LA HONGRIE.— I
Coup d*(Bil géographique sur la Hongrie. — Marais, steppes , vignes , montagnes.— Dernières invasions des barbares. — Arrivée des Blagyares en Europe. — Leurs courses en Italie, en Allemagne. — Leur élablissement en Hongrie.— Baptême de leur chef Geysa.— Fondation du royaume de Hongrie. — Etablissement du droit des armes. — Rois magyares. — Rois étrangers. — Avènement des princes de la maison d'Autriche au trône.— Les quatre peuples de la Hongrie.— Rou mains. —Slaves.— Magyares. — Allemands.— Invasion et influence de la réforme en Hongrie. — Protestation des Magyares. — Guerre de deux siècles entre les Magyares et les Autrichiens.— Rois Magyares opposés aux empereurs. — Rois de la maison d'Autriche. Tékély. — Ses premières campagnes. — Son alliance avec les Turcs et sa patticipation au siège de Vienne. — Sa disgrâce à Gonstantinople et sa captivité. — Découragement et soumission des Magyares. — Cruautés du général autrichien Garaffa.— Sanglant tribunal d*Epériea.— Tortures, supplices, terreur. -Diète dePresbourg^qui supprime le droit des armes et déclare héréditaire le trône de Hongrie. —Manifeste de Tékély. — il rentre en Hongrie avec les Turcs. — Leur défaite à Salankemen et à Zenta.— Paix de Garlowltz.— Exil, mort et testament de Tékély.
On a vu comment Yillars, plein de confiance dans la puissante coopération des révoltés hongrois^ proposait à l'électeur de Bavière de marcher sur Vienne, et par cette résolution, aussi hardie qu'imprévue, de porter le dernier coup à la puissance de l'Autriche. Le moment est venu de raconter cette formidable
insurrection, qui prit bientôt, grâce aux subsides de Louis XIV , toutes les proportions d'une véritable guerre civile. Mais pour bien comprendre cette lutte lointaine et ignorée, il faut connattre le pays témoin de ces événements et les peuples qui furent appelés à y prendre part.
Si Ton embrasse la Hongrie d'un regard, elle semble un large amphithéâtre, baigné par le Danube et couronné par la cime des Carpathes. Au premier plan, sur la frontière turque, se trouve le Bannat* ou gouvernement de Témeswar, dont la fertilité rappelle les campagnes de la Lombardie. Après le Bannat s'étendent des terres plates, couvertes d'étangs et de marais*, pleines de dangers pour qui s'y aventure sans les connattre, et que la Theiss inonde chaque année. Entre la Theiss et le Danube, la campagne change d'aspect, et l'on entre dans les steppes % immenses plaines de sable couvertes de broussailles épaisses et qui, de Témeswar à Giula, de Pesth à Debrecziu, occupent environ trois cents lieues; elles odt la tristesse, le silence et jusqu'au mirage du désert ; au milieu du jour les caravanes aperçoivent sur le sable des lacs étincelants qui s'éloignent à leur approche *.
* Ban signifie gouverneur perpétuel.
> Lei Hongrois ont nn mot pour qualifier chacun de leurs marais : Il y a le marais qui porte des tie», le marais qui porte des herbes, etc. V. Malte-Brun, t. VI^ p. 606. Ces marais couvrent environ 600^000 bect.
" En magyare la Puzta; nous mettons à'dessein ce mot , parce qu'on remploie fréquemment dans les récits contemporains.
^ C'est Dalibaba, disent les Magyares^ la fée du Midi, qui se joue en riant dè« pauvres bergers.
De distancA en distance, autour des puiLs^ Apparaissent des prairies, des champs cultivés, des moissons si élevées que le cheval y disparaît avec son cavalier ; puis des villages, uniformément composés d'une seule et large rue où se pressent les charrues et les troupeauJi et où se retrouvent toujours les tableaux du pâtufage et du labour ; Debrecein même, qui contient soixante mille habitants, n'est qu'un vaste village ^
Sur la rive droite du Danube s'étend la Hongrie traosdanubienne. Au commencement du siècle der-nier, cette contrée, habilée par des Slaves ou Allemands, était encore très-arriérée en agriculture et ne contenait aucune ville importante, à l'exception de Gran.
Sur la rive gauche, au contraire, s'élèvent les villes pridcipales de la Hongrie : Pesth, la capitale magyare, la cité moderne, avec ses rues bruyantes et son fleuve chargé de bateaux ; Bude, l'ancienne capitale des Ottomans, avec ses mosquées changées en églises; plus loin, Comorn, Léopolstadt^ Tirnau, que ses couvents et ses cloches ont fait nommer la petite Rome ; Presbourg enfin, la ville officielle, la métropole des empereurs.
Sur la Theiss, entre Erlau, Vacs et Gyongos, comr mence la région des vignes dont les coteaux donnent
1 V. T9wn9on et de Gérando. Ces villages sont sans arbres ; les Magyares, comme les Turcs et les Espagnols, qui tiennent ce préjugé ties Maures, haïssent et redoutent les arbres.
les meilleurs vins. Au sortir de Tokay ^ , on entre dans les Carpathes, qui, fermant au nord le royaume de la Bohème à la Gallicie , semblent une barrière infranchissable. L'aspect du pays est triste, le climat froid» la terre avare ; le bruit et la fumée des forges indiquent seuls les villages enfouis au fond des vallées; Czerwenitza aux mines d'opale ; NeusohI ^ aux mines de cuivre ; Schemnitz aux mines d'argent ; Kremnitz aux mines d'or ; puis Kaschau, la capitale de la haute Hongrie, et Munkacz, forteresse féodale des Ragoczi, dont le nom doit se retrouver dans la lutte qui va s'ouvrir. Bientôt les cultures disparaissent pour faire place k la sombre verdure des forêts de sapins ; après Scholmnitz, les sapins meurent à leur tour et la neige remplace l'herbe ; on arrive au sommet des Carpathes ; en bas, sont les montagnes amoncelées, les cimes aiguës des pics, les brouillards ou les orages ' ; dans le ciel , passent les nuages blancs de la Pologne, apportés et chassés par les vents du nord.
Telle est la Hongrie ; il nous reste à faire connaître ses habitants. Au temps qui nous occupe, il n'y a pas, a proprement parler, de nation hongroise ; pour en trouver la cause, il faut se reporter aux premiers
. ^ C'est sur le rayon de miel, près de Tokay, qae se récolte le vin qui porte ce nom.
^ Un proverbe hongrois dit que Neusohl est ceint de murs de cuivre, Schemnitz de murs d'argent, Kremnitz de murs d'or ; ces mines donnent annuellement 85,000 marcs d*argent et 3,000 marcs d*or. Les mines de Schemnitz onl mille pieds de profondeur et sont les plus riches de TEurope.
^ 11 y a des orages terribles dans les hautes Carpathes. V. TawnMn,
temps du moyen âge, et se rappeler que pendant un intervalle de huit siècles les migrations des barbares continuèrent sans interruption dans les diverses contrées de l'Europe : d'abord lesGotbs, puis les Francs^ les Huns, les Slaves, les Magyares, les Mongols, les Turcs enfin, qui, par la prise de Gonstantinople, firent disparaître les derniers vestiges de la domination romaine en Orient.
Au X* siècle, les Magyares venant de l'Asie, suivant les uns, des bords du Volga, suivant les autres, avaient traversé la Russie, étaient descendus en Hongrie par les Carpathes et avaient inondé successivement l'Italie et l'Allemagne. Vaincus par Othon le Grand dans la sanglante journée d' Augsbourg, ils étaient revenus sur leurs pas, avaient asservi les Valaques et les Slaves, anciens habitants ou conquérants de la Hongrie, et s'étaient établis définitivement dans ce pays où Geysa, un de leurs principaux chefs, avait reçu le baptême sous le nom chrétien d'Etienne I".
Pendant trois siècles*, les successeurs d'Etienne !•', puissamment secondés par l'élan impétueux d'un peuple à demi barbare, avaient ajouté de nombreuses provinces à leur empire qui, vers Tan 1300, s'étendait du Dnieper à l'Adriatique et du Danube à la mer Noire.
Aussi impatients du joug de leurs rois qu'ardents à la conquête, les Magyares avaient obtenu de leurs
'iOOO-1301, i -, ... -.
prioces un statut redoutable qui^ en cas d'atteinte au pacte national^ consacrait foridelièDient le àtoit d'insurrection ^< Tous les rois de Hongrie, avantde recevoir la courotioe^ devaient jurer le maintien de cette constitution^ qui servira d'étendard aux soldats de Raiçoczié
Après l'extinction de la dynastie magyare, la décadence avait commencé; la Hon^e, gouvernée par des rois étrangers^ napolitaine, valaques ou bohèmes^ avait perdu successivement la Gallicie et la Dalmatie, et avait eu à soutenir des luttes incessantes contre les Turcs ses ennemis les plus redoutables ; Louis II avait perdu la vie à la bataille de Mobacz en cherchant à les repousser ; il laissait un royaume dévasté, et pour le défendre une fille, Anne de Hongrie , qui ^ bientôt après ^ donnait sa main et sa couronne à l'archiduc Ferdinand d'Autriche (1526)-
Avec Ferdinand I"" commence pour la Hongrie une ère de malheurs peut-être sans précédents dans les annales humaines ; aux guerres étrangères viennent se joindre les guerres intestines qui se prolongent jusqu'aux temps de cette histoire et qui toutes ont pour première cause la diversité des races qui vivent à côté les unes des autres sans se mèler^ gar-
a 1 S'il arrive (disait le roi d'André U après rénumération des libertés hongroises) que notre présente disposition soit violée par nous ou par qaelqiies-ons de nos successeurs, tes évéques et les magnats auront à jamais le droit de nous résister sans être entachés de trahison. Sine nota alicvjus infidelitatis. » Art. 31 du décret d'André 11 (1222). Les Hongrois nommaient ce décret leur bulle d'or.
dant leurs mœurs^ leurs religions et leurs langues respectives et que Ton verra prendre parti , suivant leur origine, pour ou contre les armées autrichiennes.
Quatre peuples en effet se partagent le pays : les Valaques, les Slaves, les Magyares et les Allemands.
Les Valaques, le plus ancien de ces peuples, revendiquent à juste titre une origine romaine ^ ; leur habit de toile est celui des légionnaires de la colonne Trajane ; leur langue , un mélange de slave où le latin domine ; ils ont les vices et les vertus des méridionaux : la paresse et la sobriété, Tenthousiasme et lapathie ; ils aiment avec passion la danse, la musique, la poésie, les pompes de l'Eglise grecque, et mêlent à son culte les terreurs superstitieuses des sortilèges et des fantômes ; mais ils ne tremblent pas sur le champ de bataille, et Ton retrouve chez eui la bravoure et comme la solidité romaines. Malgré Tas* servissement que leur a fait subir la race conque* rante, on les verra dans la lutte s'enrôler et combattre sous les drapeaux des révoltés.
Les Slaves, maîtres de la Hongrie avant les Magyares , se subdivisent en Slovaques , Serbes et Croates; tous suivent la religion grecque et parlent une langue commune. Mais leur caractère diffère essentiellement '.autant les premiers sont doux, timides et indolents, autant les Serbes et les Croates sont belliqueux et rebelles au joug des Magyares. Placés à la limite de TEurope chrétienne, dans un pays sans cesse envahi par les Turcs, ils naissent au milieu des
bruits de la guerre, labourent le fusil sur l'épaule, rendent invasion pour invasion, feu pour feu, sang pour sang. Les fantassins croates éclairent l'armée^, harcèlent l'ennemi, pillent les convois, achèvent les blessés; les cavaliers serbes, équipés comme les spahis du sultan, empalent et décapitent comme eux les captifs, et tous, Serbes et Croates, conservant contre les Magyares l'amer ressentiment de leur défaite, iront dès les premiers jours offrir leurs utiles services à l'empereur.
Les conquérants, les Magyares, formaient alors le tiers de la nation '; seuls propriétaires et seuls nobles » ils votaient l'impôt sans y participer et ne devaient au pays que leur sang ; portant les plus magnifiques costumes, resplendissants d'or et de pierreries, ces gentilshommes semblaient une race de rois. Comme les Polonais leurs voisins, ils aimaient le jeu et le faste, la licence des festins et les grandes chasses féodales; comme eux aussi les périls de la guerre et les orages de. la liberté.
Ils nommaient leurs rois par acclamation dans de grandes assemblées où ils réglaient les affaires publiques. Les diètes se tenaient à Rakos, non loin de Pesth, dans une immense plaine où jusqu'à deux cent mille homme se trouvèrent quelquefois réunis;
1 C'était, si l'oo peut ainsi parler, des Cosaques à pied : les Pandours, ces terribles manieaux rouges de la guerre de sept ans^ étaient Croates.
* 11 y a aujourd'hui en Hongrie quatre millions de Magyares, cinq millions de Slaves, deux millions de Valaques et un million d'Allemands.
les délibérations avaient lieu en plein air, et si le danger pressait, si les Turcs passaient le Danube, il arrivait que rassemblée votait et commençait la guerre le même jour. Parfois aussi, et surtout aux élections royales, ces fiers législateurs tiraient leurs épées et se chargeaient avec furie ; le forum sechan* geait alors en champ de bataille et cette triste journée avait la guerre civile pour lendemain. Quant aux paysans magyares, parlant la même langue, ayant les mêmes passions que les gentilshommes, ils préten-daienl à la même noblesse, méprisaient le commerce et les métiers, et se contentaient de garder les troupeaux, dans les steppes, où ils restaient dix mois de Tannée enveloppés dans leurs manteaux blancs et les yeux fixés sur le désert.
Les derniers venus enfin de ces quatre peuples, les Allemands, descendaient des colonies saxonnes établies dans le royaume au moyen âge. Si les Magyares préféraient la vie rude et libre des champs et des forêts, s'ils habitaient des manoirs rustiques ou des huttes délabrées, les Saxons au contraire recherchaient le séjour et les travaux des villes, le commerce et l'industrie, et leurs maisons plus vastes, mieux aérées , entourées d'arbres et de jardins , avaient cet air d'aisance et cette propreté qui caractérisent les demeures hollandaises. Mais à l'époque où nous écrivons, en dépit de ces différences de mœurs et d'origines, le plus puissant de tous les liens, la foi religieuse, rattachait les Allemands aux Magyares; dès les premiers temps de la réforme, les
Saxons avaient embrassé les doctrines de Luther ' , comme les Magyares celle de Calvin, et, menacés dans leurs croyances communes par TÂutriche, ces deux peuples se donnèrent la main. Et maintenant, on peut ranger d'avance les combattants: d'un côté, rAutriche, les catholiques grecs, les catholiques latins, les Croates et les Serbes; de l'autre , les réformés allemands et magyares , combattant les uns pour leur liberté religieuse^ et les autres pour leur indépendance religieuse, nationale et politique et la constitution de leur pays.
La guerre, qui sera désormais si inquiétante pour la maison d^Âutriche, existait depuis l'avènement de Ferdinand V\ Dès cette époque, les Magyares avaient protesté contre l'élection d'un prince autrichien ; opposant diète h diète, souverain à souverain, à Ferdinand 1" Jean Zapoly , à Rodolphe II Etienne Boskay, à Ferdinand II Gabriel Betlem , à Ferdinand m Betlem Gabor, à Léopold I""^ Tékély, ils ont eu pendant deux siècles*, concurremment avec les empereurs-rois de la maison d'Autriche , une série de chefs magyares, rois de Hongrie, princes de Transylvanie , calvinistes la plupart, alliés de la France ou de la Suède, appelant tour à tour les Turcs contre les Autrichiens ou les Autrichiens contre les Turcs, suivant l'intérêt du moment, mourant tous de mort violente, mais tous illustres par leur caractère
MI y a aujourd'hui en Hongrie cinq millions de calholiques, quatre millions de grecs et trois millions et demi de protestants. «De 1526 à 1699.
ou leurs talents, et immortalisés dans les chants nationaux des Hotigrois.
Tékély * , le dernier de ces chefs , les avait tous surpassés. Général à dix-neuf ans, il avait lutté pendant six années* contre l'empereur, qu'il avait vaincu dans huit batailles, et était arrivé avec vingt mille Magyares et l'armée ottomane jusque sous les murs de Vienne, qui ne dut son salut qu'à Téclatanle victoire deSobieski. A partir de ce moment, la fortune qui n'avait pas cessé de lui être favorable, le soumit à de cruelles vicissitudes ; accusé auprès du sultan ^ d'avoir écouté les propositions de la cour de Vienne, il eut^à subir une longue captivité qui découragea les Magyares et les décida à mettre bas les armes.
Cependant sa femme, Hélène Zriny, s'était retirée dans la forteresse de Munkacz^; elle était veuve en premières noces de François Ragoczi, dont elle avait eu deux enfants: François-Léopold Ragoczi, que nous verrons bientôt figurer à la tète des mécontents et Julienne Ragoczi, sa sœur. Douée d'une énergie peu commune, la princesse refusa de se rendre, et dignement secondée par lesofBciersde son mari,elle parvint
1 Né en 1658, il était petit-fils par sa mère du célèbre comte Nadasti. décapité en 1671 avec les comtes Frangipani et Zriny, sous prétexte d'une conspiration contre l'empereur.
«De 1677 à 1683.
' Révolutions de Hongrie, 1. 1", p. 299-302.
* La ciladelle de Munkacz, l)âiîe sur un rocher à peine recouvert d'une légère couche de terre, est une des plus fortes citadelles de la haute Hongrie. Elle remonte au xvi» siècle, et sert aujourd'hui de prison d'Etat.
à tenir en échec pendant dix-buit mois^ les forces autrichiennes commandées par Caraffa; qui ne pénétra dans la place que par la trahison du gouverneur. Cette femme héroïque fut emmenée prisonnière à Vienne avec ses enfants^.
D'épouvantables représailles suivirent la victoire des Autrichiens : prenant pour prétexte une conjuration qui ne fut jamais prouvée, Caraffa, soldat médiocre et courtisan décrié, établit à Ëpéries un tri^ bunal composé d'officiers vendus et de renégats protestants ; il envoya à la mort les plus illustres seigneurs de la Hongrie et soumit aux plus cruelles tortures' un nombre considérable de gentilshommes, de bourgeois et de paysans dont le plus grand crime était d'être riches ou d'appartenir à la religion protestante. Cent ans après, suivant le témoignage de l'historien Pray, le souvenir de ces sanglantes assises * et le nom de Caraffa faisaient encore trembler les enfants.
Sous l'empire de la terreur inspirée par ces supplices ou gagnés par les flatteries de l'empereur, les députés réunis à Presbourg dans une diète' solennelle avaient déclaré le trône héréditaire et couronné le fils
1 1685-1687. Révolutions de Hongrie, t. !«', p. 325, 334 et 383.
* Elle fut échangée en 1692 contre le feld-maréchal Heister, pris par Tékély et rejoignit son mari pour ne plus le quitter.
* « Eperiensi decem primes peractos reos, et magnum vuîgi numerum, illos secari, hos suspendio tolli^ jussit > (Caraffa). Katonuy t. XXXV, p. 346.
* De février à novembie 1687.
s D'octobre à décembre 1687. Révolutions de Hongrie, t. 1er, p. 366.
de Léopold comme roi de Hongrie ^ sacrifiant sans résistance la constitution de leur pays et avec elle le fameux article 31 du décret d'André II. Seul aussi, Tékèly résistait. Il publia dès lors un manifeste dans lequel il protesta contre les atteintes faites par la diète de Presbourg aux lois fondamentales du royaume^. Depuis longtemps justifié près du Grand Seigneur*, il reparut sur le Danube avec cent mille Turcs, reprit Semerabria, Widdin et Belgrade, et, poursuivant le cours de ses avantages, força les Impériaux à le reconnaître prince de Transylvanie. Le feld-maréchal Heister venait de tomber entre ses mains ; l'empereur ne pouvait désormais triompher d'un pareil adversaire qu'en lui opposant ses meilleurs généraux, Louis de Bade et le prince Eugène. A partir de ce moment, ce ne fut pour les soldats et les alliés de Tékély qu'une suite de désastres. Vaincu d*abord à Salankemen^, oi!i les Turcs laissent vingt raille morts sur le champ de bataille, et six ans après par le prince Eugène à Zen ta, ^ il ne put empêcher le sultan de signer la paix de Carlowitz*, qui lui fer-
^ Ce manifeste est dans les Révolutions de Hongrie, t. l^'^ p. 384. « Ne vous souvient-il plus, peuple hongrois, disait Tékély^ du sang que les Autrichiens ont versé et comment ils ont armé la main du bourreau quand la leur a été lassée? Y a-t-il quelqu'un de vous qui puisse se vanter de n*avoir pas perdu un frère, un parent, un ami, dans cette grande eflïision de sang que vient d'ordonner Caraffa ! »
> 1685. V. les Mémoires de Betlem Niklos (par Tabbé Révèrent, agent français en Transylvanie). Révolutions de Hongrie , t. VI, p. 37â.
*Eni691.
* Septembre 1697. Le grand vizir et dix-sept pachas y perdirent la vie.
s Premiers jours de 1699. Celte paix rendit à l'Autriche les conquêtes