‹ Qui perd gagne comedie en un acte en proseChapitre 18 sur 21 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

HENRY

Je ne pouvais reculer devant un tel défi ; et d'ailleurs j’étais si sûr do moi.

FLORA, Irritée

Monsieur !

HENRY, loi offrant sa bonbonnière.

Une pastille. (Flora lui tourne le dos, il continue.) A propos, j ai mes excuses à vous faire pour les fadeurs ridicules dont je me suis rendu coupable à votre égard. J’espérais trouver ainsi un moyen légal de rester près de vous; mais comme la légalité n’a pas réussi, il a bien fallu...

FLORA, se levant.

Et qui vous a dit, Monsieur, qu’il dépendît de vous... je les trouve plaisants !.. le beau mérite que vous aurez à ne pas m’offrir un amour dont je ne veux pas.

HENRY, se balançant sur sa chaise.

C’est ce que je leur ai dit; mais ils voulaient absolument perdre leur argent. Ils ont répondu qu'un homme comme moi... enfin des choses que la modestie m'empêche de vous répéter.

FLORA, revenant vers lui avec colère.

Monsieur, savez-vous que vous êtes un petit misérable!..

HENRY

Hélas! Oui, Madame. (Il se lève et va SS regarder dans la glace. Ilélas! oui... vous retardez, Madame. Je vais bientôt vous rendre libre et j’irai toucher le prix de vertu... S’il s’élevait quelque difficulté, je compte sur votre témoignage pour attester la vérité ! ,

FLORA

Votre conduite est odieuse ! cette plaisanterie no peut

durer. Venir insulter une femme toute la nuit! Vous allez sortir, Monsieur!... par la fenêtre! par la cheminée!... par où vous voudrez, ou, voyez-vous, Monsieur, vous serez cause d'un malheur! Sortez ou je me précipite...

■ Elle s’avance vers la fenêtre.

HENRY

Ilein! (Use place sur son passage.) Arrêtez!...

FLORA, trépignant et fondant en larmes.

Oh! c’est affreux!... c’est affreux! mon Dicul mon Dieu! que je suis malheureuse.

Elle s’évanouit sur le fauteuil placé devant la toilette. HENRY.

O ciel ! Madame ! revenez à vous ! ah ! grand Dieu ! qu’ai-je fait?... Pardon! pardon!... <u tombe h genoux.) Je VOUS aime Flora, je vous adore!... pardonnez-moi!...

FLORA, éclatant de rire.

Ali ! ah ! ah ! mon cher enfant, comment vous en êtes encore là!... vous croyez aux attaques de nerfs et aux syncopes... et vous voulez passer pour un petit monstre !... il faut travailler, mon enfant! Ah! ah! ah! quelle singulière figure vous faites !... Oui , vous avez remporté le prix de vertu... vous pouvez sortir... je serai à vos ordres pour attester la vérité ! (Henry s’est levé et reste accablé.) Vous ne sortez pas? Eh bien ! je vais me retirer dans la chambre voisine... je suis modeste; mais enfin qui sait?... si j’avais le malheur de troubler votre sérénité.

Elle salue et se dirige vers sa chambre.

HENRY, l’arrélanl.

Eh bien! oui Madame, je l’avoue, j’ai été fou, téméraire, coupable, mais à qui la faute? A vous, qui, par la façon dont vous m’accueilliez, me laissiez croire que l’amour devait s'imposer au lieu de se faire accepter; que pour

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