‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 37 sur 214 · X, ...CL,. 178 S- ABB0N · texte numérisé non relu

X, ...CL,. 178 S- ABB0N

son travail beaucoup plus loin en dressant des Cycles pour mille cinq cents quatre-vingt-quinze ans ou environ. La préface de ce nouvel ouvrage, selon le même historien, étoit adressée aux Moines de Fleuri ; et l'Auteur y parloit de l'année de Tru. ïb. i pojs. ib. la mort de S. Benoit du Monl-Cassin. C'est cet ouvrage ' que Trithéme, Jacques Philippes de Bergame et autres ont connu sous le tilre d'Additions au commentaire du Cycle de Victorius, dont ils sçavent les distinguer. Bo.i. t. i. p. 256- La notice qu'Aimoin nous en donne, rapprochée ' de l'écrit sur le même sujet, imprimé au premier volume des œuvres du Vénérable Bedc, fait voir que c est-là l'ouvrage d'Abbon, dont nous entreprenons de rendre compte. Son nom à la vérité n'y paroit pas, non plus que l'inscription par laquelle il l'adrcssoit à ses frères de Fleuri; mais il n'y a qu'à lire la préface, pour y reconnoitre celle dont parle Aimoin, et l'une des letres manuscrites d'Abbon, que Dorn Mabillon dit avoir eues entre les mains. Outre que ce sont les mêmes caractères dans l'une et l'autre pièce, comme aussi dans la notice qu'en donne Aimoin, le titre de l'ouvrage qui est intitulé : Decennovales Circuit, Cycles de dix-neuf ans annonce, conformément à ce qu'on hï dans Aimoin, qu'ils sont pour mille cinq cents quatre-vingt-quinze ans. On a peine à comprendre comment on a attribué cet où .rage au Vénérable Bede, qui y est cité au moins deux fois. L'expression du chroniqueur d'An- Lab. ib. jou rapportée plus haut : ' Qui Cyclos A 17/// scripsit, dit-il, en parlant d'Abbon, pourrait bien désigner l'écrit dont il est ici question, plutôt que le commentaire sur Victorius. Cet Ecrivain en effet a pu avoir en vùe d'exprimer le terme decennovalcs par le nombre de dix-neuf qu'il emploie.

Quoiqu'il en soit, ce qu'Abbon a exécuté dans l'ouvrage précèdent par rapport à Yietorius, dont il a corrigé les erreurs, Bed. ib. p. 25G. 'il l'entreprend dans celui-ci, à l'égard de Denys le Petit, dont il se propose de rectifier les supputations. Après sa préface, où il parle à deux différentes fois de la mort de S. Bep. 258 300. noit, ' il rapporte en entier le Cycle de ce fameux Coraputisle p. mi. Romain ? ' et donne ensuite deux exemples, ou modèles de

la façon qu'il auroit dû procéder dans ses opérations chronop. 303. logiques. Apres quoi viennent deux autres exemples pris du

p". 301-306. Cycle de S. Cyrille d'Alexandrie, ' qui sont suivis du Cycle p. 307-320. entier de dix-neuf ans de la façon de notre Auteur. ' La dernière partie de l'ouvrage sont les supputations, pour trouver

ABBÉ DE FLEURI. 179 x, SIECLE,

chaaue année le jour de la lune qui doit fixer la fête de Pâque, pendant tout le cours de ce Cycle : supputations qui dévoient servir, suivant le titre, depuis l'année de l'Incarnation jusqu'à l'an mil cinq cents quatre-vingt-quinze.

' A la tète se lit encore sous le nom (lu Prêtre Hede, et le p attitré de préface, une courte explication de ce qu'on entend par Cycle pascal. ' Mais quelques manuscrits où se trouve cet- Momf. u>. P. ss. te explication sous le titre de letre, la donnent à Abbon : Ce qui est conséquent, et confirme ce que nous venons d'établir. Notre sçavant Abbé y explique clairement les huit colonnes qui entrent ordinairement dans la construction d'un Cycle pascal. Suivent après huit grands vers, où il y a de l'art, et qu'Abbon paroit avoir laits pour qu'on retint mieux les règles de son explication, qu'il a eu le secret d'y faire entrer.

9°. Il ne faut pas confondre avec les deux ouvrages précédents, un traité du Comprit par Abbon, quoique er lui-ci roule sur presque le môme sujet que les autres. ' L'Historien de Aim. ib. c. 3. t i sa vie les distingue clairement lui-même : et ils se trouvent au». 87.2. également distingués dans les manuscrits. Il y en a deux à la Bibliothèque du V'atican, dans l'un desquels ce traité porte pour titre : De rat inné Calcul i, et dans l'autre : De Compvto epistola et trarlatus. ' Aimoin entreprenant d'en laisser une idée Aim. ib. c. . à la postérité, dit que les supputations qu'Abbon y fait entrer, sont variées, agréables et à peu près semblables aux labiés de Calcul qu'on avoit coutume de dresser pour les affaires temporelles.

10°. ' Un des manuscrits qu'on vient de citer, contient aussi *>«»• ib p- 81- *• un traité d'Abbon sur l'Astronomie en gênerai. Possevin, qui Poss. ib. r. 33. en parle, le qualifie un traité de démonstrations astronomiques. On ne nous en donne point d'autre connoissanec. 11 est certain que notre laborieux Abbé cultiva beaucoup celle partie des Mathématiques, comme il paroit par les écrits suivants.

11°. ' Aimoin atteste qu'il composa un traité particulier du Aim. ib. c. 3. 7. mouvement du Soleil et de la Lune. Celui-ci ne paroit point dans les divers catalogues de manuscrits ; et il y a toute apparence qu'il est perdu sans ressource.

12*. ' Cet Ecrivain nous apprend encore qu'Abbon fit un ibid. traité du cours des Planètes. Celui-ci a eu un sort plus heureux aue le précèdent. J II se trouve dans un manuscrit de la biblio- bu», cou.». p.sj. théque Cottoniene, où il porte pour titre : Du cours des sept x ' *' Planètes dans le cercle du Zodiaque.

Z ij

M 5 1 y CLE. '

ibid. 13°. ' A la tête de ce traité dans le même manuscrit, il y en

a un autre, où Abbon établit son sentiment sur la différence entre le cercle et la sphère, p. 54. n. î. t. 1 i". ' Un autre manuscrit de la même bibliothèque nous présente un autre ouvrage d' Abbon. Ce sont des éphemerides touchant les douze Signes, exlraites du traité de Germanicus sur l'Astronomie, dans lesquelles sont dessinées les figures des Astres. L'inscription nomme Ciceron au lieu de Germanicus ; mais on voit bien que c'est une méprise.

On ne sçauroit prononcer définitivement, si ces extraits sont Angi. bib. ms^t. la même chose' que les Ephemerides d' Abbon, autrement inî. par. i. p. ss. tjtuj£es . | e compUt vulgaire, qui se trouvent parmi les manuscrits de Thomas Wagraffe. Il faudroit être à portée de conférer l'un à l'autre, pour être en état déjuger de l'identité, ou de la différence.

15°. D'autres manuscrits des bibliothèques d'Angleterre nous présentent encore des extraits qu'Abbon a faits d'IIygin sur la configuration des signes. Ils sont accompagnés de quelques vers de sa façon sur la même matière. M.ib. an. i. ss. n. 10°. ïl y a aussi quelque part un traité de notre Auteur sur le poids, le nombre et la mesure. Oom Mabillon l'avoit autrefois parmi ses papiers, comme il le témoigne lui-même ; et M. ae Sainte-Palayc l'a vû dans les bibliothèques sous ce titre : De mensuris et ponderibus.

ai« ib. 17°. ' Aimoin entreprenant de nous conserver une notice

de quelques-uns des ouvrages d'Abbon, met à la tête celui qu'il avoit composé sur la Dialectique. L'Auteur y développoit avec beaucoup de lumière, enuefeatissime, une partie des difficultés qui concernent les Syllogismes. C'est-là tout ce qu'on en scait, et qu'on peut espererd'en sçavoir ; car l'ouvrage ne paroit plus nulle part.

68» !' i ^bon travailla aussi sur la Grammaire. Nous avons

rendu compte plus haut de la letre circulaire qu'il écrivit, lorsqu'il enseignoit à Ramsey, pour inviter à lui proposer des difficultés grammaticales. Dom Mabillon, qui a publié cette letre, y a joint quelques réponses que fit Abbon à des questions de cette nature. Mais c'est peu de choses ; et ce petit écrit n'est guéres intéressant, qu'en ce que l'Auteur y attribue à S. Hilaire de Poitiers le célèbre cantique, Te Deùm laudamtts. FoYou^'&cr!' t" ^bon composa un ouvrage en forme sur la Grammaire, ' aus. p. 510 | nùi. quel divers Bibliographes donnent le litre de Rudimenia pue-

ABBÉ DE FLEURI. 181 vieiDril,

XI SIECLE

rilia. C'est sans doute le même ouvrage qui est marqué en ces a,.tM;. t. .>. pr. p. termes : Abbo de reyu/is, dans un catalogue des livres de l'ab- 11 • D- ubaie de Kotwich dans la basse Autriche, dressé au XII siècle. Une preuve non équivoque qu'il s'agit ici d'un traité de Grammaire , c'esl que l'écrit en question est placé entre un abrégé de Priscien et Phocas sur la même matière. Oi* voit même par-là 1 estime qu'on a faite de cet écrit, en le mettant ainsi de pair avec ceux des plus célèbres Grammairiens.

19°. ' Abbon nous apprend lui-mémo qu'il avoit fait un au- Abbo. apo. p. tre ouvrage, qu'on ne connolt point d'ailleurs, et qui ne pa- *** rottplus nulle part, lls'agissoit d.' l'erreur populaire sur la proximité de latin du monde, conire laquelle Iliehard, son Abbé, lui ordonna d'écrire, en répondant à des letres sur ce sujet qu'il avoit reeues de Lorraine.

20°. ' Ce que dit Abbon un peu plus haut dans son Apolo- p. *oi. getique, où il annonce cet écrit perdu, feroit juger qu'il en avoit déjà composé un autre auparavant, pour réfuter la même erreur. Parlant en effet du temps qu'il étudioit à Paris, il dit qu'il l'y avoit ouie prêcher (levant 1»* peuple dans une des églises de la ville. Il ajoûte aussi-lôt, qu'il la combattit de toute sa force par l'autorité des Evangiles, de l'Apocalypse et du livre de Daniel.

21*. ' L'Auteur d'un sermon prêché à la dédicace de l'égli- iUb. act. t. ». p se de S. Pierre de Limoges, qu'on croit être Ademar de Cna- 31 3' banois, y copie un assés long passage d'un autre écrit d'Abbon, qui nous paroit diflerent de tous ceux dont, on vient de donner une notice. Ce passage roule sur le prétendu apostolat de S. Martial, et ne se lit point dans aucun des ouvrages d'Abbon qui ont été imprimés. On ne voit point non plus, qu'il ait pu trouver place dans les autres qui sont encore manuscrits. L'écrit où il se trouvoit sera donc du nombre de ceux qui se sont perdus. Au reste ce qu'Abbon dit dans ce passage, il l'avoit pris' des faux actes de S. Martial, comme il est aisé de i^q. par. t. P s'en convaincre en conférant l'un à l'autre.

22°. ' Dans un manuscrit du collège de S. Benoît à Cant- ^Ang. w>:^m*. brige, on trouve encore une production de la plume d'Abbon par* ' de Fleuri, sous ce titre : De vit a S. Martini. L'on ne nous en donne point d'autre connoissance. Mais il est à présumer que c'est un des écrits que cet Auteur composa en Angleterre, qui paroît en être la seule dépositaire.

23°. 'Jean Balée, Possevin et d'autres Bibliographes mo- o»i. s«i. t. s. p

v, c,r„P S. ABBON, ABBtf DE FLEUBI.

XI SIECLE

510. Pom. ib. |" dernes altribuenl encore à notre gravant Abbé les ouvrages pOUs63dM Sç' ti87' suivants : Des homélies sur les Evangiles; Un sermon delà Céne du Seigneur ; un traité de Catégories spirituelles, et une séquence avec quelques répons pour l'office de S. Estiene premier Martyr. Mais nous n'avons rien pour garantir cette attribution. Le même Balée distingue du commentaire d'Abbon

sur le Cycle de Victorius, la correction cju'il en fit en le poussant jusqu'au temps qu'il écrivoit. Ce n est cependant qu'un seul et même ouv rage, comme il paroit par la préface. On rCBkri* Rd?* sCa'tanss'' qu'on a donné par erreur à Abbon de Fleuri le i10s. e. * T' poëme sur le siège de Paris, qui appartient à Abbon de S. Germain des Prés.

Mm. s.Mar.Lem. 24°. Enfin ' parmi les manuscrits de S. Martial de Limoges, qui font aujourd'hui partie de ceux de la bibliothèque du Koi, il y en a un qui porte ce titre singulier : Canones Ahbonis de ornamentis EcclesiœRomanœ. Le mot de Canon ne paroit pas assurément fait pour celui d'ornement. Il faut qu'il s'agisse du recueil des Canons, dont on a rendu compte, et que le copiste n'ait pas fidèlement copié son original.

Celte longue liste d'ouvrages sortis de la plume de notre Abbé, dépose visiblement en faveur de la variété et de l'étendue de son érudition. 11 étoit Grammairien, Philosophe, Historien, Mathématicien, sur-tout grand Computiste, et trésversé dans la connoissance de la Discipline ecclésiastique. Ce n'est donc pas sans raison, qu'on le regarde comme un des hommes le plus scavants de son siècle, et digne d'aller de pair avec le docte Gerbert son contemporain. A l'égard de son sty- Du^Pin. 10. «e. le, 'M. du Pin va trop loin, lorsqu'il nous le donne pour un style très-pur et trés-élegant. Cet éloge ne convient tout au plus qu'à la letre d'Abbon à l'Abbé Bernard. Ses autres pièces ne sont pas à beaucoup près si bien écrites; quoique son latin soit meilleur que celui de la plus part des Ecrivains de son temps. On y trouve même des termes barbares, comme nous l'avons observé ailleurs. Du reste ses pensées sont ordinairement justes, ses preuves assés bien choisies, et ses raiscnements bien soutenus.

Moine de Fleuri.

' C\ Erard, ou Gihard, le même suivant toute appa- Mab. an. i. sa. n.

l-r i j j i m- * 52 1 Mis. Lit. d« la

VF rence que Gerauld, dont nous avons déjà eu occasion Fr. t. e.p. u*. de parler, étoit Moine de Fleuri et disciple d'Abbon. A la tête d'un de ses ouvrages, qui se trouve manuscrit dans la bibliothèque du Roi, il est décoré du titre de Saint. Mais nous avons lait observer que cette inscription paroit être d'une main récente, et qu'on ne le reconnolt point pour tel dans son propre monastère. ' Il n'est point non plus qualifié de la sorte Montf. bib. lu.. dans les titres de ses autres écrits. Le reste des événements de ma^pVaoa'n sa vie se borne presuu'à ses occupations literaires. • 11 floris- «LcLod?. bib fr. soit dès le temps de I episcopat d'Erchambaud Archevêque de p" 777, * Tours, sur la fin du siècle précèdent. ' Abbon, son Maître, Mab. ib. lui adresse conjointement avec Vital, un autre de ses disciples, deux de ses écrits, comme on l'a déjà vù : l'un sur les Cycles pour régler la fêle de Pàque, l'autre sur l'année de la passion du Sauveur. On voit en partie par-là quel étoit le genre d'étude de Gérard. Mais il ne s'addonna pas si entièrement à la connoissance des temps, qu'il ne s'appliquât à la Poésie, qu'il paroit avoir beaucoup cultivée. C'est ce que montrent les productions suivantes de sa plume, qui sont encore toutes manuscrites.

i°. ' Il y a de lui un long poëme élegiaque de plus de cinq Bon. u>. i M*b. cents vers, sur la translation du corps de S. Benoît d'Italie en "'ss-i. p 3M' France. A en juger par les six premiers vers qu'on en a publié, Gérard n'a fait que mettre en vers ce qu'Adalbert, autre Moine de Fleuri, avoit écrit en prose sur le même sujet, environ cent cinquante ans auparavant. La versification de notre Poète n'a rien de remarquable, que sa rudesse et sa platitude. Aussi son travail sur l'histoire d'Adalbert n'empêcha pas que peu après Aimoin, un de ses Condisciples, n'entreprit le même dessein, en quoi il réussit mieux que n'avoit fait Gérard. Au reste quoique l'ouvrage de celui-ci ne fût pas généralement goûté, ' Aimoin ne laisse pas, ce semble, de com- Aim. ser. de s. prendre son Auteur dans l'éloge général qu'il fait des Moines ' p' s94" de Fleuri, qui avoient emploie leur plume a écrire sur la trans-

SIECLE

lation et les miracles de S. Benoît, leur commun pere. Bon. ib. 2°. ' Gérard composa un autre poème de cent quatre-vingt vers encore élegiaques, à la louange du même Saint. Bollandus, ou ses Associés l'avoient fait copier avec le précèdent, Mont/, ib. sur un manuscrit de Christine Reine de Suéde, ' qui est maintenant à la Bibliothèque du Vatican. Mais ils n'ont pas jugé à propos avec raison d'eu charger leur recueil. Ils se sont sagement bornés à n'en publier que quatre vers, qui montrent que ce poëmc ne vaut pas mieux que l'autre pour la versification.

Bon. ib. 3°. ' A la suite de ces deux poèmes dans le même manuscrit, en vient un troisième de près de cent vers héroïques. C'est encore une production de lu Muse de Gérard, qui l'a consacré à l'honneur de la sainte Vierge. Mais la poésie n'en est pas meilleure, que celle des poèmes précédents, comme on en peut juger parles deu\ premiers vers qui suivent, et dans lesquels on sappercevra de deux syllabes longues de leur nature, que le Poète s'est donné la licence de faire brèves.

Rite diem festura sanctœ Mariœ penitriris,

Quae pncclara thronum Oadi ronscendit ad altum.

u Long. ib. 4°. ' Un autre manuscrit de la Bibliothèque du Roi, autrefois de celle de M. Colbert, cotté 6388, nous présente encore un poème du même Poète, qui est nommé Gerauld dans l'inscription. Ce quatrième poème est dédié à Erchambaud Archevêque de Tours, et traite des hauts faits de Vautier, ou Waltaire, qui y est qualifié Roi d'Aquitaine, (iv.)

Page 1