‹ Quinze ans du regne de Louis XIVChapitre 15 sur 99 · II · texte numérisé non relu

II

Mtuse, accusait sa lenteur et sa réserve, et raillait amèrement l'incapacité des généraux et des nninistres autrichiens^. Il écrivait à f^ondres que Ghar-les m ne régnerait jamais en Espagne» si l'Europe entière ne voulait l'y maintenir?, et sous prétexte d'une mission nécessaire, il s'embarquait pour Pila-* lie. L^arcbiduc découragé confia son armée à Gal-^ way et à Las Minas, et il alla retrouver à Barcelone sa capitale, sa femme et ses fidèles Catalans. La discorde continuait malgré son départ entre Galway et Las Minasy quand Berwick vint les réunir. Le gêné* rai de Philippe V envahit le royaume de Valenee à la fia de l'automne, prit prihuela, Cuenca, la riche cité de Cartbagène, avec soixante^^quinae pièces d^artiHerie» et il repoussa peu h peu les alliés jusqu'aux froplières de TAragon. L'hiver vint surprendre les deux armées au milieu des piontagnes qui ferifpent le royaupie de Valence, entrp Albacèle et Alipaaza^. A la même époque Philippe V ramenait à Ma*

^ ■ God préserves any country fromlhebeçtofGermanifiiQîçtfsr^! I!$ever prince was accompanied by such wretcheS for ministers ; they hâve peith^r p^opey, ç(p.... Letters of fetcrè^rjomok, ia-^q p. %, Cetie correspondance de Pelerborough, raalheureuspnieïit \vop, cpur^p, es| |rèscurieuse et plus spiriluelle encore.

LVchi^uc é^àit 4'une lenteur qui désespérait raciivité anglaise. l\ perdait un temps considérable en cérémonies religi^u$çs^ et ç^if^O)^ )e général Stanhope lui reprochait son retard à propos du siège de Barceione^ il répondit qu? ^on ^uipage ii/étail pas prêt : « Sire, répliqua le général an^lais^ Guillaume III est entré dans Londres avec \k^e sio[)pie valise, et quelques jours après il éuit roi. » Williain Coxe, t. IV,

« Saint-Philippe, t. H, p. 75.

' < Les ennemis étoient ainsi rencognés dans le royaume de Yalencei» dit Berwick. Mémoires, p. 384,

àrii 1$ reifl6) la cour et le gouvernement, au milieu des aecIamatioQS de toute la Caatille. Dos la prô>ini^ra apparition des troupes royales^ les habitants dû Madrid manifestèpaot la joie la plus vive de rentreir sous robâissaoee de leur souverain bien^aimé. Ils entoureront le palais où s'étaient renfermées trois cents p^r^popQS eompromises pendant le séjour de Charles III, parmi lesquelles étaient quatre-vingts 001-^ cianS) et les forcèrent de se rendre à discrétion. La peuple voulait les mettre en pièces ; il fa]lut tous les elfoFts des capitaines de Berwick pour les armcher dû ses mains ^ Sur toute la route suivie par Phi* lippe V pour revenir à Madrid^ les populations entou^ raient sa voilure, \\\\ prodiguaient les marques les plus touchantes de leur attaebement^eti mêlant avec toute la passion des raeea méridionales la vengeance à l'amour^ demandaient h grand cris le supplice des traîtres^, Le joqr où la reine et Philippe V firent leur entrée dans leur capitale reconquise, la ville, qui s'était moiUrée si hostile à Tarchiduc» salua le rotaur ()e son rival par las démonstrations les plus ardentes. L^g souverains rentrèrent dans Madrid\ suivis d'un brillant cortège d'officiers^ de gentilshommes» dea

^^iotiinoe. Mémoires de Noaiîles, p. 106, et Correspondance de miame des Ursins, t. III, p. 326.

' « Sur toute la route qu*a faite la reine, il est impossible de témoigner plus d*afeolion que ses sujets en ont montré. Ils lui demandoient continiiellemeBt qu*on lit mourir les traîtres, et certainement ceux qui ne sont pas fidèles à Sa Majesté Chrétienne ne seroient pas bien entre leurs mains. » Correspondance de madame des Vrsins, t. III, p. 369, Octobre 1706.

* 27 octobre 1706.

dames de la cour, au bruit des cloches et des salves d'artillerie, au milieu des rues tendues de riches tapisseries, de victorieux emblèmes, des drapeaux de France et d'Espagne, à travers des flots de peuple couvert de ses habits de fête, aux acclamations mille fois répétées de : « Vive le roi Philippe V !» La foule était si compacte qu'il fallut trois heures au cortège royal pour la traverser *. La joie que tout ce peuple fit paraître dépassa tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. c< Nous en pourrions rapporter plusieurs circonstances, dit Saint-Philippe, qui paraîtraient incroyables. Les transports d'allégresse étaient portés à un tel excès, qu'il semblait que tout le monde fût devenu fou ^. » Après le défilé , le peuple brûla l'étendard, les portraits de l'archiduc et les actes rendus en son nom. Il envahit ensuite les hôtels de ses partisans, porta leurs meubles sur les places et les brûla sans en détourner un seul, disant qu'il ne pillait pas pour s'enrichir, mais pour châtier des traîtres et des ingrats 3. De ce moment, ajoute avec raison Louville *, les hommes qui observent purent juger que pour sauver les Espagnols il ne s'agissait que de persévérer, et que là où le sol ne leur manquerait pas, la patrie ne leur manquerait pas davantage.

*- c Leurs Majestés ont été près de trois heures à traverser la ville> à cause de la foule du peuple qui accompagnoit le carrosse où eUes étoient, et qui crioit à tue-téte en leur donnant mille bénédicUons. » Correspondance de madame des Ursins, t. III, p. 370.

« Saint-Philippe, t. II, p. 61-66.

s Correspondance de madame des Ursins, t. III, p. 325.

^ Mémoires de Louviliey t. II, p. 164.

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