J/ARMÉE FRANÇAISE
de l'ordre royal de la Légion d'honneur.
Vlarçchaux : Comte Sébastiani.
Blgeaud, duc d'Isly.
Comte de Reille.
Vicomte Dode de la Brunerie.
En exécution de la loi, qui , chaque année, met à la disposition du gouvernement quatre-vingt mille jeunes soldats, l'appel sous les drapeaux ^t la répartition s'effectuent ainsi qu'il suit : — Tous les jeunes gens qui, au 1er janvier, ont accompli leur vingtième année , sont obligés d'aller s'inscrire à la mairie , puis de se présenter au jour indiqué pour tirer à la conscription. Le travail de répartition par département et par commune établit jusqu'à quel numéro chaque commune doit fournir son contingent; ceux qui ont amené des numéros supérieurs sont libérés du service. De cette loi sur le recrutement personne n'est exempt, sinon le fils aîné de la veuve, ou le cadet dont le l'ivre aine sert déjà, ainsi que les élèves de l'école normale et ceux des séminaires qui portent soutane et entrent dans les ordres.
Une fois le contingent obtenu, le gouvernement
est libre de l'appeler sous les drapeaux en totalité
ou en partie; mais ceux qui restent dans leurs
foyers sont à la disposition du ministre de la guerre
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pendant sept ans, temps prescrit pour la durée du service militaire en France. Ceux qui sont tombés au sort peuvent se faire remplacer. De nombreuses agences se livrent à ce trafic d'hommes, qui, dans le langage pittoresque des troupiers, se nomme la Traite des blancs. Ceux qui , pour de l'argent , en remplacent un autre, sont appelés les vendus.
Le contingent est réparti selon les besoins du service. — En 1832, date de mon arrivée en France , la répartition a eu lieu comme suit :
Armée de mer, 2,949; — infanterie, 56,083 ; — cavalerie, 9,630$ — artillerie, y compris le train des parcs, 5,715; — pontonniers, 215; — génie, 2,255; — train des équipages, 1,700 ; — hôpitaux (service) , 1 20 ; — compagnies départementales , 1 ,333. — Total 80,000 hommes.
Une récente loi sur l'état-major de l'armée fixe l'âge de mise en non activité des généraux , des colonels , etc. , qui passent alors au second cadre de réserve, ou bien prennent leur retraite. Cet âge, pour les lieutenants généraux, est de soixante-cinq ans ; pour les maréchaux de camp , de soixante-deux ; pour les colonels, de cinquantecinq. Une décision royale peut maintenir définitivement dans le cadre de l'activité ou proroger jusqu'à l'âge de soixante-huit ans ceux des lieutenants
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généraux qui ont commandé un corps d'armée comme généraux en chef.
Le code militaire est extrêmement sévère en France. On en donne lecture chaque samedi dans les casernes. Il a été promulgué par la Convention, qui avait besoin de maintenir la discipline dans ces temps de guerre où la France était en lutte contre toute l'Europe. Depuis ce temps il n'a pas été révisé , ce qui fait que l'armée est régie par une loi martiale du temps de la Terreur. La peine de mort y est fréquemment appliquée, mais par bonheur elle s'exécute rarement, et pour des cas excessivement graves. La clémence royale modifie presque toujours la sévérité de la loi, — Outre la peine de mort , les travaux forcés dans une forteresse , les fers i le boulet et les peines correctionnelles y figurent aussi; les deux premières sont infamantes, et entraînent la dégradation ; celui qui a subi les autres peut rentrer sous les drapeaux et continuer son service. — L'insubordination entraîne une année d'emprisonnement, et la déclaration d'indignité de servir désormais dans les rangs. — Cette loi pleine d'honneur servait à merveille les mauvais sujets et les remplaçants, qui pouvant, par une année de prison, se libérer du service, se refusaient à obéir à leurs supérieurs. Le maréchal Soull, dont la grande sollicitude pour l'armée est connue, s'élanl
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aperçu de cette tendance , imagina un moyen pour y obvier. Après la condamnation du coupable patte conseii de guerre, il le faisait gracier, puis l'envoyait dans les compagnies disciplinaires, par suite de la commutation de la peine. — C'est ainsi que ces hommes, bon gré, mal gré, étaient mainte* nus dans les rangs jusqu'à leur congé définitif.
Le costume des fantassins français a souvent varié. On a cherché, par de nombreux essais, les moyens d'allier à la commodité le pittoresque de l'uniforme. Il fallait surtout trouver un costume dont les conditions hygiéniques garantissent la santé du militaire en toutes saisons. Les médecins, consultés à cet égard, déclarèrent que si Ton pouvait diminuer la charge à porter et tenir l'estomac toujours chaudement, que les dyssenteries seraient moins fréquentes, et que l'on diminuerait ainsi les chances de la mortalité. Par suite de ce conseil , le soldat de ligne porte à présent une tunique bleu de roi , serrée à la taille par un ceinturon qui supporte le sabre ou la baïonnette et la giberne; le tout est maintenu par de légères bretelles. Le sac est attaché par des brassières en cuir qui ne gênent pas les mouvements et ne compriment pas la poitrine. Le pantalon garance, sans sous-pieds , tombe sur une guêtre en cuir. Un léger schako , avec une visière relevée, couvre sa tête. Sous ce
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costume, et ainsi armé, le soldat marche plus commodément, et les revirements subits de la température le trouvent à présent préparé et garanti.
La cavalerie est en général très-bien habillée ; le joli casque des dragons (qu'il serait bon pourtant, de même que celui des carabiniers, de débarrasser du plumet rouge), les dolmans des hussards, le chapska des lanciers , la cuirasse éclatante des carabiniers, sont d'un très-bel effet ; mais malheureusement on vient d'affubler les chasseurs, au lieu d'un léger et charmant schako qu'ils portaient jusqu'en 1847, d'une espèce de colbak en ourson tout à fait disgracieux. C'était autrefois l'arme la plus coquette et la plus élégante ; aujourd'hui avec ces seaux renversés sur la tête , on a enlaidi et alourdi ce corps. — Le pantalon garance, qui plaît peu isolément, offre en ligne un coup d'œil vraiment beau et martial. — Le militaire français porte son costume et son arme avec grâce , mais la singulière coutume de faire porter la lance aux lanciers quand ils sont à pied , les rend très-gauches. Le service de la lance, à pied, est tout à fait insolite. — Le lancier polonais, reconnu comme le plus habile dans le maniement de cet le arme pour laquelle il semble né, abandonne sa lance aussitôt qu'il a mis pied à terre; il se sert alors du sabre
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et ne perd rien de son aisance; on devrait astreindre aussi le lancier français faisant le service à pied, à ne porter que le sabre dégainé; la lance, fichée dans l'étrier, devrait rester avec le cheval.
Longtemps , la musique militaire en France est restée dans un état d'infériorité déplorable. Circonscrite à vingt-huit musiciens , elle ne pouvait jouer qu'en mi-bémol; elle était maigre et sans retentissement. Que dire, d'ailleurs, d'une musique obligée de réduire toutes ses compositions à l'emploi d'un seul ton? Fort heureusement, les efforts incessants d'un inventeur de plusieurs instruments éclatants, de M. Sax, ont mis fin à un tel état. La musique militaire, augmentée dans son personnel, réorganisée dans ses instruments, peut, à présent, jouer dans tous les tons ; mais elle est encore à cent lieues des musiques des régiments prussiens, autrichiens ou russes. — Quand M. Adolphe Adam, parti pour Saint-Pétersbourg, en vue de composer la musique d'un ballet pour mademoiselle Taglioni, débuta par offrir une marche militaire à l'Empereur Nicolas, il la composa dans les limites connues en France; le lendemain, il reçut la visite de M. Haase, intendant des musiques militaires, qui l'engagea à changer son orchestration, vu que la musique de la garde impériale avait plus de vingt instruments à vent de différents timbres; qu'elle dépassait le chif-
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fre de soixante musiciens, et qu'elle pouvait jouer toute espèce de composition et dans tous les tons.
Un gymnase musical, sous la direction de M. Caraffa , fournit aux différents régiments des sujets distingués. Par mesure d'économie, on s'est élevé contre cette institution à la Chambre des Députés ; mais cette mesquinerie financière ne peut trouver aucune excuse. Il faudrait ne pas connaître l'influence qu'exerce la musique sur l'homme en général, et sur le soldat en particulier. Harassé de fatigue par les travaux de la guerre, courbant son front sous la lassitude, il se redresse fièrement au son de la musique guerrière ; il oublie tout, se retrempe, et se sent prêt à recommencer.
11 y a trente ans , l'instruction de l'officier français pouvait encore être mise en doute; sauf les armes savantes, telles que le génie, l'artillerie, l'état-major, l'instruction des officiers se bornait presque à leur spécialité. Il n'en est pas de même aujourd'hui. Les mathématiques, la géographie, l'histoire, la littérature, les langues étrangères, le dessin, sont obligatoires pour la sortie de l'école militaire do Saint-Cyr. Cette école fournit des officiers d'infanterie, de cavalerie et d'état-major. On n'y est admis que par concours et après avoir satisfait par deux examens, l'un préparatoire, l'autre définitif,
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au programme publié par le ministre de la guerre et élaboré par un comité. — Il faut avoir dix-sept ans au moins, au plus vingt et un; les soldats sous les drapeaux peuvent concourir jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Le cours est de deux années, et le prix de pension 1,000 francs, sauf le trousseau, dont le montant est déterminé par le ministre, et varie de 500 à 550 francs. Les vingt premiers, classés par ordre de mérite , doivent concourir pour être admis à l'École d'état-major (le premier numéro y entre d'emblée); les vingt suivants ont le choix de l'arme dans la cavalerie ; le reste de la promotion va remplir les cadres de l'infanterie. Quiconque ne satisfait pas au programme d'études de la première ou de la seconde année est renvoyé fruit sec. Il peut se présenter de nouveau et entrer à l'École, en passant par les examens préparatoires jusqu'à l'âge de vingt et un ans. S'il était renvoyé passé cet âge, il serait obligé d'aller servir dans un régiment ; car ; avant d'être admis à l'École, il est prescrit de contracter un engagement volontaire.
L'École d'état-major donne une instruction spéciale. C'est là que sont choisis les aides de camp, et c'est aux officiers sortant de cette école qu'est confiée la confection de la carte de France. Les mathématiques supérieures, la tactique, la strate-
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gie, la levée des plans, les langues allemande et espagnole, le commandement des armées, l'équitation, etc., y forment l'objet des études, qui durent également deux ans. — On en sort , selon le numéro d'ordre, lieutenant, y étant arrivé de l'École de Saint-Cyr sous-lieutenant.
L'École de Saumur, où entrent les sous-lieutenants de cavalerie , donne l'instruction complète relative à cette arme. Là on apprend tout : les évolutions à cheval , la connaissance de ce noble animal, sa remonte, son hygiène. De fréquents exercices sur le terrain, des carrousels organisés dans le manège, etc., instruisent et fortifient les élèves, et l'officier sortant de ces écoles spéciales possède toutes les connaissances nécessaires pour faire un excellent homme de guerre.
Les officiers du génie et d'artillerie se forment à l'École polytechnique de Paris. Les hautes mathématiques et l'instruction la plus développée dans toutes les branches nécessaires à ces armes, y sont confiées aux sommités scientifiques qui font la gloire du pays. C'est la plus belle institution qui existe dans le monde, et toutes les nations l'envient ou cherchent à limiter chez elles. L'École polytechnique es( due à la Convention. Placée d'abord sous la direction du ministre de L'intérieur, elle passa ensuite sous J<s ordres du ministre de
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la guerre. Les élèves sont casernes ; ils portent un élégant uniforme bleu de roi, à collet et parements de velours noir à passepoil rouge, avec une légère broderie en or au collet. Un chapeau à cornes et une épée complètent cet ensemble gracieux. Les cours sont de deux années. On y est admis, comme dans toutes les écoles de l'État, par concours, âgé de seize à vingt ans, et à la condition d'être bachelier es lettres. Les élèves sortants, après avoir satisfait au programme, ont le choix des places vacantes dans les services publics. Ceux qui choisissent le génie et l'artillerie vont compléter leur instruction pratique à l'École d'application de Metz. Là, ils assistent à la fonte des canons; ils apprennent l'art des fortifications, s'initient à tous les travaux du génie, et vont dans les établissements militaires diriger les opérations d'armement.
Les établissements militaires sont nombreux en France. L'artillerie comporte :
Vingt-deux directions territoriales , — six forges, — trois fonderies, — seize poudrières et raffineries, — sept manufactures d'armes, — huit arsenaux de construction , — onze écoles régimentaires.
Le génie comporte vingt-cinq directions territoriales , — un arsenal de Metz , — six cent soixante casernes.
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Les magasins : quatre pour les hôpitaux, — quatre pour les effets d'habillement et de campement, — trois pour les effets de harnachement.
Les hôpitaux : l'hôtel royal des Invalides , — trois d'instruction , — trois d'eaux minérales , — vingt-sept ordinaires.
Les écoles : l'École polytechnique, — l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, — l'École d'application d'artillerie et du génie, — l'École d'application du corps royal d'état-major, — l'École d'application de cavalerie de Saumur, — le collège militaire de la Flèche. — Dans ce dernier collège, ne sont admis que les fils des militaires. On y reçoit l'instruction comme dans tous les collèges de France.
L'honneur et le courage sont innés en France. Ces deux vertus, jointes au sentiment de la dignité et de l'indépendance, font des soldats de cette nation les guerriers les plus vaillants, les plus intrépides. La taille moyenne de l'homme du peuple est de cinq pieds un à deux pouces; ce développement, peu remarquable quant à la beauté physique, donne aux Français une solidité de charpente osseuse qui les rend propres à supporter toutes les fatigues ; le peu de distance que le sang a à parcourir du cœur au cerveau le rend vif, impétueux, impatient. Par cette disposition constitutive, il est
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facile à comprendre que toutes les fois que le soldat marche , agit et manœuvre , il possède tous les moyens de sa nature. Aussi, dans l'attaque, il est irrésistible ; il s'élance à la baïonnette avec une impétuosité incomparable, et, repoussé, il revient à la charge avec acharnement; son sang bouillonne, sa tête s'enflamme. Mais il n'aime pas à rester immobile, l'arme au bras, et à supporter la mitraille. Le repos lui est antipathique, il le démoralise. Aussi les vaillants généraux français, qui donnent eux-mêmes le plus bel' exemple au soldat, évitent-ils, autant qu'il est en eux, de le maintenir en ligne sans l'ébranler. Le soldat crie toujours en avant! et se plaint vivement toutes les fois que les combinaisons stratégiques forcent le chef soit à attendre, soit à rétrograder. — Avec sa conception vive et prompte, il se forme vite à la manœuvre , et son éducation militaire se fait promptement. Il y a toujours de la spontanéité dans le soldat français; et, à défaut d'officier, il comprend parfaitement sa situation en face de l'ennemi , et se crée des ressources pour conjurer le danger ou diriger ses coups. La souplesse de ses membres lui est d'un grand secours, et les obstacles ne l'arrêtent pas longtemps. La guerre de broussailles et de montagnes en Algérie lui était complètement inconnue ; dans un court espace de
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temps, elle lui est devenue aussi et plus familière même qu'aux indigènes. 11 grimpe à présent avec une raie adresse, s'accrochant à toutes les aspérités, tout en portant ses armes et ses vivres. Le soldat français trouve encore une aide dans son inaltérable gaieté; ses saillies originales et spirituelles dérident le front de ses camarades, et il suffit quelquefois d'un mot heureux pour lui rendre faciles à supporter toutes les fatigues de la guerre. Sous la pluie torrentielle, qu'il appelle le ratafia de grenouilles , dans la houe jusqu'aux genoux , grelottant de froid et mourant de faim , il trouve dans son esprit le moyen de rendre supportables tous les déboires et toutes les misères. — La cavalerie française trouve le plus grand obstacle à son élan dans la médiocrité de sa race chevaline. Les chevaux français sont petits, peu gracieux, difficiles à entraîner, mais les cavaliers leur communiquent, pour ainsi dire, le feu de leur âme, et les charges s'exécutent avec impétuosité. Le cavalier français semble ne pas môme se douter que son cheval est mauvais , et quand on le lui fait remarquer, il répond bravement : « Ça tapera tout de même ; » et en effet ça tape , les guerres de l'Empire l'ont surabondamment prouvé. Cette race de héros, (pie runivers entier a admirée , n'est nullement dégénérée.
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En parlant de la conquête de l'Algérie et de la domination française en Afrique, j'aurai l'occasion de passer en revue ces glorieux faits d'armes qui ont illustré les annales modernes de la France , et à rendre justice à ces intrépides officiers qui ont immortalisé leur nom dans ces luttes contre des peuplades aussi sauvages que belliqueuses.
Le soldat français nourrit dans son cœur le feu sacré. A la caserne, au corps de garde, il se fait raconter les faits d'armes de ses devanciers , il se sent capable d'accomplir les mêmes œuvres gigantesques. Sûr de sa force et de sa valeur, il se repose appuyé sur son arme, et aussitôt que la patrie l'appellera sur le champ de bataille, il s'élancera vers les frontières avec son chant de guerre , sa répugnance pour l'esclavage, et son impétueuse bravoure. Honneur! honneur à la nation qui possède de tels enfants et de tels sentiments !
Celui qui, ayant conçu dans son puissant cerveau l'imposante figure de Guttemberg, celui qui, déroulant dans la main du créateur de T imprimerie cette feuille d'airain , y grava de son vigoureux ciseau ces mots simples , mais sublimes :