‹ Qui trop embrasse...: Comédie en un acteChapitre 58 sur 99 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LA COMTESSE

Je veux devenir une bonnêle femme !

LE MARQUIS

Vous D*avez pas la vocation.

LA COMTESSE

Insolent I

LE MARQUIS

Vous êles trop jolie.

LA COMTESSE

Je ne veux plus me compromettre. Je ne veux plus faire celle folie pour vous.

LE MARQUIS

Soit. Ne le faites pas pour moi, faites -le pour votre mari.

Vous dites ?

LE MARQUIS

Je dis : faites-le pour votre mari, pour Gaston.

LA COMTESSE

Vous croyez que Gaston tient à ce que je...

LE MARQUIS

Il n'y tient peut-être pas. Mais vous \% devez, c'est votre devoir.

LA COMTESSE

Je lui demanderai son avis.

LE MARQUIS

Vous devez éviter à votre mari le ridicule..*

LA COMTESSE

Justement I

LE MARQUIS

... le ridicule du mari trompé d'opérette. Vous ne le pouvei qu'en continuant d'être ma maîtresse.

LA COMTESSE

Ah! bah!

LE MARQUIS

Qu'est-ce qui peut justifier Fadullére? C'est la passion fatale, irrésistible, incendiaire, qui brûle comme paille la faible vo«

54 l'E JE NE SAIS QUOI?

loQté des amantiBCt les précipite irrésistiblement... Dotez ce mot Henriette. . . irrésistiblement aux bras l'un de l'autre. Mais si vous me résistez, ce n'était pas cette passion. Qu'était-ce donc? Le ril libertinage. Voyez de quelles hauteurs poétiques dans quel bas-fond libidineux vous vous précipitez en me résistant? Soit. Vous êtes libre. Mais êtes-vous libre d'y précipiter avec vous votre époux? Non. J'ose le dire, Henriette. NonI 11 faut que notre passion soit irrésistible pour que votre mari soit respecté et pour qu'il remonte avec nous des bas-fonds de lopérette au rôle triste mais sublime du roi Marc dans Tristan et Ysealt.

LA coMiESSB, lai mettant les bras autour da cou. Tu es délicieusement béte.

LE MARQUIS

Ah! on se retrouve!

LA COMTESSE

On se retrouve!

LE MARQUIS

Tu sais le petit rez-de-chaussée de la njid de Berry?

LA COMTESSE, tOUChéc,

Vous l'avez gardé ?

LE MARQUIS

Il n'est pas démeublë.

LA COMTESSE, ruvic.

Ah ! quel bonheur !

LE MARQUIS

Il était loué pour trois ans.Je suis passé par là en fl&nant. La concierge m'a reconnu tout de suite. Je suis même entré,

C'est vrai?

LE MARQUIS

Oui. Ah! ça m'a semblé bou. Ça m'a changé du caravansé* rail où j'habite ici. C'était petit. C'était capitonné. J'ai tout de suite retrouvé ton parfum. [Se penchant sur son épaaieJ) Chypre et orchidée.

LA COMTESSE, incréclule.

Oh! après un an! Tu crois.

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