SCÈNE PREMIÈRE LA COMTESSE, La F.bmme de chambre
LA COMTESSE
La voiture est-elle attelée?
LA FEMME DE CHAMBRE
Oui, madame la comtesse.
LA COMTESSE
Faites avancer : je descends.
LA FEMME DE CHABI3RE
Bien, madame.
nusae lortie.
LA COMTESSE
Ah ! voyez donc si le cocher a attelé le chev^ bai. Je ne veux pas qu'on attelle le stepper gris lorsqu'il pleut. 11
2 LES TOILES D'ARAIGNEES.
s'enrhume toujours. Et, vraiment, cela finit par coûter un peu cher! Est-ce que le marchand est venu pour examiner les deux chevaux à vendre?
LA FEMME DE CHAMBRE
Il viendra ce soir, madame.
LA COMTESSE
Si je n'étais pas rentrée, vous savez le prix, n'est-ce pas?
Huit mille, (ta femma de chambre sort... Seule et soupirant.) EnCOre
un sacrifice qu*il faut bien que je fasse ! C'est ennuyeux d'être économe !
Campée devant sa (çlace, des deux maias elle relève sa jupe et la fait froufrouter. Puis, elle se dirige vers la porte, quand la femme de chambre rentre et lui présente une carte sur un plateau.
LA COMTESSE, lisant.
André d'Arbelles ! Ce monsieur attend ?
LA FEMME DE CHAMBRE
Le portier a dit à ce monsieur que madame ne recevait pas! Mais il a vu le coupé attendant sous le porcl)€, et 11 a insisté pour voir madame.
LA COMTESSE, après un instant d'hôiitation.
Priez de monter, (ta femme de chambre sort. Elle contemple la carte.)
M. d'Arbelles, André d*Arbelles... Un beau nom et un joli nom! Ah! c'est un beau parti, M. d'Arbelles. (se reprenant.) Ah! non! très désargenté maintenant par cette petite Folette des Variétés! C'est dommage! ah çà! voyons! Qu'est-ce que tout ça peut bien me faire?
Elle continue de boulonner ses gants sans s'asseoir. — André d'ArbcUes, trente-cinq ans, grand, svelte, vêtu de nuances sourdes, l'œil bleu et clair. La bouche mince et rasée. Quelques rides aux coins des lèvres et des yeux. Distinction froide. Geste rare, n s'incline en entrant et porte à ses lèvres la main de la comtesse.
LES TOILES D'ARAIGNEES. 3