SCÈNE V
LES MÊMliS, PHILIPPE
PHILIPPE
Gaston, le général de Chabannes te réclame au poker.
LA MARQUISE, //// Saillant au cou.
Ah! Philippe! Philippe! Philippe!
PHILIPPE, furieux, M aggy, c'est inconvenant !
{Le comte tressaille et sorL)
LA MARQUISE, éclolant en pleurs sans lâcher son mari. Philippe ! Aime-moi ! Je t'aime I... Aime-moi I...
PHILIPPE s^esl dégagé et la regarde froidement. Allons, bon 1
LA MARQUISE, lui tendant les bras.
Philippe !
PHILIPPE
Ça va bien . Ça recommence !
LA mauqlisk, avec égarement.
Quoi ?
PH LIPPE
Votre vraie nature repaiali. J'avais fait ud beau rêve.
LA MARQUISE
Philippe, écoutez-moi sérieuscmeut.
PHILIPPE
C'était trop bien. Ça ne pouvait pas durer.
LA MARQUISE
Philippe, my love! my darling. Ecoutez moi comme au premier temps de notre maiige. quand vous ne me trouviez pas encore rigolo. Je voudrais vivre seule avec toi.
PHILIPPE
Ojî , malheureusement nous ne sommes pas seuls. Il y a le monde. Mi ce même monde-là est chez nous ce soir, je vous prierais de le remaïquer.
MAGGY
Quittons Paris, recommençons à voyager tout seuls.
PHILIPPE
Nous voyagerons en été, si vous voulez. Nous irons à Deauvilic, au Pôle Nord, où vous voudrez. Maintenant nous sommes au printemps, on reste à Paris, c'est Tusage.
MAGGY
Qu'est-ce que cela nous fait Tusage?
PHILIPPE
Vous oubliez que nous sommes i'i( hes à un point exceu'.ii» que. Pas d'originalité, je vous prie! TAchons de ne pas nous faire remarquer. Jtmons le moins possible le rôle de phénomène. Notre situation dans le monde est extrêmement délicate. Si vous m'aimez comme vous le dites, consacrez votre vie comme je consacre la mienne à redevenir des gens de bon ton. C'est déjà assez dii'ticile. Un voyage à celle époque, quand nous rentrons ù peine depuis quinze jours! J aime à croit e que vous n'avez pas rénéclii.
: ACTE m 8S
MAGGY, tristement.
Eh bieo, restons, puisqu'il le faut. (Elle se lève,) Mais je vous demande une grâce, ce sera la dernière.
PHILIPPE
Laquelle ?
MAGGY
Ne faisons pas société avec le comte et la comtesse d*ArIe-^ val. EloigQODs-les.
PHILIPPE
Y songez- vous? Le comte est un ami d'enfance.
MAGGY
Et la comtesse une amie de jeunesse. Oui, éloignons-les. Faites-moi cette grâce.
PHILIPPE
Votre jalousie...
MAGGY
Ce n'est pas seulement par jalousie
PHILIPPE
Ohl
MAGGY
Ils ne me plaisent pas . Ils me font peur.
PHILIPPE
On croira que c'est par jalousie. C'est impossible. Pas d'excentricité, rien de voyant, soyons gris-perle, je vous en prie,> gris-perle.
MAGGY
Philippe, j'ai les larmes aux yeux.
PHIUPPB
Il est étrange comme vous avez pu atlrapper un moment ce quelque chose d'impertinent et de désinvolte qui fait la parisienne, et comme vous l'avez reperdu aussitôt, pour retomber dans les niaiseries que vous me débitez. C'est étrange, et c'est malheureux, parce que ça devient incurable. Voici le comte.
MAGGY
Ohl
PHILIPPE
Je vous prie d'être aimable.
MÀGGY
Philippe I
PHILIPPE
Je vous prie d'être aimable!