. Il est concis dans ses narrés, et touche peu de faits de l'histoire de son Héros. Mais il n'a pas cherché à amplifier sa matière par des lieux communs. Il n'use point non plus de prolixip. 465. té dans les miracles qu'il rapporte. ' Il a la saçe précaution

d'avertir qu'il y en a quelques-uns qui passeroient pour incroïables, s'ils n'étoient aussi autorisés qu'ils l'étoient effectivement.

p. 465-471. ' Surius est le seul qui jusqu'ici ait publié cette vie. Il en a trouvé le style assés bon, pour le respecter, et n'y faire aucun changement. L'écrit a paru si édifiant à M. Arnauld d'Andilly, qu'il lui a fait l'honneur de le rendre en françois, et de lui

Bail 90. dot. tab 1 ' M. Baillât n'a pas «appâté jatte, cent an» que S. Edmond -étoit mort. Ioncr. D. 4. lorsqu'il a avancé qi'U y «oit environ qu' Abbon écrivit »a vi*.

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donner place entre ses autres traductions de même nature.

' A la suite du texte original, dans le manuscrit dont s'est p. 47*. servi Suri us, étoit un recueil de miracles opérés à l'invocation du S. Roi. Maïs l'Editeur ne le croïoit pas d'Abbon. Ce n'est pas sans fondement ; puisque notre Abbé a fait entrer dans son écrit les miracles, dont il a jugé à propos de parler.

'Dans un autre manuscrit du cabinet de Kenelme Digby, Aogi. m. m«.ib. l'ouvrage en question se trouve accompagné d'un Office nolé vu~ *• p' 96 pour la fête du- Saint , qui pourroit bien être de la même main que l'histoire de sa vie. Il seroit à souhaiter qu'on eût averti, pourquoi ' cette vie, dans un manuscrit du Collège de Jésus à Par- *• p- Oxfort, est qualifiée Liber Feretrariorum, c'est-à-dire, le livre des Thrésoriers, ou Gardiens des Reliques.

6°. ' Parmi les manuscrits de la Reine de Suéde, qui sont Montf. ïb. p. 4$. t. aujourd'hui à la Bibliothèque du Vatican, le 1292 contient une vie de S. Edouard, autre Roi d'Angleterre et Martyr, écrite en vers françois et vers latins. Quoique nos Hagiographes n'aient rien imprimé, ni même fait aucune mention de cet ouvrage, et que persone ne le donne à notre Abbé, nous ne serions pas néanmoins éloignés de lui en faire honeur. Il a tout l'air d'être la produclion d'une plume françoise ; et nous ne connoissons point d'Ecrivains dans le temps où remonte l'antiquité du manuscrit, à qui il conviene mieux qu'à Abbon. U étoit Poëte, comme on va le voir; et lorsqu'il alla ressusciter les Letres en Angleterre, il n'y avoit que sept à huit ans que S. Edouard n'étoit plus au monde ; sa mort étant arrivée le dix-huit de mars 978. Abbon aïant fait cette vie en vers latins, un autre Poëte l'aura mise depuis en vers françois.

On n'a imprimé que très peu des autres poésies d'Abbon. jum. u>. r. is. La plus ingénieuse est un double acrostiche de trente-cinq grands vers, dont les premières et les dernières letres forment de côté et d'autre le vers suivant :

Otto yalens Cœsar, nostro tu cedc eoturno.

Abbon y fait l'éloge de l'Empereur OttonHI , à qui il est adressé, et celui d'Otton II son pere. Aimoin le rapporte en entier dans la vie de notre Abbé, et en relevé beaucoup le prix, ensuivant le génie de son siècle. ' L'inscription d'un m'a- jnomf. ■!>. p. 43. 1. nuscrit du Vatican conçue en ces termes, Abbonis Floriacensis

epistola et carmina ad Qttoneni Imperatorem , feroit juger qu'Abbon avoit adressé d'autres poésies au même Prince, et qu'il les avoit accompagnées d'une épitre dedicatoire en p. 72. i. prose. ' Un autre manuscrit de la même bibliothèque annonce encore un traité d'Abbon à cet Empereur, sur la translation de S. Benoît.

On ne sçait point d'ailleurs au reste, que notre Auteur ait écrit sur ce sujet. Il en parle seulement, comme il a été dit, dans une de ses letres au Pape Grégoire V, en lui envoiant Abbo. eP. p. 40*. l'histoire de cette translation. ' A la fin de cette letre est imprimée une autre pièce de poésie d'Abbon, qui consiste en douze vers élegiaques sur la même matière.

Mab. m. t. 4. »pp. ' Dom Mabilion en a publié une autre de quatorze vers enp- «s»- 1 core élegiaques, qui valent beaucoup mieux que les précédents.

Abbon y fait une description agréable de la situation du mo- Bed. i. i.p. 3os. nastere de Ramsey, où il demeuroit alors. ' Il y a aussi du même Poëte un huitain, dont on parlera dans la suite. 11 y explique ce qu'on entend par Cycle pascal.

B*. ReC. Angi. ' Un manuscrit de la Bibliothèque du Roi d'Angleterre, cotp' *x' té VI. 2, nous présente sous le nom d'un certain Abbon, qui

nous paroit être le même que notre Abbé, une centaine de vers latins, qualifiés barbares ou mêlés de mots grecs. Qualification qui conviendroit parfaitement au poëme d'Abbon de S. Germain des Prés sur le Siège de Paris. Mais le nombre fixe de cent vers, et le premier qui annonce une matière différente en ces termes,

Clericc, diptycas latcri ne domscrU unquam,

nous fait juger qu'ils ne font point partie de ce poëme, et qu'ils peuvent plus vraisemblablement appartenir à Abbon de Fleuri.

Angi. bib. m,. i. ' Parmi les papiers de Jean Leland se trouvoit autrefois une autre pièce de poésie, comprise en soixante-dix vers. De la manière qu'on nous la représente, nous comprenons que c'étoit un triple acrostiche, semblable à peu près à celui que fit Gautbert Moine de Fleuri à la louange de Guillaume Comte de Blois, et dont nous avons parlé en son lieu. Aussi les premières et les dernières letres des vers, comme aussi celles du milieu étoient-elles majuscules et peintes en rouge, pour les faire mieux remarquer. Le Moine Abbon, à qui le titre les

donne,

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