ACTE II
LB MARQUIS
Je dois dire qu*un petit flacoo était resté sur un guéridon^ un petit flacon débouché.
LA COMTESSE
Mon flacon de Daum, avec dans le verre des coulées laiteuses historiées de chardons bleus ?
LE MARQUIS
Oui.
LA COMTESSE
Je l'ai cherché partout.
LE MARQUIS
Il était resté là et, tout minuscule (|u*il fût, il avait imprégné de son arôme toute la chambre, toute notre chambre Marie- Antoinellp, blanche et grise, couleur de perle.
LA COMTESSE
Elle n*était pas d'un style très pur, notre chambre Marie- Antoinette. Tu y avais mis des rideaux japonais vert pomme,
C'était pour égayer.
LA COMTESSE
Tout recommence comme dans le temps.
LE MARQUIS
Les soirs où Gaston est absent, nous irons de nouveau dans les petites boites, dans Pavant-scène grillée.
LA COMTESSE
Oh! j*adoré cela! sentir qu'une simple petite grille en bois VOUS séparer seule de tout Paris, du scandale, de la vengeance^ du déshonneur.
LE MARQUIS
Ah ! il n'y a que Paris pour vous donner ces frissons-là. Il me semble que j'y rentre seulement d'aujourd'hui.
LA COMTESSE, tendrement .
C'est vrai?... Ça durera au mjios^ ce retour?
LE MARQUIS
Ça durera.
LA COMTESSE, imitant son jea.
Tu sais, si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour ta femmo.
LE MARQUIS
Folle I (// V embrasse,)
LA COMTESSE^ tragi-comiquem Alors, nous redevenoos adultères.
LE MARQUIS, même jea.
Nous nous damnons joyeusement. (// la regarde,) Tu es bien de ma race, toi! Tu l'as, le quelque chose d'indéfinissable. (Galant.) Chère comtesse, le hasard de vos visites ne vous amènera-t-il pas demain dans le quartier de la rue de Berry?
LA COMTESSE, même jeu,
II se pourrait, marquis. Il se pourrait. J ai comme idée que nous nous y rencontrerons.
LE MARQUIS
' Ah ! petite canaille, va 1 [Ils s'embrassent.)