ACTE III
ter votre ami. J'étais trop bêle. Je vous souliaile d'être heureuse. Plus heureuse que moi.
LÀ MARQUIS
Vous quittez le bal ?
LE COMTE
Oui. Je prends le train de Calais, cette nuit, pour les courses de Brighion. (Avec an sourire d* ironie triste,).,. Vous savez, l*homme qui est toujours pressé ! ... Je passe la Manche demain matin. Je soog'erai à vous s* je n^ai pas le mal de mer. J'emporte ma lampe et mon caoutchouc. Je me ferai suer là-bas. J'ai encore deux livres à perdre. Ça ira si je me dis que vous ne m'en voulez plus. Et puis on dit que It chaprrin fait maigrir. A quelque chose malheur est bon. Adieu! Adieu I
MAGGY
C'est moi qui ai eu tort, comte ! C'est moi qui ai été coquette «vec vous!
LE COMTE
Non, c'est moi. J'ai élc maladroit; j'ai été brutal.
LA MARQUISE
Mais... si vous vous repentez... alors vous pouvez rester.
LE COMTE
Ah! merci pour ce mot-là!... Mais, adieu, marquise.
LA MARQUISB
Vous ne voulez plus me voir ?
LE COMTK
Ce sera ma punition .
LA MARQUISE
Mais si VOUS me promettez d'èire respectueux.
LE COMTE
Je suis un si pauvre homme que je ne suis pas même as5C2S ■sûr de moi pour rester. Ainsi, vous voyez.
LA MARQUISE
Alors, vous allez voyager en railway la nuit.
LE COMTE
Oui.
LA MARQUISE
Ça doit être triste de voyager tout seul dans le noir.
LB COMTE
J'ai rhabitude d'être tout seul. Ma femme ne m'a pas gÂté,
LA MARQUISE
Combien d'heures d'ici à Calais ?
LE COMTE
Je ne sais plus. Ça m'est égal. Quand on est seul on peut pleurer, le temps passe.
Alors, vous avez beaucoup de chagrin ?
LB COMTE
Oui^ un peu.
LA MARQUISE
Vous souffrez?
LE COMTE
Comme une bête I
LA MARQUISE
Oh ! oh ! mon ami, il ne faut' pas pleurer comme ça. Moi je pleure si facilement; je vais pleurer aussi. Nous allons pleurer tous les deux. . Il y a peut-être un moyen.
LE COMTE
Non^ il n'y en a pas.
LA MARQUISE
Si vous ne partiez pas ?
LE COMTE
Il faut que je parle. Je vais encore souffrir ici. Vous ne m'aimerez pas. Vous êtes une honnête femme. Il n'y en a pourtant pas beaucoup. Ah! je n ai pas de chance. Je suis justement tombé sur celle-là.
LA MARQUISE
Il n'y a pas d'honnêtes femmes^ il n'y a que des femmes qui aiment leur mari.
LE COMTB
Oui. Et vous aimez Philippe 1
LA MARQUISE
Non. C'est fini.
LE COMTE
Vous ne l'aimez plus ?