‹ Qui trop embrasse...: Comédie en un acteChapitre 16 sur 99 · SCENE :^ii · texte numérisé non relu

SCENE :^ii

Les Mêmes, JEAN

JEAN

Tiens, Marthe! voilà une surprise. J'étais venu pour chercher un sac qu'on a oublié. (A Pierre.) On a manqué le train et on t'attend pour dîner à la Maison d'Or.

MARTHE

Je vais t'expliquer : je suis montée ici dans Tespoir de te trouver.

PIERRE

Oui, justement, Madame me disait : « Jean n'est pas là, alors je n'ai plus rien à faire ici, » et elle sortait.

Oai, je sortais, tu n'y étais pas.

PIERRE, riant bêtement.

Un y était pas, mais il y est, voilà! (A part.) Quelle guigne!

JEAN, prenant Marthe à part.

Je connais la raison véritable pour laquelle tu es

MARTHE

Gomment ?

JEAN

Oui, ton rêve d'être avec moi dans une garçonnière.

MARTHE

Ah ! je respire.

JEAN

Eh bien! si tu veux, ce rêve nous pouvons le réaliser.

PIERRE, à part.

Quelle fatalité! Maintenant que le mari est là, je sens que je me retrouve.

MARTHE, à Jean.

Vraiment, tu consentirais ? (A part.) La voilà, ma vengeance !

Quelle guigne ! Quelle guigne !

MARTHE

Mais cpois-tu qu'on puisse demander pareille chose à ton ami ?

JEAN

Oui, oui. . . il sera très content, mais cela te gêne peutêtre?

MARTHE

Pas du tout, je t'assure... et la preuve (eUe rembrasse).

PIERRE, à part.

Ah! ça... (Haut.) Dites (ionc,nies amis, si je suis de trop?

JEAN

Oui , justement. . . tu serais bien gentil de nous prêter . . .

MARTHE

Pour une heure.

JEAN

Ta garçonnière.

PIERRE

Mai» pourquoi faire ?

JEAN

Ohl voyons!

A Jean.) Comment, tu veux? (A Marthe.) Vous voulez? { A part . ) Délicieux !

MARTHE

Oui, une idée folle qui m'a passé par la tête, une envie que j'ai d'avoir un amant et que cet amant soit mon mari. C'est amusant, vous ne trouvez pas ?

JEAN

Tu ne trouves pas ça amusant?

PIERRE, rageur en dédans.

Très drôle ! Je trouve ça très drôle I J'allais vous le proposer, ça me manquait. Je me disais : « Pourvu qu'il me le demande ! » Tenez, voilà ma chambre. Il y a un lit, un très grand lit pour deux personnes... des fleur s... mon malaga... mon parfum... mes pantoufles... Avez-vous bien tout ce qu'il vous faut? C'est très amusant !

JEAN, lui serrant la main .

Vieil ami!

PIERRE lui prend la main .

Merci ! Et quand vous passerez dans le quartier, n'oubliez pas de monter chez moi. Gela me fera toujours plaisir. Allons, tout est prêt. Bonsoir.

(Jean et Marthe entrent dans la chambre.) PIERRE, à la porte.

Et VOUS savez, je trouve ça très drôle ! (il prend son chapeau et sa canne.) Vicieux ! (Il sort.)

Il,Ii:>EAU

Ites Deax

Goartisaûes

COMKDIK EiN LN ACTR

DU MÊME AUTEUR

Les nuits de Olinze ans (poésies).

Par Politesse (comédie en 1 acte).

Qui trop embrasse (comédie en 1 acte).

Les Toiles d'Araignée (comédie en 1 acte) en collaboration

ai^ec M. Maurice de Waleff'e.

L'EloMMK A l'Oreille coupée (comédie en 3 actes). Tout est bien (comédie en 1 acte\ Le je ne sais guoi? (comédie eu 3 actes) en collaboration

avec J/. Maurice de Tf aleffe.

Chérubin (comédie en 3 actes).

La I^asskuelle (comédie en 3 actes) en collaboration avec

Madame hred. Gresac, Par Vertu (comédie en 1 acte).

FRANCIS DE CROISSET

lies Deox

Goartisanes

Musique de M. REYxNALDO HAHN

Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Mathurins, le 10 Octobre 1902.

PARIS

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