LES MÊMES, LE MARQUIS, LA COMTESSE
LA COMTESSE, rentrant.
Je suis sûre de Ta voir laissé sur la table,
Nous allons voir. (Entrant et surprenant sa femme dans les •iras du comte.) Ah ! par exemple !
LE COMTE
Sacrebleu !
LA MARQUISE, buS OU COmtC.
Laisse-moi faire !
1^ MARQUIS, à sa femme qui n'a pas bougé et lui sourit dans la même attitude que la comtesse avait eue avec elle, C*est trop fort ! C'est trop fort ! Gaston, tu m'en rendras raison... Quant à vous, Madame...
LA MARQUISE, toujours souriautc.
Mais qu*avez-vous donc, cher ami ? (Elle imite le persiflage de la comtesse,) Je ne parviens pas à comprendre vos exclamations! Le moins que j*en puisse dire, c*est qu'elles sont d'un assez mauvais goût.
LE MARQUIS
Comment. Vous persiflez !
LA MARQUISE
Fi ! que cela est peu parisien !
LE MARQUK
Maggy ! Si vous osez I...
LA MARQUISE
Ah I fi I {Elle agite son mouchoir comme Pa fait la cont" iesse,) Ce n'est plus moi qui sens le pétrole ici.
Prenez garde !
LE COUTS
Voyons, mon cher I
LA MAnQfllSB
Parce que vous me surprenez aux bras d'un de vos amîs ? La querelle est plaisante. Ça m*arrivera tous les jours ! Est-ce que dans votre monde à vous tous les hommes ne sont pas avec les femmes un peu cousins. (A la comtess".] Les d'Evreux et les d'Arleval ne sont-ils plus cousins, mydear, depuis tantôt!... Ou bien ne le sont-ils que quand je vous surprends embrassant mon mari?
LB COMTE, à sa femme.
Comment I La marquise vous a surpris ?
LA MARQUISE
Embrassant mon mari.
LE COMTE, furieux.
Ah ! par exemple 1
LA MARQUISE
En cousins, cher comte^ en cousins.
LE COMTE
Comment en cousins ?
LA MARQUISE
Demandez à mon mari.
LE MARQUIS
Oui^ moucher, oui. Nous sommes cousins. Tu ne le savais pas? Si. Il y a eu une alliance...
LA MARQUISE, îroniçue.
Sous Charlemagne.
l6 COMTE, ahuri.
Sous Charlemagne ?
la comtissb Mais oui !
LB MARQUIS
Mais oui ! sous CharlemajE^ne. Tu ne te souviens pas? Non, naturellement. Tu n'étais pas avec nous.