VADIS
()l)lig('' (le l'acfoinpa^ncr. Je le l'ai déjà dit, (l('sol)éir serait exposer ma vie, et maintenant je n'aurais pas le courage de mourir. Pourtant, si tu ne veux pas que je parte, réponds un seul mol et je reste : aiïaire à Pétrone, alors, de délourner de moi le dîmp^er. En ce jour de joie, j'ai donné des récompenses à tous mes esclaves, et ceux (pii ont servi chez moi pendant vingt ans iront demain chez le préleur pour être affranchis. Toi, ma bien-aimée, tu dois m'en complimenter, car il me semble que ce sera conforme à cette doctrine que tu professes ; je l'ai lait à cause de toi. Je leur dirai que c'est à toi qu'ils floivenlla liberté, afin qu'ils célèbrent ton nom.
« Moi-même, en revanche, je veux devenir l'esclave du bonheur, et ton esclave, et je souhaite ne jamais être affranchi. Maudit soit Antium, maudits les voyages d'Ahénobarbe î Trois et quatre fois heureux encore de n'être pas aussi érudit que Pétrone, car alors je serais peut-être forcé d'aller en Achaïe. Mais ton souvenir adoucira pour moi les heures de séparation. Chaque fois que je pourrai me rendre libre, je sauterai à cheval et galoperai jusqu'à Rome, afin de délecter mes yeux de ta vue et mes oreilles de la douceur de ta voix. Quand il me sera impossible de venir, j'enverrai un esclave avec une lettre et la mission de s'informer de toi.
(( Je te salue, ma divine, et me jette à tes pieds. Ne te mets pas en colère si je t'appelle divine : si tu me l'interdis, je t'obéirai ; mais aujourd'hui je ne sais pas encore dire autrement. Je te salue du seuil de ta future demeure, je te salue de toute mon âme. »