ABBÉ DE S. BENIGNE DE DIJON
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L'autre letre au môme Pape n'est ni moins forte ni moins ~ respectueuse. ' Elle fut écrite à l'occasion du bruit qui se répan- hd*. fi. ehr. P. doit, qu'Euslathe Patriarche de Constantinople , de concert J75^1'1'- 4 c avec l'Empereur d'Orient, agissoit auprès du Pontife Romain, afin d'en obtenir au moïen de riches présents, la permission de
f prendre le titre d'Evêque universel, comme le Pape le portoit ui-même. Mais ce dessein n'eut point le succès qu'on en attendoit ; et peut-être en fut-on redevable en partie à celle vigoureuse letre. Elle n'est écrite avec guéres moins de politesse que la précédente. L'Auteur n'y prend point d'autre titre que celui de serviteur de la croix de J. C. ' On la trouve dans cinq divers Ho«. fi. ib. c»ik. recueils. Hugues de Flavigny l'a fait entrer dans sa chronique, ÈfM.ttVr'p les PP. Labbe et Cossart dans leur Collection des Conciles, JJJJ {J^J'Voli M. du Boulay dans son Histoire de l'Université de Paris, Baronius dans ses Annales, et Dom Mabillon dans l'éloge de notre saint Abbé. Le premier Editeur la caractérise fort bien en disant qu'elle contient beaucoup de choses en peu de mots et en beaux termes.
' La troisième letre qui nous reste de lui, et que le même Mab. ao. i. ru. >. Dom Mabillon a tirée de la poussière, est adressée à S. Odilon 15 Abbé de Cluni. Après lui avoir appris la mort d'Otton-Guillaume Comte de Bourgogne, el le bruit qui couroit de celle de Richard III duc de Normandie , l'Auteur lui expose le triste élat auquel étoil réduit l'abbaie de Vezelay, et les suites fâcheuses de cette fatale situation.
A ces letres on peut joindre ' la cliarle de fondation du mo- a<t. ib. p. w. u». nastere de Frutare, l'une des plus nobles et des plus riches abbaïes de toute l'Italie. C'est peut-être la pièce la mieux faite et la mieux écrite que l'on connoisseen ce genre. On y reconnoît aisément la plume du B. Guillaume, qui y parle en son nom, et qui la souscrit en y prenant la qualité de Frère avec celle d Abbé. La pièce est encore intéressante par d'autres endroits. On y trouve non seulement les premiers traits de l'histoire de l'abbaie de Frutare, mais encore divers événements qui concernent la famille du pie ix Abbé, nommément trois de ses frères. D'ailleurs il se lit à la lin quantité de souscriptions de Rois, d'Archevêques, d'Evêques et Abbés, lesquelles bien que faites successivement, peuvent servir à l'histoire générale. La pièce est sans date ; mais elle fut faite peu de temps après le Concile, que tint le Pape Benoit VIII dans l'église de Latran, le troisième de Janvier 1015. Elle nous apprend qu'il s'y
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trouva plus de quarante Evêques, sans compter les Cardinaui et les Abbés, et que la fondation de Frulare y fut confirmée.
2°. De toutes les exhortations et discours, soit publics ou familiers, que fit l'Homme de Dieu pendant le cours d'un asv. 33i. 333. sés long ministère, ' on ne nous a conservé que des fragments du sermon qu'il prêcha à la dédicace de l'église de S. Bénigne. Nous en sommes redevables à Raoul Glaber, qui leur a donné place dans l'histoire de l'Auteur. On y découvre de grands traits de la solidité de sa doctrine, tant sur le Dogme que sur la Morale, et de son zélé tout de feu à déclarer la guerre au vice. Quoique ce ne soit que des fragments, ils suffisent pour montrer que le saint AbLé possédoil les bons principes ae la Théologie, et un fond d'Eloquence qui étoit rare en son siècle. On apperçoit la même solidité, la môme sainte hardiesse, la p. 33J. n. si. même éloquence, ' dans un morceau du discours qu'il tint au Roi Robert et à la Reine Constance, sur la mort du jeune Roi Hugues leurs fils, et que le même Historien a été soigneux de nous conserver.
3°. L'attention du prudent Abbé pour les divers besoins de p. 33i. n. 84. ses fils spirituels, ' lui fit inventer en faveur des persones les plus grossières, qui se retiroient dans ses monastères, des formules de prières qui fussent à leur portée. Elles étoient un peu mystiques, mais ingénieuses, et tellement dirigées qu'on en faisoit cinq sortes d'application, pour demander pardon à Dieu, et implorer sa divine miséricorde pour les péchés que l'on commet par chacun des sens. A chaque application on ajoutait un Miserere. On les regarda dans la suite comme une espèce de Psautier; et on leur en donna même le nom. 11 n'en reste plus aujourd'hui, que la notice qu'on nous en a conservée, avec quelques-unes des expressions qu'on y emploïoit.
iï3f* ira ' rpfi'aC* ' ^arm' 'es Prieres que Jean Abbé de Fécam dressa pour *»*. t. i. P. ils! l'Impératrice Agnès, veuve de l'Empereur Henri III, il s'en trouve une sous le nom d'un Abbé Guillaume, qui n'y est point autrement qualifié. Dom Mabillon, qui a publié cette prière, 'avoil d'abord pensé qu'elle peut appartenir au B. Guillaume Abbé de S. Bénigne, qui réforma, comme on l'a vu, les abbaïes de Fécam et de S. Arncul de Metz, où se conserve le manuscrit qui contient ce recueil. ' Mais sur de plus sérieuses réflexions, il a cru devoir l'atlribuer à Guillaume Abbé de S. Arnoul sur la fin de ce siècle. Les raisons qui l'y ont déterminé, sont d'une part, que l'Auteur n'y est décoré d'aucun titre
lïab. ib. p. 280.
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qui marque l'idée qu'on avait de sa sainteté : ce qu'on n'auroit pas oublié de faire, s'il se fût agi du B. Guillaume de Dijon, qui étoit mort, il y avoit un demi siècle, lorsque ce recueil de prières fut écrit. ' On voit en effet , que ceux qui parloient p. s», alors de lui, le qualifioient Abbé de sainte mémoire. ' D'ail- p. m. leurs le manuscrit, qui contient ces prières, est fait sous le gouvernement de Guillaume Abbé de S. Arnoul , ' ce que p. »«. Dora Mabillon prouve par la forme des caractères. Enfin, ' comme la prière en question est en mémoire de S. Augustin, à la doctrine duquel 1 Abbé de S. Arnoul étoit fort attaché, ainsi
2u'il parott par ses letres, elle lui convient mieux, qu'au B. luillaume de S. Bénigne. On pourrait ajoûter, que le style de celui-ci est plus nerveux, plus concis et ses expressions plus latines et plus énergiques.
'Dom Bernard Pez témoigne avoir vû dans les manuscrits Pai.»nee. t. i.pr. de Pabbaie de Lambach en Autriche, les ancienes coutumes p- 3 D 8 du monastère de Frutare ; et les derniers Editeurs du Glossaire de du Cange citent souvent les anciens usages de l'abbaïe de S. Bénigne de Dijon. Qnoiqu'on ne puisse pas dire que ce soit le B. Guillaume qui les ait dirigés tels qu'ils sont venus jusqu'à nous, il est hors de contestation, que le premier fonds de ces recueils lui appartient, en qualité de Fondateur de la première de ces deux abbaïes, et de Réformateur de l'autre.
L'Historien de S. Germain des Prés à Paris, parlant d'un statut de celte Maison, qui rétablit l'ancien usage de lire chaaue jour au chapitre le Necrologe, et qui prescrit pour chaque rois cinq Psaumes pour le repos des Morts dont on aura lù les noms, l'attribue à notre S. Ablbé. Mais ce statut porte lui-même la
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