ACTE III 8l
devrait aimer à genoux... II est élégpant, Philippe? Il est élégant comme un beau cheval de carrosse, comme un carrossier anglais. Vous, au contraire, Maggy, vous êtes une petite jument arabe avec du feu, de TcBil, du nerf, du sang. Vous faites panache ! C'est avec moi qu'il faut vous atteler. Oui t vous riez! Pardon. Je dis des béiises. Je ne sais pas parler. G*est parce que je suis sincère. Je vous aimt;, moi, je vous aime 1 Je vous aime !
LA MARQUISE, riant.
Vous parlez si drôlement d'amour.
LE COMTE
Ouï. Philippe parlerait mieux. Ça lui vient des lèvres, pas du
cœur. Il ne vit que pour le chic, pour le décor, pour la parade.
•Philippe, mais c'est le Gotha relié en veau. Philippe, c'est l'âme
d'un maîire dliiUel du C;ifé aniçîais dnns la cervelle d'un mar«
chand tailleur de la rue de la Paix. Philippe^ c'est...
LA MARQUISE
Philippe, c'est mon mari^ Monsieur.
LE COMTE
Non ! c'est le faux ! le vrai, c'est celui qui t'aime^ qui te comprend et qui te veut, entends-tu, et qui t'aura. (// /'a/ilace.)
LA MAUQIISB
Comte!
LE COMTE
Qui t'aura !
LA MARQUISE
Comle^ il y a du monde.
LE COMTE
Ça m'est égal !
LA MARQUISE
Prenez garde, comte ! ^fon ami ! Ga^^ton 1 Si oa venait 1 Si OD nous surprenait ainsi, je serais perdue.
LE COMTE
Alors, dansons I
LA MARQUISE
Comte, vous me faites mal^ vous froissez ma robe.
8a LB JE NE SAIS QUOI?
LB COMTE
Alors, demain, demain?
LA MARQUISB
Mais vous n'êtes pas libre.
LE COMTE
Si^ le reste du monde ne compte plus!... Demain I. .,
LA MARQUISE
Mais non, je ne peux pas.
LE COMTE
Jure- moi que tu viendras demain. Jure^ ou je t*enlève sans avoir Tair de rien, en bostonnanl par tous les salons. Je valse des escaliern jusqu'au vestibule, et du vestibule jusqu'à m& voiture. Nous visitons la chambre Marie- Antoinette ce soir même.
LA MARQUISE
Dear me I Dear me !
Jure! jurel Oui, je jure I
Tu m'aimes?
Oui, je vous aime.
LA MARQUISr