‹ Qui trop embrasse...: Comédie en un acteChapitre 65 sur 99 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

qui arrivent d'Ecosse. Vous n'irez pas non plus? Toujours pour moi?

LB COMTB

Oh I vous vous moquez I Vous me trouvez grotesque. C'est vrai. Je ne fais rien, et je trouve le moyen d'être toujour»^ pressé.

LA MARQUISB

Oui, mon ami, vous ne faites rien. Rien que des choses admirables, tout simplement.

Ln COMTE

Admirables ! Voilà un adjectif ironique s'applîquant mal au pauvre homme insigoifiant que je suis^ légèrement ridicule^ peut-être.

LA MARQUISE

Oui, à première vue: mon chenil^ mes chevaux, mon tir aux pigeons, ma poule à Tépée, mon caoutchouc, mon poker T Et moa élégante oisiveté! Ah! mais vous avez quelque, chose derrière vous.

LE COMTE, se retournant.

Derrière moi?

LA MARQUISE

Au dedans de vous. Oui, quelque chose qui est sublime. . . Et une fois qu'on Ta vue, on n'a plus envie de rire.

LE COMTB

Moi, j'ai quelque chose de sublime.

LA MARQUISE

Oui. Vous êtes un souteneur.

LE COMTE, sursautant.

Un souteneur?

LA MARQUISE

Oui. Vous êtes pauvre et vous travaillez pour soutenir le luxo de votre femme,

LE COMTB

Ah! bien! j'aime mieux cela.

Vous êles pauvre et votre femme porte des robes trop riches»-

^a LE JE NE SAIS QUOI?

LB COMTB

Ahl

LA MAHQUISB

C'est pour ça que votre chenil, votre lir aux pigeoDS, votr^ 4ampe, ne dooneot pas envie de rire.

LB COMTB

Marquise !

LA MARQUISB

Vous ne travaillez pas, vous dites?

LE COMTB

Non. Non, certes^ je suis un homme du monde, un viveur, -vn simple viveur.

LA MARQUISE

Vous appelez ça être viveur. Oui, c'est peut être vrai, si chez vous viveur signifie celui qui se tue pour faire vivre une femme qui ne vous vaut pas^ qui ne vous aime pas, qui vous j'uine, qui vous...

LE COMTE

Qui porte mon nom^ cela suffit.

LA MARQUISE

Oui qui porte votre nom, mais qui n'en est pas digne... Ahl -comte, je parle mal le français, je comprends mal votre esprit^ mais je ^ens ce que desParii^iennes trop spirituelles ne sentent peut-être pas. V^ous n'êtes pas heureux, mon ami, et nous pou- Tons nous donner la main. Nous souffrons tous deux delà même souffrance. Vous n'avez pas d'argent. Moi j'en ai trop... et xela nous fera mourir tous les deux.

(Elle laisse aller sa tête sur V épaule du comte,)

LE COMTE, très troublé»

Marquise !

LA MARQUISE

Nous sommes deux pauvres, mon ami, nous sommes deux jwuvres.

LB COMTE, de plus en pi US troublé.

Marquise I Marquise !

LA MARQUISE

Mon cher compagnon de souffrir !

Page 1