MUSÉE D'ARTILLERIE
Les salles de ce musée contiennent tous les modèles d'armes et de machines de guerre en usage à présent, ou qui le furent jadis. C'est un musée très-riche en armures anciennes et très-bien entretenues. On y remarque entre autres une armure en acier atlrihuée à Jeanne d'Arc. C'est une espèce d'armure que l'on portait en combattant à pied. Quoique l'authenticité de cette armure ne soit rien moins que prouvée, on ne peut la regarder sans une certaine émotion ; et, en la mesurant, l'on se dit que, si véritablement elle appartenait à l'héroïne de VaucQiileurs, celle-ci devait être d'une taille fort respectable. Une autre armure richement travaillée, à ornements d'or, est, dit-on, la même que le roi François T"^ portait à la bataille de Pavie, où tout fut perdu ^ fors C honneur. — Puis viennent en nombre considérable des targes , des heaumes ,
des boucliers, des pertuisanes, des épées à deux mains, des massues, des miséricordes, des mercis, des poignards de toute espèce et de toute grandeur. Puis apparaissent les armes à feu , depuis la simple arquebuse à mèche, à rouet, jusqu'aux plus riches fusils à percussion. Les arquebuses sont d'une variété et d'une richesse incomparables. — Dans une armoire est un couteau en forme de poignard ; il est garni d'un crêpe : c'est le poignard de Ravaillac, avec lequel il tua Henri IV. — Puis vous voyez tous les modèles de cuirasses modernes, des fusils à baïonnette, etc., et de nombreux modèles de machines pour la fabrication de tout ce qui concerne Farsenal guerrier de nos temps. — On sort d'ici fatigué de la vue de tous ces engins au bout desquels apparaît la force brutale qui régit le monde , et ce droit canon qui est loin d'être évangélique.