ACTE II
LE COMTE
Oui. Une poule au tir aux pigeons.
LA MARQUISB
Une poule au tir aux pigeons?
Une poule, c'est une loterie... Oui, une loterie de douze mille francs, ça vaut la peine! (Souriant,) Tout est relatif.
LA MARQUISE
Ne partez pas encore ! Restez ! (A mi'voix,) Je suis si seule I
LE COMTE
Non ! Il faut ! Il faut ! (// soupire et prend son chapeau. Il
revient pour baiser la main de la marquise et s'arrête sur» pris,) Quoi? Vous ave? les larmes aux yeux? Mais qu'ayezvous?
LA MARQUISE
Rien.
LE COMTE
Si, dites-le moi. Cela vous fera du bien.
LA MARQUISE
Non.
LE COMTE
Si. Je suis sûr que ça vous fera du bien. Qu'est-ce qu'il y a ?
LA MARQUISE
Il n'j a rien.
LE COMTE
Vous n'avez pas conRance en moi. Ce n'est pas gentil. Je ne suis pas méchant, allez ! (// lui prend la main .) Je ne suis pas méchant.
LA MARQUISE
Non, vous êtes un bon canard.
LE COMTE
Je ne sais pas si je fuis un bon canard, maïs je tâche d'être tiD brave homme. Quand. ou n'a pas de gcoie, il faut bien qu'on se rattrappe sur le cœur, n'est-ce pas? V^ oyons ! Qu'est-ce que yous avez?
LÀ MÀAQUISE
Je ne suis pas heureuse •
LB COMTB
Et c*est à cause de quelqu'un ?
LA UARQUISB
Comment savez-vous?
LB COMTB
Les hommes, quand ils ne sont pas heureux, c'est à cause de quelque chose. Les femmes c*est toujours à cause de quelqu'un.
LA MAQQUISB
Cest à cause de mon mari.
LE COMTB
Vous ne Paimez plus ?
LA MARQUISE, scandalisée, Ohl sil
LB COMTE
Plus autant?
LA MARQUISE, scandalisée* Oh ! si I
LE COMTE
L'amour ne se commande pas. Vous pouvez avoir aimé et n*aimer plus. Ou aimer moins !
LA MARQUISE
Ohl les Parisiennes sont comme celai
LE COMTE
Dame I ça s^est vu !
LA MARQUISE
Une jeune fille américaine, quand elle a une fois aimé^ elle aime pour toute sa vie.
LE COMTE, à part.
C'est une âme charmante ! (IlauL) Alors vous 1 aimerez toa* jours?
LA MARQUISE
Toujours 1