LA MA HQ II SE
Philippe, si vous. ,. [Le marquis détourne la tête.)
LA COMTESSE
Votre mari est honteux, ma chère, mais honteux de vous et -de cette scène. (Tirant un mouchoir et le secouant dans V air.) C'est singulier. . . ça sent le pétrole ici.
LA MARQUISE
Ah! Madame, vous êtes à votre aise... On voit comme vous ■avez l'habitude de pareilles surprises .
LA COMTESSE
Parce que vous me surprenez aux bras d'un homme. Mais ■cela m'arrive tous les jours. La scène que vous me faites seule •est nouvelle pour moi. Sachez, ma petite, qu'à un certain degré •de bonne naissance tous les hommes qui fréquentent certains salons de Paris sont cousins des femmes qu'ils y rencontrent. Le cousinage autorise ces manières libres qui ne peuvent choquer qu'une étrangère. Dans notre monde à nous, ma chère^ 00 est en famille.
LE MARQUIS, cntrc ses dents.
Pas mal !
LA MARQUISE
Vous n'êtes pas la cousine de mon mari.
LA COMTESSE
Oh I les d'Evreux et les d'Arleval ne peuvent élre sans quelque parenté.
LE MARQUIS
La comtesse dit vrai, ma chère Ma^gy. Il y a une alliance... une alliance sous...
LA COMTESSE
Sous Charlemagne.
LE MARQUIS
C'est ç&f sous Charlemagne.
LA COMTESSE
Vous voyez? Mais, ma petite, quand vous irez un peu dans le monde, dans notre monde, vous verrez qu^on s*y embrassedans tous les coins. Notre caste repose sur Tesprit de famille^ vous perHez cela de vue. Rien d'étonnant à ce qu*il soit plua développé, plus démonstratif même qu'en Amérique.
LA MARQUISE, îroriique. Je vois. Madame, ma méprise I
LA COMTESSE
Ah!
LA MARQUISE
Oui, je VOUS fais toutes mes excuses.
LA COMTESSE, lin pctt supprise.
Ah ! mais, je les accepte bien volontiers. Votre méprise était naturelle. Vous êtes étrann^ère à Paris, à nos coutumes, à nos habitudes de sentir et de penser.
LA MARQUISE, même j'ea.
A vos habitudes de sentir et de penser. Oh ! oui, à cela sur— tout.
LE MARQUIS, s^ovançant.
Ah! vous vous en rendez compte, maintenant?
LA MARQUISE
Oui. Je commence à me former. Il faut le temps, n*est-ce pas? Mais les leçons comme celle-ci me profiteront, mon cher Philippe.
LE MARQUIS
Je le souhaite 1