ACTE II
LA MÀI'QUISB
Mais c'est horrible une semaine comme cela !
LE COMIE
Horrible ? Non. J'occupe mes loisirs. Voilà tout.
LA MARQUISE
Vous avez tout de même Tair vidé.
LE COMTE
Si VOUS y tenez. Je vais vous dire. C'est que je me fais suer..
Oh!
LE COMTE
Ouï. Dans un manteau en caoutchouc. Mon valet de chambre^ m'assied tous les jours sur une lampe à alcool.
LA MARQUISE
Vous vous asseyez sur une lampe^ vous trouvez cela confor-table?
LE COMTE
Je fais cela pour maigrir .
LA MARQUISE
Ce doit être fatigant.
LE COMTE
Non, ça dure deux heures seulement... quand je reviens d'avoir été visiter mon chenil.
LA MARQUISE
Ah ! VOUS aimez les chiens ?
LE COMTE
Oh ! je n*en suis pas fou ! J'en ai cinquante-deux en ce moment.
LA MARQUISE
Alors vous aimez les chiens ?
LE COMTE
J'approvisionne les meutes de mes amis. Les colleys sont très chers en ce moment.
LA MARQUISE
Mais vos tirs aux pigeons, voire lampe, votre chenil^ ce doit être terrible. Quand vous reposez- vous?
LE COMTE
Au bois. J^essaye des autos, vers ooze heoreSy avant d*aHer iaire un cartoo chez Gastione .
LA MARQUISE
Mais vous ne vous asseyez jamais !
LE COMTE
Au contraire. En ce moment, je compose un ouvrage consi^ 'dérable. . •
LÀ MARQUISE
Vous êtes bachelier?
LE COMTE
Ça n*a aucun rapport. Un ouvrage sur le poker.
LA MARQUISE
Comme vous travaillez.
-LE COMTE
Je m'ocupe. (Grimace,) Ah! sapristi I
LA MARQUISE
-Qu'avez-vous ? Vous êtes malade?
LE COMTJS
Non, c*est mon déjeuner.
Vous vous sentez un peu de choléra?
LE COMTE
Non. Je viens de me rappeler que j'ai accepté des pommes do <erre avec le rôti. Ahl c'est embêtant. J'étais distrait.
LA MARQUISE
Vous ne digérez pas les pommes de terre ?
LE COMTE
Je digérerais du plomb. Mais je ne puis manger que de la
viande. Les farineux font engraisser. Ils détruisent le travail
de la lampe, vous savez, la lampe. (Regardant Vheure.) Sapristi!
Deux heures et demie. Il faut que je me trotte. J'oubliais l'heure.
<J'ai une poule.
LA MARQUISE
Une poule. - -